L’or pour Martin Malenfant et Hélène Thibodeau

Martin Malenfant et Hélène Thibodeau de l’Érablière Escuminac ont remporté la médaille d’or de l’ONMA

L’Ordre national du mérite agricole, plus ancienne distinction du Québec tous secteurs confondus, célébrait cette année sa 130e édition. Plusieurs régions se bataillaient les honneurs soient l’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et le Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Les gagnants ont été dévoilés le 18 octobre dernier. Martin Malenfant et Hélène Thibodeau de l’Érablière Escuminac ont remporté la médaille d’or de l’ONMA. Les producteurs de sirop d’érable biologique ont 65 000 entailles sur 500 hectares. Ils produisent également du sirop de merisier grâce aux 60 000 érables et 5000 bouleaux jaunes. Le couple exporte plus de 60 % de sa production en Ontario, dans l’Ouest canadien et dans huit pays, dont les États-Unis, la France et l’Allemagne. Un défi de taille, surtout en regard des frais de transport considérables.

Articles connexes

Pour arriver à atteindre un tel succès, les deux entrepreneurs ont dû travailler leur image de marque. Pour ce faire, « Exit » la canne de métal, place à la jolie bouteille de verre avec un motif stylisé. Résultat, un produit à valeur ajoutée facilement accessible grâce à une mise en marché dynamique et un excellent site transactionnel.

Situé dans la Baie-des-Chaleurs, le lieu de production pourrait aussi être cité pour les honneurs tellement il contribue au succès de ces entrepreneurs. Cité comme l’un des meilleurs endroits au monde pour la production acéricole, il est exposé aux nuits froides printanières, suivies de journées chaudes. Ce microclimat assure de produire un sirop d’érable goûteux et subtil, riche en minéraux et en antioxydants.

Argent

Argent : Productions Rivard, Saint-Ambroise, Saguenay–Lac-Saint-Jean. Photo : François Nadeau, MAPAQ.

La médaille d’argent, quant à elle, est allée aux Productions Rivard de Saint-Ambroise au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Fondées par Arthur Rivard en 1958, les Productions Rivard ne comptaient au départ qu’une dizaine d’hectares. Aujourd’hui, la ferme a bien grandi. Christine Gauthier, Julien Rivard et leur fils, Kévin cultivent maintenant plus de 267 hectares de pommes de terre de table et de semences sans parler d’autres productions comme les carottes, les engrais verts et le foin. En tout, l’entreprise exploite 1200 hectares, dont 600 en culture.

Récipiendaire également du Prix de la Coop fédérée à l’agroenvironnement, c’est sans surprise que l’on constate qu’ils font de la protection de l’environnement un enjeu cher à leur cœur. Pour y arriver, ils font un suivi régulier de leurs champs, ils utilisent des modèles prévisionnels, des capteurs de spores et des pièges-bols pour mieux planifier leurs pulvérisations. À cela s’ajoute des haies brise-vent pour protéger les zones d’érosion. Récemment, ils ont même doté leurs entrepôts de contrôles automatisés pour réduire la facture d’énergie. En ce qui concerne la gestion des pesticides, de nouveaux outils comme l’indice des facteurs de risque leur permet d’évaluer les dangers potentiels de certains produits chimiques et d’en diminuer ou d’en cesser l’utilisation.

Bronze

Bronze : Serres Gallichan, Abitibi-Témiscamingue. Photo: Nathalie Toulouse, MAPAQ.

Finalement, la médaille de bronze a été décernée aux Serres Gallichan dans la région d’Abitibi-Témiscamingue-Nord-du-Québec.

Depuis 36 ans, les propriétaires des Serres Gallichan n’ont qu’une seule mission, fournir des vivaces et des arbustes ainsi que des conseils de qualité à leurs clients afin d’embellir leurs milieux de vie et, par le fait même, favoriser un habitat attrayant pour la biodiversité que ce soit les oiseaux et les pollinisateurs.

Poussant encore plus loin la parole aux gestes, la relève incarnée par Marie-Claude Raiche et Samuel Gadoury Boissé a fait un virage vert au printemps 2018. Ces deux diplômés en paysage et commercialisation en horticulture environnementale de l’Institut de technologie agroalimentaire ont investi 750 000 $ pour remplacer les chaudières au mazout qui alimentaient les serres par un système à la biomasse fonctionnant avec des granules de bois. Ce changement permet ainsi à l’entreprise de diminuer de 700 tonnes ses émissions de gaz à effet de serre. En plus, le duo a recours au compostage et à un stimulateur de croissance végétal afin de réduire l’utilisation d’engrais chimique. Sans parler de l’adoption d’un programme de lutte intégrée avec des biopesticides ainsi que l’utilisation d’insectes prédateurs et d’un système de récupération et de réutilisation des contenants à fleurs.

Rappelons que le concours de l’Ordre national du mérite agricole évalue la bonne gestion, la santé financière de l’entreprise, l’agroenvironnement, les ressources humaines et finalement, le rayonnement social. Le processus est long puisque les prix sont accordés une fois tous les cinq ans dans les régions désignées. Les participants doivent se présenter pour la médaille de bronze, ensuite d’argent avant de pouvoir convoiter l’or. La prochaine édition du concours reconnaîtra l’apport des agriculteurs et agricultrices de la Montérégie-Est et de la Montérégie-Ouest.

 

à propos de l'auteur

Commentaires