Ne pas ratifier Kyoto pourrait coûter cher

Edmonton (Alberta), 5 mars 2002 – L’un des plus éminents scientifiques au pays soutient que la réticence des gouvernements et de l’industrie à appuyer le protocole de Kyoto sur les changements climatiques condamnera l’Alberta et d’autres provinces à de graves pénuries d’eau à long terme.

L’Alberta, ainsi que l’Ontario, la Chambre de commerce du Canada et d’autres groupes industriels affirment tous que l’atteinte des objectifs de réduction des gaz à effet de serre d’ici 2010 entravera la croissance économique.

Mais David Schindler, un écologiste de l’Université de l’Alberta de réputation mondiale, est d’avis qu’il pourrait coûter encore plus cher de ne pas respecter les objectifs du protocole de Kyoto – nonobstant ce qu’en disent manufacturiers et politiciens. “Ils disent que cela va coûter 45 000 emplois et 40 milliards $ (en Alberta). Mais qu’est-ce que cela en coûtera d’avoir une agriculture et des villes sans eau? Qu’est-ce que cela coûtera s’il faut traiter davantage l’eau?”

Selon lui, le temps est venu de changer d’optique.

Les agriculteurs et les communautés des Prairies souffrent déjà de conditions de sécheresse et se préparent à affronter une nouvelle année de temps sec. Les puits s’assèchent ou sont affectés par des concentrations excessives de bactéries, ou par un mauvais goût, attribuables à la hausse des forages pétroliers et aux fermes d’élevage intensif de bestiaux.

Déjà des signaux d’alarme nous indiquent que nous sollicitons nos réserves d’eau au-delà de leurs limites, soutient cet expert, qui a récemment été élu à la prestigieuse Société royale de Londres.

Le ministre de l’Environnement de l’Alberta, Lorne Taylor, demande à Ottawa de reporter de 10 ans – à 2020 – le délai fixé pour le respect des objectifs d’émission en vertu du protocole de Kyoto. Cette décennie supplémentaire donnerait à l’industrie le temps de développer de nouvelles technologies pour réduire la pollution engendrée par l’usage de combustibles fossiles, fait-il valoir.

Il faut prendre des mesures pour contrer les changements climatiques, mais le protocole de Kyoto n’est pas la solution appropriée, avance-t-il.

Le premier ministre Jean Chrétien a réfuté les prévisions de pertes massives d’emplois, mais a fait savoir que son gouvernement consulterait les provinces avant de ratifier l’accord.

Celui-ci requiert des 40 pays industrialisés qu’ils ramènent leurs émissions de gaz à effet de serre, jugés responsables du réchauffement planétaire, à leurs niveaux d’avant 1990.

Source : Presse Canadienne

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