L’UPA insatisfaite de la décision de la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec

Longueuil (Québec), le 9 août 2000 – « La Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ) a fait entorse à sa mission fondamentale en rendant une décision à la Salomon dans le dossier du lait d’exportation. Elle a ouvert une brèche toute grande dans la mise en marché collective, non seulement dans le lait mais dans d’autres secteurs sous gestion de l’offre ».







Là où le bât blesse, c’est que la Régie instaure la mise en place de deux « filières » pour le lait destiné à l’exportation, l’une à l’usage exclusif des coopératives, l’autre pour le reste de l’industrie.


Telle est la réaction qu’a fait connaître aujourd’hui le président général de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, après que l’UPA, appuyée par la Fédération des producteurs de lait du Québec (FPLQ), eut complété l’analyse de la décision de la Régie, rendue récemment dans le dossier du lait destiné à l’exportation.

Là où le bât blesse, c’est que la Régie instaure la mise en place de deux « filières » pour le lait destiné à l’exportation, l’une à l’usage exclusif des coopératives, l’autre pour le reste de l’industrie. L’UPA et la FPLQ, de leur côté, revendiquaient un canal unique d’exportation, meilleure façon de préserver l’intégrité du plan conjoint dans le lait et la mise en marché efficace et ordonnée du produit.

« Nous voilà maintenant avec un double système, de dénoncer le président de l’UPA. Il y aura désormais deux catégories de transformateurs et deux catégories de producteurs : les sociétaires et ceux qui ne le sont pas. De là à ce qu’il y ait des producteurs et des transformateurs de premier et de second rang, il n’y a qu’un pas! »

Pour l’UPA, c’est clair, le système est à l’avantage des coopératives. Elles pourront conclure des ententes particulières avec leurs sociétaires sur le prix et la quantité de lait destiné à l’exportation. Elles pourront jouer le rôle d’un office de commercialisation en regroupant l’offre et en vendant du lait à d’autres transformateurs. « Beaucoup trop de chapeaux ! » selon M. Pellerin.

Le président de l’UPA s’en prend aussi au babillard électronique prévu pour transiger le lait d’exportation en dehors de la filière coopérative, attaquant le fait que les coopératives auront un droit de veto sur les décisions du comité mixte qui gérera ce babillard et dont elles font partie, l’unanimité de décision étant requise.

« La FPLQ et le Conseil de l’industrie laitière, cogestionnaires du comité, auront beau dire ou beau faire, dit-il. Quel intérêt à ce que le babillard fonctionne bien pour une coopérative qui a le pouvoir de conclure des ententes avec des producteurs et des transformateurs ou de mettre en marché le lait de ces mêmes producteurs? C’est comme se tirer dans le pied! », de déclarer le représentant agricole.

Le rôle qui revient ainsi aux coopératives est carrément inacceptable aux yeux du syndicalisme agricole, car c’est celui d’agent de mise en marché du lait produit à la ferme, une responsabilité qui incombe aux plans conjoints depuis de nombreuses années. « Si les coopératives prétendaient, dans le passé, ne pas vouloir supplanter des outils de mise en marché collectif comme la FPLQ, on peut désormais appréhender de les voir espérer prendre leur place avant longtemps », de fustiger le président de l’UPA.

Au lendemain de cette décision, l’UPA met en garde le monde coopératif agricole. Jamais les producteurs et les productrices agricoles n’ont abdiqué leur outil qu’est le plan conjoint. À toutes les fois qu’on les a consultés sur la question, ils ont toujours exprimé un appui fortement majoritaire et sans équivoque. ” S’il faut le faire encore une fois pour démontrer que l’action collective du syndicalisme agricole a nettement la faveur des agriculteurs et agricultrices du Québec, nous aurons l’obligation d’en donner la preuve “, de conclure le président de l’UPA.

Rappelons qu’en octobre 1999, l’organe d’appel de l’OMC rendait une décision qui obligeait le Canada à revoir certaines de ses pratiques en matière d’exportation de produits laitiers. De nombreuses discussions s’ensuivirent à l’échelle canadienne et québécoise en vue de s’aligner sur les exigences de l’organisme international. Au Québec, ces discussions ont conduit à une impasse entre les coopératives et la Fédération des producteurs de lait. La RMAAQ a été appelée à trancher le différend, rendant sa décision le 28 juillet dernier. Signalons, en terminant, que la Fédération vient de faire savoir qu’elle étudie présentement les différentes possibilités de recours et a convoqué une assemblée générale spéciale de ses membres pour le 23 août prochain afin de mettre au point les actions à mener.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des Producteurs de Lait du Québec

http://www.lait.org

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)

http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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