Mission monarque, un coup de pouce pour une espèce menacée

La population est appelée au renfort pour recueillir plus d’informations sur les monarques, ces papillons distinctifs qui ont fait longtemps partie du paysage du Québec mais qui se font de plus en plus rares. Ce pollinisateur a vu sa population décliner de 90 % au cours des 20 dernières années, au point où le papillon est aujourd’hui considéré comme une espèce au statut préoccupant par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC).

L’Insectarium de Montréal a eu l’idée, avec plusieurs partenaires, de solliciter l’aide de la population. Les scientifiques ont en effet déjà recensé la distribution géographique du papillon et de l’asclépiade, la plante hôte du monarque.

Reste maintenant l’étape la plus difficile à accomplir, en raison du territoire à couvrir, soit déterminer les secteurs névralgiques de la reproduction du monarque au Canada. L’aide demandée consiste à repérer et recenser les plants d’asclépiades qui poussent près de chez soi pour dénombrer les œufs, les chenilles, les chrysalides et les papillons. Ces informations doivent être ensuite inscrite sur le site Web Mission monarque.

Les recherches ont permis de conclure que le monarque se reproduit exclusivement sur les plants d’asclépiade, une plante qui a quasi disparu du paysage grâce à l’efficacité des herbicides. C’est vrai pour le Québec mais aussi pour tous les territoires parcourus par les monarques au cours de leur migration qui va du nord du continent américain jusqu’au Mexique, en traversant plusieurs états agricoles des États-Unis.

Les monarques au Québec représente 15% de toute la population de ces paillions. Les biologistes indiquent que les participants au projet pourraient voir deux générations de papillons cet été. Ces derniers ont déjà fait un retour en Ontario et devraient bientôt être aperçus au Québec. Il est à prévoir que les territoires couverts par les monarques s’étendra plus au nord, en raison des changements climatiques.

Le projet bénéficie d’une subvention de 216 000 $ sur trois ans par Environnement et Changement climatique Canada. Il est dirigé par Maxim Larrivée, chef de section, Collections entomologiques et recherche à l’Insectarium de Montréal, et en collaboration avec l’Institut de recherche en biologie végétale (IRBV), l’Université du Québec à Rimouski, l’Université d’Ottawa et l’Université de Calgary.

Sources: Espace pour la vie, Le Devoir

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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