Les négociations à l’OMC « au bord de la crise » selon le directeur de l’OMC

Genève (Suisse), 28 avril 2005 – Les négociations à l’OMC pour libéraliser le commerce mondial sont « au bord de la crise », a averti le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce Supachai Panitchpakdi.

A quelques jours d’une réunion ministérielle restreinte de l’OMC prévue le 4 mai à Paris, M. Supachai a demandé une nouvelle fois aux 148 pays membres de l’organisation de redoubler d’efforts pour faire aboutir d’ici à 2006 le round de négociations dit de Doha, lancé dans la capitale du Qatar en novembre 2001.

« Il se peut que nous fassions des progrès mais nous ne sommes pas en mesure de prendre des décisions », a déclaré M. Supachai, cité par son porte-parole, lors d’une réunion au siège de l’OMC à Genève avec les ambassadeurs des pays membres.

« Nous sommes au bord de la crise, nous ne sommes pas encore en crise (mais) si nous ne faisons pas de progrès substantiel au mois de mai, nous le serons », a-t-il ajouté.

Les pays membres se sont fixés pour objectif de définir avant la fin juillet les contours d’un accord sur le libéralisation des échanges mondiaux, qui serait ensuite soumis à un sommet de l’OMC prévu en décembre à Hong Kong.

« A l’allure où nous allons, nous n’y arriverons pas en juillet et nous n’y arriverons pas en décembre », a encore affirmé M. Supachai.

Les négociations de Doha visent à abaisser les droits de douane et autres obstacles au commerce dans de nombreux secteurs dont l’agriculture et à utiliser les échanges commerciaux pour aider les pays en développement.

Mais depuis quatre ans, l’OMC a manqué toutes les échéances importantes fixées à Doha, en raison notamment des différends nord-sud sur l’agriculture.

Les négociations agricoles doivent reprendre le 30 mai à Genève. Elles avaient achoppé la semaine dernière à Genève sur la méthode de calcul des droits de douane, une question opposant pays exportateurs et importateurs.

Les 148 pays membres se sont séparés après une semaine de tractations sans avoir trouvé la méthode de conversion en pourcentage des droits de douane, actuellement exprimés en valeur absolue (par exemple en euros par tonne).

Un accord sur cette question est essentiel pour négocier une formule de baisse généralisée des droits de douane dans le monde.

Une trentaine de ministres du commerce de l’OMC se réuniront le 4 mai à Paris pour reprendre ce dossier très technique.

« Je ne peux pas croire que ce problème puisse faire capoter le round » de Doha, a affirmé M. Supachai dans son discours aux ambassadeurs, dont le texte a été distribué à la presse.

Se référant à la relance des discussions qu’avait permise en janvier dernier une ministérielle restreinte organisée à Davos (Suisse) en marge du Forum économique mondial, M. Supachai a commenté dans son discours: « j’ai certainement perdu une partie de l’optimisme que j’avais en début d’année ».

« Je ne tire pas encore la sonnette d’alarme mais j’ai la main dessus », a-t-il ajouté.

Seront représentés notamment à la réunion ministérielle de Paris la Commission européenne, l’Afrique du Sud, l’Egypte, l’Australie, la Nouvelle Zélande, et la Suisse.

De source française, on estimait mardi peu probable que des progrès importants soient réalisés en raison notamment de l’absence des principaux responsables américains. Ni le représentant américain au Commerce sortant, Robert Zoellick, ni son successeur désigné Rob Portman ne devraient être présents, M. Portman attendant sa confirmation par le Sénat américain.

Source : AFP

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