L’échec des négociations de l’OMC inspire un soulagement et un nouvel espoir

Ottawa (Ontario), 16 septembre 2003 – Loin d’être une catastrophe, l’échec des négociations de l’Organisation mondiale du commerce fait naître l’espoir de nouveaux pourparlers axés carrément sur les besoins des habitants et habitantes du monde entier, déclare Barbara Byers, vice-présidente exécutivedu Congrès du travail du Canada.

« Pas de marché vaut mieux qu’un mauvais marché », dit Byers, qui a dirigéla semaine dernière une délégation syndicale sur les lieux des négociations àCancun. « Un trop grand nombre de questions critiques ont été ignorées ou n’ontfait l’objet que d’un examen symbolique. L’échec des négociations marque lafin des accords commerciaux unilatéraux destinés uniquement à permettre auxmultinationales de réaliser des profits à court terme.

« Plutôt que la fin des négociations commerciales mondiales, la réunion deCancun pourrait être considérée comme un appel à l’établissement d’un nouveaucadre de négociation fondé sur le bien-être des citoyennes et citoyens : ledéveloppement démocratique, l’élimination de la pauvreté, les droits destravailleurs et travailleuses, la protection de l’environnement et les droitsde la personne », a indiqué Byers.

« Le Congrès du travail du Canada incite Pierre Pettigrew, ministre duCommerce international, à voir à ce que notre pays donne le pas à la créationdu cadre qui répondra à ces sujets d’inquiétude. Le commerce international nepeut plus être dissocié des prescriptions d’organismes internationaux tels quel’Organisation internationale du travail. »

La délégation syndicale canadienne a retenu que le programme adopté parle gouvernement canadien pendant les négociations de l’OMC a exaspéré lesagriculteurs et les agricultrices autant que les travailleurs et lestravailleuses. De dire Byers : « L’ébauche d’accord risquait de détruire notresecteur agricole et les milliers d’emplois du secteur de la transformation quien sont tributaires. Son rejet est une bonne nouvelle. »

Larry Brown, secrétaire-trésorier national du Syndicat national desemployées et employés généraux et du secteur public, a signalé : « Nous sommesheureux du travail que nous avons accompli à Cancun. Nous avons le sentimentd’avoir contribué à changer le cours des événements de concert avec nospartenaires étrangers. De plus, nous rentrons mieux en mesure d’accomplir unetâche semblable chez nous. »

« Ce qui a été frappant cette fois-ci, c’est l’unité du message desgroupes du Nord et du Sud et leur objectif commun d’arrêter et de changerl’OMC », a ajouté Susan Pratt, représentante nationale des Travailleurscanadiens de l’automobile. « Ensemble, nous avons aidé à changer les choses.Cela augure bien de l’avenir. »

« Même si ces négociations ont échoué, celles qui portent sur les servicesse poursuivent », a conclu David Robinson, directeur exécutif de l’Associationcanadienne des professeures et professeurs d’université. « Nous avons vu depuissants intérêts commerciaux à l’oeuvre à l’égard des services. Nous devonsdemeurer vigilants. »

Le Congrès du travail du Canada, porte-parole national du mouvementsyndical, représente 2,5 millions de travailleurs et travailleuses. Le CTCrassemble les syndicats nationaux et internationaux du Canada ainsi que lesfédérations provinciales et territoriales du travail et 137 conseils dutravail.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Congrès du travail du Canada (CTC)
http://www.clc-ctc.ca/

Ministère des Affaires étrangères et du Commerce international
http://www.dfait-maeci.gc.ca/

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