Les négociants en céréales réclament la cogestion de la mise en marché des produits agricoles et alimentaires

Saint-Hyacinthe (Québec), 29 août 2007 – Dans le cadre desaudiences nationales de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et del’agroalimentaire québécois (CAAAQ), tenues la semaine dernière à Québec, M. MauriceHénault, président exécutif de l’Association des négociants en céréales duQuébec inc. (ANCQ), présentait au président de la Commission, M. JeanPronovost, ainsi qu’aux deux commissaires, Mme Pascale Tremblay et M. MarioDumais, le mémoire de l’ANCQ, qui se penche principalement sur un des enjeuxvisés par la Commission, soit la mise en marché collective.

Force est de constater que la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche, adoptée en 1956, a certainement été fort utile pour la création de plans conjoints dans divers secteurs agricoles, dont celui des grains, mais que depuis 50 ans, les choses ont bien changées.

« Les enjeux de la mise en marché des grains ont grandement évolué depuis1956, tout comme d’ailleurs les nombreux joueurs concernés par celle-ci », depréciser M. Hénault. Entre autres, les producteurs de grains se sontregroupés, sous la Fédération des producteurs de cultures commerciales duQuébec (FPCCQ) et son plan conjoint, tandis que les négociants en céréales ontdéfini leur affiliation à travers l’Association des négociants en céréales duQuébec inc. (ANCQ).

Notons que de par leurs services financiers, les membres de l’ANCQ, dansleur ensemble, apportent un appui important qui facilite la mise en marché desgrains au Québec, et ce, pour une valeur de plusieurs centaines de millions dedollars annuellement. Aussi, ceux-ci sont convaincus que par les installationsqu’ils détiennent, les services, tant logistiques que financiers, qu’ilsoffrent, les ressources humaines impliquées, les connaissances et le réseau decontacts qu’ils possèdent, ils contribuent à une mise en marché efficace desgrains au Québec.

Mais malgré qu’ils soient des intervenants majeurs dans cette mise enmarché, les négociants en céréales ne sont pas impliqués directement dansl’application du plan conjoint de la FPCCQ ni, ultimement, dans ladétermination des prix des grains produits au Québec. Ces prix sont déterminéspar cinq critères principaux : le bon produit pour le bon usage, la qualitéexigée, le volume disponible et la régularité d’approvisionnement, le bonmoment et le bon endroit. L’ANCQ sait que les négociants en céréalespourraient aider à la découverte des prix, par leur positionnement stratégiqueet parce qu’ils possèdent les habiletés nécessaires afin de proposer desmeilleures transactions, qui offrent des coûts de transfert des plusefficaces, et ce, le plus rapidement possible.

La relation entre les producteurs et les négociants en céréales remonte à1984 alors que les deux parties signaient une convention de retenue,renégociée par la suite en 1991. Puis, en 2005, les associations accréditées(AQINAC, La Coop Fédérée, ANCQ), réunies sous une même voix, signaient unepremière convention de mise en marché avec la FPCCQ, pour le blé destiné à laconsommation humaine. Dès janvier 2006, celle-ci était dénoncée afin derenégocier les principaux points suivants : définition du blé destiné à laconsommation humaine, composition d’un comité de surveillance etd’accréditation, frais de services. C’est ainsi qu’en août 2006, une deuxièmeconvention était signée.

Il demeura tout de même, à ce moment, un litige quant à la définition dublé destiné à la consommation humaine. Ce n’est que tout récemment, soit àl’été 2007, qu’une entente est intervenue sur la teneur de celle-ci, et plusparticulièrement sur les frais de services, et qu’une troisième convention aété ratifiée, nécessitant cependant l’intervention de la Régie des marchésagricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) par le biais d’un processus deconciliation.

Naturellement, ces nombreuses procédures de négociations ont engendrébien des efforts humains et plusieurs dépenses, et ce, pour chacune desparties intéressées. L’ANCQ déplore que plutôt que de se rapprocher, lespositions des parties se soient radicalisées. « Ces processus sont desexpériences lourdes et coûteuses. Pourtant, en 1999 et en 2004, lesévaluations périodiques de la FPCCQ, réalisées par la RMAAQ, soulevaientqu’une mise en marché efficace et ordonnée ne peut se concevoir sans uneconcertation étroite entre les intéressés », ajoute M. Hénault.

Pour toutes ces raisons, l’ANCQ recommande à la Commission et augouvernement de :

  • Moderniser la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, alimentaires et de la pêche afin de permettre la cogestion de la mise en marché des produits agricoles et alimentaires.
  • Créer un groupe de travail représentatif de toute la filière agricole et agroalimentaire afin de permettre à tous les intéressés de faire valoir leurs positions, et ce, dès 2008, alors que les recommandations de ce groupe devront être déposées au ministre de l’Agriculture dès la fin 2008, ou début 2009. L’ANCQ souhaite prendre part à ce groupe et y jouer un rôle des plus actifs.

L’Association des négociants en céréales du Québec inc., fondée en 1994,est une organisation représentant tous les négociants qui achètent lesproduits visés par le plan conjoint de la Fédération des producteurs decultures commerciales du Québec, et ce, pour fins de revente dans le mêmeétat, qu’ils soient membres ou non. Celle-ci agit à titre de partenaire desproducteurs pour une mise en marché efficace et ordonnée des grains. Sesmembres facilitent la mise en marché par la garantie de paiement, la gestionde risques, la tenue d’inventaires importantes, des services logistiques etfinanciers, l’accès aux marchés internationaux, leurs connaissances et leursréseaux de contacts ainsi que par la promotion de règles de conduite saines,telles les bonnes pratiques commerciales.

Le mémoire complet de l’Association des négociants en céréales du Québecinc. peut être consulté sur le site Internet de la Commission sur l’avenir del’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois (CAAAQ)
http://www.caaaq.gouv.qc.ca/

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