L’INRS propose le retrait total de l’atrazine

Les études d’ici et d’ailleurs plaident pour un retrait de l’herbicide en raison de ses impacts sur l’environnement

L’Institut national de la recherche scientifique (INRS) du Québec a fait valoir devant la CAPERN que les effets de l’atrazine étaient tellement importants, même à petites doses, que son retrait était préférable à son maintient, même si son usage est minime au Québec. Le produit qui représente 5% des ventes au Québec de pesticides est en effet retrouvé à différentes concentrations dans les cours d’eau et les aliments. Les études menées ailleurs, comme en Europe, ont fait un lien avec le cancer du sein en raison de l’effet de la molécule sur les hormones femelles comme l’œstrogène. Les études propres de l’INRS sur l’atrazine ont fait un lien entre un système immunitaire moins efficace, une réduction de la taille et une féminisation des batraciens.

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Les chercheurs ont rappelée le principe de demi-vie des molécules, soit le temps que prennent ces dernières à se dégrader dans l’environnement, et qui est variable pour chacune. Dans le cas de l’atrazine, la molécule pourrait demeurer présente dans l’environnement plusieurs décennies après son application. L’INRS a fait valoir le principe de précaution: en cas de risques graves et irréversibles pour la santé et l’environnement, l’absence de certitudes scientifiques absolues ne doit pas servir de prétexte à l’adoption de mesures pour prévenir la dégradation de l’environnement.

Les porte-paroles de l’INRS ont proposé l’adoption de bassins de rétention des eaux d’irrigation, tout comme une formation continue chez les agronomes. Les critères d’homologation pourraient aussi être revus par un organisme québécois, en plus du travail fait par Santé Canada.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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