Nestlé envisage de supprimer le quart des emplois d’ici 2007

Paris (France), 22 janvier 2004 – Le groupe Nestlé Waters France (Vittel, Contrex, Perrier) envisage de supprimer 1047 emplois (sur 4100) « à l’horizon 2007 », sans licenciements, via des départs anticipés, au lieu des 742 suppressions d’emplois annoncées en novembre par la direction.

Lors d’un comité central d’entreprise (CCE) qui s’est tenu mercredi, la direction de Nestlé Waters France (branche eau du groupe Perrier) « a proposé de baisser l’âge des départs anticipés de 57 ans à 55 ans, ce qui se traduirait par le départ de 1047 salariés d’ici 2007 », a déclaré à l’AFP Jean-Paul Franc, délégué syndical central CGT.

« C’est un plan de restructuration qui ne veut pas dire son nom », a estimé M. Franc, précisant qu’il concernait le quart des effectifs, Nestlé Waters France employant au total 4100 salariés.

En novembre 2003, la direction avait annoncé son intention de supprimer 742 emplois d’ici 2007.

Jeudi, la direction a confirmé à l’AFP que 1047 salariés seraient concernés par la mise en place d’une « gestion prévisionnelle des emplois (GPEC) ».

« D’ici au 30 avril 2007, 971 salariés seraient concernés. L’année dernière, 76 salariés de Vittel sont partis en dispense d’activité, et si nos mesures proposées se mettent en place, ces 76 salariés seront réintégrés pour bénéficier du GPEC, ce qui fait au total 1047 », a expliqué André Sembelie, directeur de la communication de Nestlé Waters France.

« Nestlé Waters France s’est inscrit dans un avenant décidé par l’ensemble de la branche de l’eau minérale, qui étend le CATS (Cessation d’activité des travailleurs salariés) aux salariés âgés de 55 ans », a ajouté M. Sembelie.

La direction a donc « proposé aux syndicats d’étendre les mesures de départs, initialement prévues pour les 57 ans, aux salariés qui attendraient 55 ans avant le 30 avril 2007 ».

Les sites le plus touchés seraient ceux de Vittel (Vosges), avec 378 départs (soit 29,4% des effectifs), de la Source Perrier à Vergèze (Lozère), avec 356 départs (soit 22,97% des effectifs) et de Contrexéville (Vosges), avec 282 départs (soit 34,1% des effectifs).

Le siège du groupe à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) serait aussi touché avec 28 départs de même que celui de Quézac (Lozère) avec 3 départs.

« Cela représenterait sur l’ensemble des sites un quart des effectifs supprimés, soit 24,4% », précise la CGT dans un communiqué.

La CGT souhaiterait que les salariés touchés puissent bénéficier des dispositions d’un plan social, a expliqué M. France.

« Mais ces dispositions ne pourront pas se mettre en place car le groupe devrait alors justifier de difficultés économiques. Or les comptes sont positifs car les eaux minérales sont la vache à lait en France », a regretté le responsable cégétiste.

Pour la direction, ces réductions d’effectifs « intègrent une vision industrielle, avec notamment l’arrivée du géant Coca Cola sur le marché de l’eau en France ».

« Nos ratios de performances et de productivité son en-deçà des chiffres des autres usines que nous avons en Europe », a affirmé M. Sembelie.

« La GPEC pourrait nous faire atteindre, à fin 2007, une production de 1 200 000 cols de bouteille par homme et par an », a-t-il poursuivi.

La production globale est actuellement de 2,8 milliards de cols par an pour 4100 salariés, selon la CGT.

Source : AFP

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Nestlé
http://www.nestle.ca/

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