L’Île-du-Prince-Édouard pourrait interdire les produits agricoles transgéniques

Ottawa (Ontario), 19 janvier 2005 – Le Conseil des Canadiens se réjouit de la décision de l’Assemblée législative de l’Ile-du-Prince-Edouard de constituer un comité chargé d’entendre les pour et les contre des produits transgéniques. Le comité décidera les dates des audiences aujourd’hui. Cettediscussion marquante pourrait éclairer une décision qui ferait de l’Ile-du-Prince-Edouard la première province du Canada sans produits transgéniques.

La semaine dernière, les membres du comité permanent de l’agriculture, dela foresterie et de l’environnement de l’assemblée ont sollicité laparticipation du public à leur discussion.

« Ottawa ne veut pas rien entendre des appels répétés de la populationcanadienne qui réclame un débat public sur les aliments transgéniques. Notregouvernement fédéral est ailleurs pendant que la population s’inquiète du malque ces produits pourraient faire à notre santé, à notre environnement et ànotre économie, dit Nadège Adam du Conseil des Canadiens. Les Canadiens et lesCanadiennes devaient faire quelque chose. »

Les insulaires ne sont pas les seuls. De nombreuses municipalités duCanada ont déjà adopté des résolutions restreignant la culture des alimentstransgéniques. Powell River, en Colombie-Britannique, est devenue l’an dernierla première zone du Canada sans produits transgéniques quand la ville s’estdéclarée « zone agricole sans produits transgéniques ».

« Les aliments transgéniques n’offrent rien de mieux aux consommateurs,dit Leo Broderick du Conseil des Canadiens à l’Ile-du-Prince-Edouard, qui estégalement membre de la coalition insulaire pour une province sans produitstransgéniques. Ils contaminent notre environnement et ont mis en danger nosmarchés d’exportation agricole. En tant qu’insulaires, nous devrions saisircette opportunité de protéger notre environnement contre cette menace. »

Le débat de l’Ile-du-Prince-Edouard arrive à point, parce que l’industriede la biotechnologie est prête à tout faire basculer avec ses récoltes et sesanimaux transgéniques. Ottawa se penchera bientôt sur la commercialisation dupoisson transgénique. AquaBounty a annoncé son intention de demander bientôtle dédouanement commercial de son saumon « AquAvantage ». La compagnie cherche àproduire du saumon transgénique doté d’une hormone de croissance rapide. Lesinstallations de pisciculture d’AquaBounty sont à l’Ile-du-Prince-Edouard.

« Sachant que le gouvernement fédéral n’a jamais refusé de demande dedédouanement commercial d’un produit transgénique, nous serions bien naifsd’espérer qu’il va nous sortir de ce cauchemar de poisson transgénique, ditBroderick. Nous devons absolument interdire tous les produits transgéniques sinous n’avons pas envie de voir du saumon bizarre dans notre assiette. »

Les insulaires et bien d’autres personnes autour du monde sontdésillusionnés de l’immobilisme de leurs gouvernements et font tous lesefforts pour protéger leurs collectivités contre la diffusion des produitstransgéniques. Le mouvement prend de l’élan et des collectivités des Etats-Unis, de l’Europe, de l’Australie et de certaines parties de l’Asie et del’Afrique se sont déjà déclarées « zones sans produits transgéniques ».

« Nous l’avons vu partout au Canada, des collectivités qui ne veulent plusrespirer la fumée des autres dans les endroits publics et qui ont décidé queles pesticides n’allaient plus régner dans leur parterre. Les alimentstransgéniques méritent le même sort, » dit Nadège Adam.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Conseil des Canadiens (The Council of Canadians)
http://www.canadians.org/

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