L’indice Scotia des produits agricoles en forte hausse

Toronto (Ontario), 25 février 2008 – L’indice Scotia des prix des produits de basea affiché une nouvelle augmentation record en janvier 2008, bondissant de 4,5pour cent d’un mois sur l’autre et de 20,2 pour cent comparativement à la mêmepériode il y a un an.

« Même si le ralentissement lié à la crise des prêts hypothécaires àrisque continuera de faire baisser les prix des matériaux de construction,l’équilibre de l’offre et de la demande à l’échelle mondiale pour nombre deproduits de base demeure serré », a déclaré Patricia Mohr, vice-présidente,Etudes économiques et spécialiste des marchés des produits de base. « Celareflète en partie la forte demande provenant des marchés émergents et lesinterruptions d’approvisionnement. »

Le pétrole, la potasse, le blé et l’or ont tous atteints de nouveauxsommets en janvier. L’indice des produits agricoles a été le meneur, s’élevant à des niveaux sans précédent, soit en hausse de 56,7 pour cent d’une année sur l’autre. L’indice des produits industriels (pétrole et gaz naturel, métaux etminéraux et produits forestiers) a aussi augmenté considérablement.

Un emballement classique des prix du blé et de la canola se manifesteprésentement. Le prix du blé de printemps foncé du Nord à Minneapolis, un bléà teneur protéique de 14 % qui détermine le cours vendeur à l’exportation dublé de grade no 1 établi par la Commission canadienne du blé, a monté enflèche en décembre, d’un niveau déjà rentable de 11,11 $ US le boisseau endécembre à un sommet remarquable de 19,73 $ US au 15 février, plus de troisfois le prix d’il y a un an, soit 5,51 $ US. La moyenne des prix pour lapériode de 2000 à 2007 a été de 4,69 $ US.

« Il est prévu que les stocks de blé de fin de campagne 2007-2008 auCanada chuteront à 4,9 millions de tonnes, soit un creux inégalé des tempsmodernes, à la suite de nombreuses années de piètres conditions de culture etde forte demande pour la produits d’aliments et d’éthanol à base de bléfourrager des Prairies », a expliqué Mme Mohr. « A la mi-février, la hausse desexportations américaines a provoqué au département américain de l’Agricultureune nouvelle baisse des prévisions des stocks de blé de fin de campagne auxEtats-Unis au niveau le plus faible depuis 1947-1948 et, pour ce qui a traitaux stocks mondiaux, au niveau le plus bas en 30 ans. »

Le cours vendeur à l’exportation établi par la Commission canadienne pourle blé de grade no 1, à teneur protéique de 13,5 pour cent, a bondi de façonexceptionnelle à 798 $ CAN la tonne le 8 février et, dans les trois derniersmois, s’est maintenu bien au-dessus du sommet précédent de 416 $ CAN atteintle 24 mai 1996. La moyenne des prix des deux campagnes agricoles précédentesn’avait pas dépassé les 252 $ CAN. Il faut attribuer cette robustesse à lavigueur de la demande mondiale, après plusieurs années de sécheresse enAustralie et des conditions de croissance sèches au Canada, en Ukraine et enRussie.

Il est probable que les prix du blé reculent légèrement ce printemps etcet été, mais avec l’arrivée de nouvelles disponibilités, on s’attend que lesprix demeurent élevés pendant une assez longue période. Le départementaméricain de l’Agriculture prévoit une raréfaction des stocks de blé et decéréales secondaires (céréales fourragères et riz) à la fin de 2007-2008 etque le rapport stock-utilisation mondial baisse à un creux historique de 14pour cent.

Les prix du pétrole West Texas Intermediate (WTI), demeurentexceptionnellement élevés, quoique volatils. Les prix ont progressé d’unemoyenne de 91,74 $ US en décembre pour atteindre 92,93 $ US en janvier(passant de 100,09 $ US au cours de la journée, à son niveau le plus élevé, à92,93 $ US à son niveau le plus bas le 23 janvier). Le 19 février, le coursNymex du pétrole a clôturé pour la première fois au-dessus de la barre des 100$ US, niveau maintenu le lendemain. La moyenne du mois à ce jour est de 93,18$ US.

« Nous prévoyons que les prix WTI, à 90,4 $ US en 2008 et, au minimum, 85$ US, sinon 90 $ US, en 2009, demeureront dans la tranche supérieure des coursdu consensus des analystes », selon Mme Mohr. « La récente flambée des prix dupétrole reflète la probabilité que l’Organisation des pays exportateurs depétrole (OPEP) décide de baisser sa production à la réunion prévue le 5 mars,si les cours ou la demande reculent de façon importante en raison duralentissement de l’économie américaine. Il est normal que le cartel baissequelque peu sa production au trimestre printanier lorsque la demande estréduite. »

« L’OPEP semble être bien aux commandes, compte tenu de la lenteur demises en exploitation de nouveaux champs pétrolifères dans les régions hors del’OPEP », ajoute Mme Mohr. « Le cartel voudrait éviter une répétition de sonerreur à la fin des années 1990, lorsqu’il avait haussé sa production toutjuste avant le début de la crise de change asiatique en 1998, provoquant ainsiune chute à 10 $ US. »

Les risques géopolitiques d’approvisionnement toujours présents sontaussi à la base des prix. Le Venezuela a suspendu ses ventes de pétrole àExxonMobil en raison d’une dispute portant sur la compensation pour lanationalisation l’année dernière des sables bitumineux de l’Orénoque.Signalons qu’il s’agit de volumes peu élevés, soit 90 000 barils par jour, euégard à la consommation américaine de pétrole qui s’élève à 21,2 millions debarils par jour. La crainte de l’inflation énergétique et alimentaire a attiréde nouveaux investissements visant les produits de base vers la fin février.

L’indice des métaux et des minéraux, qui avait reculé en décembre, aconnu une forte reprise en janvier. Les prix de la potasse et du soufre, lesminéraux entrant dans la production d’engrais, continuent de caracoler d’unrecord à l’autre. Dans un contexte de faiblesse du billet vert, l’or (prix àLondres en après-midi) a atteint de nouveaux sommets, d’abord le 30 janvier à929,40 $ US l’once et encore le 21 février, à 945 $ US. Les métaux de base ontrebondi dans l’ensemble.

« Pour l’exercice financier 2008, nous avons révisé à la hausse notreprévision touchant les prix contractuels du charbon cokéfiable de qualitémétallurgique supérieure de l’Ouest canadien négociés avec le Japon à au moins185 $ US la tonne (FAB Vancouver) », a déclaré Mme Mohr. Les prix sont à 94 $US. La raréfaction des stocks mondiaux de charbon cokéfiable déjà constatée àla fin de 2007 s’est fortement accentuée à la suite des pluies torrentiellesau Queensland en Australie, provoquant des inondations de mines et laréduction de la production des principaux exploitants. Les prix du charbonthermique ont aussi monté en flèche en raison de la suspension pendant deuxmois des exportations de la Chine, situation attribuable aux tempêtes de neigeet des pannes de courant généralisées dans ce pays.

Seul l’indice des produits forestiers a reculé en janvier. Les prix dubois et des planches orientés ont reculé au-dessous du niveau des coûts deproduction moyens dans de nombreuses régions de l’Amérique du Nord, ce qui acontrebalancé les hausses de la pâte KBRN, du papier journal et du papiersatiné A (en augmentation de 60 $ US la tonne).

Etudes économiques Scotia propose à sa clientèle une analyse approfondiedes facteurs qui façonnent l’avenir du Canada et de l’économie mondiale,notamment l’évolution macroéconomique, les tendances des marchés de change etdes capitaux, le rendement des produits de base et de l’industrie ainsi queles enjeux relatifs aux politiques monétaires, budgétaires etgouvernementales.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Banque Scotia
http://www.scotiabank.ca./ScotiabankFr/index.html

Commentaires