Négociations commerciales: l’OMC devra accélérer pour tenir les délais

Davos (Suisse), 23 janvier 2004 – Les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) doivent accélérer la cadence s’ils veulent tenir leur engagement de boucler avant fin 2004 les négociations sur la libéralisation du commerce mondial, ont souligné des diplomates à l’issue d’une réunion ministérielle restreinte à Davos (Suisse).

Les 146 pays doivent notamment décider avant le milieu de l’année s’ils sont en mesure d’organiser une réunion ministérielle décisive à Hong Kong en décembre 2004.

Une vingtaine de ministres du Commerce, dont ceux de l’Inde, du Canada et du Brésil, se sont réunis vendredi pendant une demi-journée à ce sujet en marge du Forum économique mondial de Davos (Suisse), avec toutefois des absents de marque: les Américains et les Européens. Ces derniers étaient représentés par leurs ambassadeurs auprès de l’OMC.

La réunion avait pour but de remettre sur les rails le cycle de négociations commerciales dit de Doha, lancé par l’OMC en novembre 2001 dans la capitale du Qatar et qui doit se conclure en principe avant la fin 2004.

Le directeur général de l’OMC, Supachai Panitchpakdi, a estimé qu’une évaluation de l’état des négociations pourrait être faite d’ici le milieu de l’année.

Pour M. Supachai, il reste « plus qu’assez de temps » pour arriver à un accord sur le cycle de Doha prévu initialement pour la fin 2004 avec une conférence ministérielle à Hong Kong. « Nous avons toujours du temps, le temps n’est pas contre nous », a-t-il dit.

« Ce fut un échange de vues utile », a résumé le principal négociateur, Carlos Perez del Castillo, ambassadeur d’Uruguay auprès de l’OMC. « Une fois de plus nous avons assisté à la réaffirmation des engagements des uns et des autres à remettre sur les rails ce round de négociations ».

« Nous avons aussi constaté une certaine flexibilité sur des sujets comme l’agriculture », a-t-il ajouté, sans donner de détails. L’élimination des subventions agricoles est le point-clé des négociations.

Il a toutefois souligné que « ces belles paroles doivent être traduites en actes » avant la mi-2004 pour que les 146 pays aient une chance de conclure à Hong Kong.

« Il y a une volonté de négocier », a estimé l’ambassadeur américain auprès de l’OMC Linnet Deily, qui a souhaité que l’OMC parvienne « à certains résultats concrets d’ici la fin de l’année ».

Les avis divergents exprimés par la Suisse, pays hôte, et par le directeur général de l’OMC Supachai Panitchpakdi témoignaient de la difficulté de la tâche.

Un accord n’est « simplement pas possible » cette année, a déclaré le président suisse Joseph Deiss, lors d’une conférence de presse.

« Non, ce n’est simplement pas possible. Ce n’est pas se montrer négatif. C’est être réaliste », a-t-il estimé.

La réunion de vendredi à Davos devait servir à apaiser les vives tensions apparues, notamment sur le dossier agricole, entre pays riches et pauvres à la dernière conférence ministérielle plénière de l’OMC de Cancun (Mexique) en septembre dernier. Depuis l’échec de Cancun, les négociations sont dans l’impasse.

Comme base de discussions, les ministres avaient sur la table une proposition américaine de supprimer les subventions aux exportations agricoles à une date à déterminer. Le représentant américain pour le commerce, Robert Zoellick, en a fait la proposition la semaine dernière dans une lettre adressée à ses 145 collègues de l’OMC.

Juste avant la réunion, le secrétaire général des Nations unies Kofi Annan avait exhorté les pays riches à éliminer les subventions à leurs exportateurs agricoles, afin de conclure un « accord favorable aux pauvres ».

Dans un discours devant le Forum, il avait estimé qu’« aucun autre problème ne met davantage en danger le système commercial multilatéral ».

Source : AFP

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