Le gouvernement doit assurer un financement adéquat de l’agriculture

Québec (Québec), 28 novembre 2000 – Pierre Paradis, député de Brome-Missisquoi, ainsi que David Whissell, député d’Argenteuil et tous deux porte-parole de l’Opposition officielle en matière d’agriculture, demandent au ministre Rémy Trudel de modifier le projet de loi 144 créant la Financière agricole afin d’assurer aux agriculteurs et agricultrices du Québec qu’ils ne seront pas pénalisés par un manque de ressources financières.

Monsieur Paradis explique qu’en limitant le financement annuel à 300 millions $, plus le 100 millions $ provenant du gouvernement fédéral, pour les sept prochaines années, le ministre fera assumer par les agriculteurs les éventuelles hausses des coûts. En effet, au cours des dix dernières années, la Régie des assurances agricoles disposait d’une enveloppe moyenne de 365 millions $ par année. « Il est donc extrêmement risqué que les producteurs agricoles doivent payer pour des éventuels hausses des taux d’intérêt, pour l’augmentation possible de la valeur des productions assurées ou pour des chutes importantes des prix de vente, comme l’ont vécu les producteurs de porcs l’an dernier. »

Par ailleurs, monsieur Whissell déplore que le gouvernement transfère aux productrices et aux producteurs agricoles l’augmentation des coûts des programmes de financement, d’assurance-stabilisation des revenus et d’assurance-récolte en exigeant qu’ils assument 50 % des primes, au lieu du tiers comme c’est la règle actuellement. « De plus, on peut se demander pourquoi le gouvernement entend permettre à la Financière d’acquérir des participations dans des entreprises de transformation et de distribution. Ainsi, des sommes originalement destinées à la production agricole pourront être utilisées à d’autres fins. »

Les députés libéraux s’inquiètent également du fait que la création de la Financière agricole puisse avoir des impacts très négatifs sur la disponibilité des services financiers en milieu rural. En obligeant les producteurs agricoles à déposer leurs comptes de stabilisation à la Financière, on prive les caisses populaires et les institutions financières établies en milieu rural d’une importante source d’épargne, menaçant ainsi leur impact dans le développement économique des communautés rurales.

Enfin, messieurs Paradis et Whissell reprochent au ministre Rémy Trudel de tromper les agriculteurs en leur laissant croire que la création de la Financière protégera les exportations québécoises de produits agricoles contre l’imposition de droits compensateurs par les États-Unis. « Le ministre de l’Agriculture aurait dû s’assurer que les programmes de la Financière étaient conformes aux engagements pris par le Canada dans les accords commerciaux régissant le commerce international, afin de bien informer les agricultrices et agriculteurs québécois », conclut Pierre Paradis.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

Régie des assurances agricoles du Québec

http://www.raaq.gouv.qc.ca/

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