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L’automne, la saison la plus dangereuse

Alors que l’automne est la saison la plus fébrile et celle que plusieurs attendent avec impatience, elle est aussi trop souvent synonyme de mauvaises nouvelles. Le décès de deux hommes de Saint-Simon-les-Mines, en Beauce, en a été un triste rappel. Bien que l’enquête n’ait pas été conclue, on soupçonne comme responsable les gaz présents dans le silo où les deux hommes ont été trouvés.

Selon Syngenta, c’est durant les mois septembre à novembre que surviennent les blessures les plus graves sur les fermes. En moyenne, 114 producteurs par année au Canada décèdent des suites d’un accident à la ferme. C’est sans compter les 1499 personnes blessées sérieusement. Et il est prouvé que les agriculteurs courent cinq fois plus de risques que  les travailleurs des autres secteurs de mourir d’une activité liée à leur travail.

Parmi les décès, 48% sont en lien avec les tracteurs, 24% concernent d’autres équipements et machineries agricoles alors que 28% ont des causes diverses. Et selon le Programme canadien de surveillance des blessures en milieu agricole (PCSBMA 2008), entre 1990 et 2005, 15 % des 47 accidents mortels liés à l’exposition à des substances toxiques étaient attribuables à l’inhalation des gaz de silo, rapporte Le Soleil.

Trois raisons principales ont été ciblées : l’usage, des pratiques ou la manutention non-sécuritaire des équipements, la fatigue ainsi que vouloir sauver du temps et une mauvaise communication.

À la suite du décès de Dany Rodrigue de la Ferme Rodveil Holstein, ainsi que de son travailleur guatémaltèque de 23 ans, les organismes de la région ont voulu faire un appel à la prudence. La Direction de la santé publique de Chaudières-Appalaches. Ils ont rappelé que de nombreux gaz toxiques pouvant être mortels sont présents dans les silos de maïs-ensilage dès les 12 à 60 heures qui suivent le remplissage. Ils persistent durant 10 à 15 jours, puis diminue progressivement au cours des 4 à 6 semaines suivantes jusqu’à ce que l’ensilage ait terminé sa fermentation.

Comme le rappelait Marie Ménard, coordonnatrice au Service de santé et de sécurité du travail à l’UPA au quotidien Le Soleil, certains s’imaginent que les précautions sont inutiles puisqu’ils ont déjà accomplies des tâches sans protection et sans subir de dommages. Des précautions s’imposent par contre, comme le port d’un harnais et un ancrage sécuritaire dans le cas de travaux dans un silo.

Et pour se protéger des gaz d’ensilage, il est notamment suggéré d’aérer le silo en actionnant l’ensileuse souffleuse pendant au moins 30 minutes et le laisser en marche pendant que quelqu’un est à l’intérieur. Le port de masques qui protègent de ces gaz est aussi recommandé.

De nombreux sites internet exposent les dangers ainsi que les précautions à prendre. Bonne saison à tous et soyez prudent!

 

www.santecom.qc.ca/Bibliothequevirtuelle/santecom/35567000067287.pdf

www.santeautravail.qc.ca/documents/13347/375318/4752968_doc-X4Rot.pdf

https://www.irsst.qc.ca/media/documents/PubIRSST/R-672.pdf

http://www.irsst.qc.ca/publications-et-outils/video/i/100037/n/prevention-intoxications-silos-fourrage/redirected/1

http://www.omafra.gov.on.ca/french/engineer/facts/14-018.htm (plus particulièrement, la section « Précautions à observer », sous-section « Silos »)

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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