Les Transformateurs laitiers demandent une révision de la Loi sur la mise en marché des produits agricoles

Montréal (Québec), 12 juin 2006 – Le Conseil des industriels laitiers du Québec (CILQ) demande au ministre de l’Agriculture, des pêcheries et de l’alimentation du Québec de revoir la Loi sur la mise en marché des produits agricoles, agroalimentaires et de la pêche, dont on célèbre présentement lecinquantième anniversaire. « Nul ne peut douter, affirme Pierre Nadeau, PDG duCILQ, que cette loi date d’une époque révolue et qu’elle s’appuie sur uncontexte et un rapport de forces qui n’ont rien à voir avec la réalitéd’aujourd’hui. Il faut donc l’ajuster, sinon on risque de compromettre ledéveloppement de l’industrie laitière québécoise. »

Considérant l’industrie laitière en particulier, il faut reconnaître quele contexte économique qui régnait lors de la promulgation de la Loi a,depuis, grandement évolué. Pour ne mentionner que quelques faits, rappelonsque dans les années cinquante, le nombre de producteurs de lait avoisinait les60 000, alors qu’il se situe maintenant autour de 7 000. Quant aux entreprisesde transformation, elles sont passées au cours de la période de quelque 800 àmoins d’une centaine. On a donc assisté à une concentration majeure deseffectifs et ce, dans l’ensemble de l’industrie laitière, incluant dans lemarché du détail. Par ailleurs, les techniques de production et detransformation se sont considérablement perfectionnées et les marchés deconsommation, avec en toile de fond la mondialisation, ne cessent de seredéfinir. L’industrie laitière se trouve maintenant à la croisée des chemins,face à un ensemble de défis majeurs, dont l’issue sera déterminante pour sonavenir.

Si la Loi a pu jouer un rôle structurant dans le développement del’industrie agricole, dans le contexte des années 1950, est-elle en mesure des’ajuster à cet environnement économique nouveau? Et, surtout, peut-ellefournir les outils requis pour permettre à l’industrie de se mesurerefficacement aux défis qui lui sont lancés?

Un développement sain de l’industrie laitière dépend de l’instaurationd’un climat de collaboration entre les acteurs. A cet égard, le CILQ note queles transformateurs sont exclus de bien des aspects reliés au développement del’industrie laitière. Notamment, ils ne sont pas parties prenantes desententes nationales et régionales qui régissent l’industrie laitière, et quisont pourtant déterminantes pour leur environnement économique.

La Loi (article 2), dans son objet, exclut les transformateurs. Unpartenariat constructif ne saurait exister que si les transformateurs y sontinclus comme parties prenantes, ce qui pourrait permettre un réel équilibredans le traitement des intérêts des différents acteurs.

Le CILQ croit ainsi que, dans un esprit de réforme raisonnable etmesurée, la Loi devrait favoriser cet équilibre entre les parties prenantes del’industrie laitière. Elle devrait également jeter les jalons d’un partenariatvéritable et créer un environnement propice à la concertation des efforts.« C’est à cette seule condition que l’industrie pourra relever les défismajeurs qui l’attendent », conclut Pierre Nadeau.

Le CILQ lance donc un appel insistant au ministre de l’Agriculture, desPêcheries et de l’Alimentation du Québec pour l’inciter à revoir cette loi. Acette fin, il endosse la proposition de l’Association québécoise desindustries de nutrition animale et céréalière (AQINAC) d’enclencher unprocessus de modernisation de la Loi.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil de l’industrie laitière (CILQ)
http://www.cilq.ca/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)
http://www.mapaq.gouv.qc.ca

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