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Maïs sans azote

Des essais réalisés en 2013 dans Chaudière-Appalaches viennent confirmer l’intuition qu’avaient déjà plusieurs producteurs et agronomes : sur un retour de prairie ayant un historique d’apports réguliers d’effluents d’élevage, il est possible cultiver du maïs en réduisant considérablement les apports d’azote minéral.

L’IRDA et Agrinova viennent de publier les résultats d’une étude du chercheur Marc-Olivier Gasser dans laquelle il est démontré que dans la plupart des cas, le maïs n’offre aucune réponse à l’azote minéral quand il est semé un retour de prairie.

Sur les 14 sites répartis entre Beauce-Nord et L’Islet, 11 étaient en maïs-ensilage. Un seul a répondu clairement à une dose d’azote minéral de 40 kg N/ha appliquée en postlevée. Il s’agissait du seul site dont le sol avait une teneur en matière organique relativement basse (2,6 %) lorsque comparé aux autres sites. Sur les dix autres sites, les doses de zéro, 40, 80, 120 et 160 unités d’azote minéral ont donné à peu près le même rendement.

Dans les trois sites en maïs-grain, un seul a présenté une réponse partielle à la fertilisation minérale azotée, sans toutefois répondre quand la dose dépassait les 40 unités d’azote.

Toutes les parcelles avaient un précédent de prairie recevant régulièrement des effluents d’élevage, à l’automne ou au printemps. Les parcelles représentaient plusieurs types de sol, de l’argile au loam sableux grossier.

Azote en réserve

Marc-Olivier Gasser explique que l’apport régulier d’effluents d’élevage contribue à augmenter la réserve d’azote organique dans le sol. La destruction de la prairie entraîne la minéralisation d’une partie de cette réserve d’azote organique et des résidus de culture accumulés dans le sol. Cette minéralisation, combinée à la fertilisation organique et minérale récente, fournit beaucoup d’azote disponible pour la croissance du maïs.

Selon le chercheur, même pour des cultures exigeantes en azote comme le maïs-grain ou le maïs-ensilage, la réponse aux apports d’engrais azotés (en démarreur ou en postlevée) est peu probable sur retour de prairie, si le sol a une teneur en matière organique supérieure à 5 % ou une teneur en nitrate en postlevée supérieure à 20 mg N-NO3/kg.

Il devient donc possible de réduire ou éliminer les applications d’azote minéral, pour réaliser d’importantes économies en temps, argent et utilisation de la machinerie. Cela permettrait aussi de réduire les pertes dans les cours d’eau et les émissions de gaz à effet de serre.

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