Les dirigeants agricoles lancent un appel à l’unité

Ottawa (Ontario), le 21 décembre 1999 – Les agriculteurs canadiens ont fait front commun afin de démontrer leur unité dans le but d’exiger que les ministres de l’Agriculture cessent de jouer des jeux politiques avec leur gagne-pain.







L’interruption de la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle quelques jours avant l’impasse de la réunion des ministres de l’Agriculture accentue le sentiment d’urgence.


Plus tôt ce mois-ci, une réunion de ministres fédéraux et provinciaux, au cours de laquelle on devait examiner l’avenir des programmes de sécurité du revenu agricole, n’a pas atteint les objectifs visés en raison de querelles intergouvernementales concernant l’affectation des fonds. Les dirigeants agricoles ont été consternés de voir leurs ministres se retirer de la table.

« Ce qu’il nous faut ici, c’est une véritable approche Équipe Canada, affirme monsieur Bob Friesen, président de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA). Tous les ordres de gouvernement doivent travailler ensemble avec les agriculteurs et les autres membres de l’industrie agricole afin de trouver des solutions à la situation actuelle. »

L’interruption de la réunion de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) à Seattle quelques jours avant l’impasse de la réunion des ministres de l’Agriculture accentue le sentiment d’urgence. Les agriculteurs et les gouvernements considéraient que ces négociations offraient la possibilité d’éliminer un des facteurs provoquant la crise du revenu agricole soit les subventions faussant les échanges que reçoivent les agriculteurs d’autres pays de leur gouvernement. En raison du report des négociations, les législateurs canadiens doivent prendre une décision immédiatement, c’est-à-dire décider s’ils sont prêts ou non à appuyer entre-temps les agriculteurs canadiens et l’industrie agricole.

Selon M. Marvin Shauf, vice-président du Saskatchewan Wheat Pool, « nous devons convaincre les décideurs qu’il vaut la peine d’investir dans les agriculteurs canadiens et les collectivités rurales qui en dépendent et qu’on ne peut y arriver qu’en faisant front commun ».

« Nos producteurs ont prouvé qu’ils pouvaient être concurrentiels au sein du marché mondial, il s’agit maintenant de savoir si les gouvernements sont prêts à en faire autant, déclare M. Laurent Pellerin, président de l’Union des producteurs agricoles du Québec. Selon l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques, proportionnellement au nombre d’habitants, le gouvernement américain accorde un soutien aux agriculteurs deux fois et demie (2,5) plus élevé que celui du gouvernement canadien. Quant à l’Union européenne, elle accorde un soutien supérieur à celui des É.-U. (2,65), et celui du Japon est trois fois (3,0) plus élevé. Les consommatrices et les consommateurs canadiens bénéficient de prix
parmi les plus abordables au monde pour leur panier d’épicerie & nos agriculteurs font leur travail, et il est temps que les gouvernements commencent à faire le leur ».

En fin de compte, les dirigeants agricoles affirment qu’il faut davantage de fonds. Selon M. Friesen, le financement inadéquat continue de nuire à l’efficacité des programmes conçus afin d’aider les agriculteurs à faire face aux risques d’aujourd’hui dans l’industrie agricole.

« Même si les programmes actuels de sécurité du revenu agricole sont très prometteurs, ils ne peuvent pas atteindre leur plein potentiel, affirme M. Friesen. Les gouvernements n’ont pas affecté les fonds nécessaires afin d’assurer aux agriculteurs le genre de programmes de sécurité du revenu agricole dont ils ont besoin pour faire leur travail en toute confiance à l’approche du prochain siècle. Les agriculteurs ont besoin d’un ensemble de programmes à long terme disposant d’un financement suffisant pour
demeurer viables. »

M. Kevin Archibald, président de la Western Canadian Wheat Growers Association, est d’accord, mais il signale que la hausse du financement n’est pas la solution à tous les problèmes : « Les nouveaux programmes de sécurité du revenu agricole doivent répondre aux besoins des agriculteurs dans l’environnement de demain en assurant une gestion du risque efficace, tout en étant faciles à implanter. Les nouveaux programmes doivent s’inscrire dans le cadre de vastes réformes qui s’attaquent aux problèmes fondamentaux qui minent l’industrie agricole au Canada ».

Les agriculteurs d’aujourd’hui ont besoin d’un ensemble d’outils et de programmes plus élaborés en gestion du risque dont ils peuvent se servir afin de les aider à gérer leurs fermes dans ce milieu impitoyable qu’est l’agriculture mondiale. Il faut adapter ou repenser l’assurance-récolte, les programmes de stabilisation du revenu et les programmes d’aide en cas de catastrophe, tant pour les biens que pour le revenu, afin qu’ils répondent, combinés aux programmes de soutien provinciaux, aux besoins modernes.

M. Friesen convient, à l’instar de ses collègues, que les programmes de sécurité du revenu doivent comprendre des outils appropriés aux agriculteurs d’aujourd’hui, mais réaffirme que la viabilité à long terme est directement liée à un financement adéquat. Il apporte toutefois une précision importante selon laquelle il faudra également que tous les nouveaux outils offerts aux agriculteurs répondent aux normes d’aujourd’hui, un sentiment partagé par d’autres dirigeants agricoles.

« Nos producteurs sont reconnus comme étant hautement efficaces et sont respectés de nos partenaires commerciaux, affirme M. Édouard Asnong, président du Conseil canadien du porc. Nous évoluons dans une industrie aux multiples facettes où il existe un niveau élevé de risque. Nous demandons donc la mise en place rapide et efficace de programmes de gestion du risque qui reflètent la réalité du monde des affaires dans une économie globale. »

M. Alfred Wagner, président du Pro-West Rally Group, convient que les agriculteurs doivent travailler ensemble afin de faire de l’investissement dans l’agriculture une priorité nationale : « Les programmes de sécurité du revenu agricole ne constituent qu’une pièce du casse-tête & nous devons toujours mettre en place des mécanismes dans le but de venir en aide aux agriculteurs qui, même s’ils ne sont pas fautifs, passent entre les mailles du filet de sécurité. Leur famille et leur collectivité dépendent encore d’eux ».

Selon le président de la FCA, l’unité dont peuvent faire preuve les agriculteurs constitue un message clair pour les ministres de l’Agriculture du pays. Les agriculteurs s’attendent à ce qu’ils laissent de côté leurs désaccords politiques afin de se mettre au travail, car l’enjeu est trop important.

M. Friesen déclare que «la prochaine fois que l’un d’eux quittera la table des négociations, il vaudra mieux que ce soit pour verrouiller la porte, car il serait inacceptable que la même histoire se répète».

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération Canadienne de l’agriculture

http://www.cfa-fca.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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