L’Australie rejette les OGM

Montréal (Québec), 8 mai 2003 – L’Australie ne cultivera pas de plantes alimentaires OGM (organismes génétiquement modifiés) pour au moins encore un an. Cette nouvelle est tombée à la suite du gel de 12 mois décrété par l’état de Victoria au sud de l’Australie. Cela signifie que tous les états de l’Australie, producteurs de canola, ont imposé un moratoire sur la commercialisation du canola OGM.

« Malgré l’échec de notre système réglementaire fédéral, les gouvernements des états ont écouté la majorité des agriculteurs et la société en général qui sont opposés au canola OGM », déclare John Hepburn, responsable de campagne pour Greenpeace Australie.

La décision de l’état de Victoria est un échec cuisant pour Monsanto et Bayer qui avaient fait d’énormes pressions en faveur de l’autorisation de leur canola OGM. En tant que premier exportateur de canola au monde, l’Australie est la clé pour l’expansion du marché des cultures OGM qui sont pratiquement totalement rejetées partout à l’exception des États-Unis, du Canada et de l’Argentine.

« Pour l’instant, l’Australie n’autorise que la culture du coton et des oeillets OGM », constate John Hepburn qui ajoute : « Le canola est la première culture OGM pour usage alimentaire qui a fait l’objet d’une demande d’autorisation en Australie ». Greenpeace constate que l’opposition aux OGM par le public continue de croître. « Les sondages révèlent que 70 % des Australiennes et Australiens s’inquiètent des OGM. De nombreuses entreprises agroalimentaires australiennes ont déjà retiré les OGM de la chaîne alimentaire », constate John Hepburn.

« L’opposition au canola OGM provient à la fois des agriculteurs biologiques et conventionnels ainsi que de grandes entreprises d’exportation de grains, comme la Commission australienne du blé et de l’orge qui s’inquiète de la contamination des exportations et de ses conséquences légales », explique John Hepburn.

John Hepburn qualifie du gel de la commercialisation du canola OGM comme étant une victoire importante du bon gros sens. Les cultures OGM sont des parias en Australie ainsi que sur les marchés mondiaux. L’Australie n’a pas d’intérêts économiques à autoriser le canola OGM », affirme John Hepburn.

Le gouvernement du Québec devrait imiter les états australiens en décrétant l’arrêt immédiat des cultures OGM et en instaurer un étiquetage obligatoire comme l’ont fait l’Australie et une quarantaine d’autres pays dans le monde », de conclure Éric Darier, responsable de campagne pour Greenpeace à Montréal.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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