OGM : la France sur la sellette, Greenpeace repart en campagne

Paris (France), 21 décembre 2005 – Greenpeace a mis en garde le gouvernement français contre toute réglementation « laxiste » en 2006 sur les OGM, qui exposerait la population à des risques alimentaires, sanitaires ou environnementaux.

Bruxelles a adressé un dernier avertissement à Paris, qui rechigne depuis plus de trois ans à transposer en droit national une directive européenne sur les disséminations des organismes génétiquement modifiés.

Cette directive, qui définit les procédures d’autorisation en matière de dissémination et de mise sur le marché des OGM, impose notamment à la France une information au public et une évaluation scientifique des risques pour l’environnement.

Un projet de loi en ce sens doit être déposé par le gouvernement début 2006 au Parlement pour rendre notamment obligatoire la déclaration des mises en culture en France.

« On est inquiet. On craint une loi d’autorisation des OGM plutôt qu’une loi de protection des produits conventionnels », a dit mercredi à Reuters Arnaud Apoteker, porte-parole de Greenpeace France.

« On refuse que cette réglementation fasse la part belle aux OGM », a poursuivi le responsable de la campagne anti-OGM lancée ce mois-ci par le mouvement écologiste auprès des consommateurs.

Arnaud Apoteker accuse les autorités françaises de s’être déjà rendues complices, cet été, de la plantation de plusieurs centaines d’hectares de maïs transgénique en France, à des fins commerciales et « dans le plus grand secret ».

Greenpeace appelle les consommateurs à manifester leur refus des OGM, en boycottant pendant les fêtes de fin d’année les volailles, le porc ou le boeuf qui ne comporteraient pas d’étiquetage garantissant qu’ils n’ont pas été nourris aux OGM.

Boycottage des volailles nourris aux OGM
« Lorsque le fabricant ne garantit pas l’absence de produits transgéniques, c’est qu’il existe un risque », affirme Arnaud Apoteker.

Dans son nouveau guide publié il y a quelques jours, le mouvement écologiste épingle une série de fabricants et leurs produits dont la charcuterie, la boucherie et la volaille ainsi que les produits issus d’animaux comme les plats cuisinés, les produits laitiers, les pâtes, les sauces et les soupes.

« Quatre-vingts pour cent des OGM cultivés dans le monde s’introduisent dans la chaîne alimentaire par le biais de l’alimentation animale », affirme le porte-parole de Greenpeace.

Il insiste sur le « risque irréversible » de dissémination des OGM dans l’environnement et l’agriculture et met l’accent sur la contamination du patrimoine génétique des plantes sauvages ou cultivées.

« Les OGM mettent en danger l’agriculture conventionnelle », précise Arnaud Apoteker, qui craint la résistance de certaines mauvaises herbes invasives à des herbicides ou de certains insectes à des insecticides.

Il n’existe à ce jour aucune étude à long terme sur les risques sanitaires liés à la consommation des organismes génétiquement modifiés. L’innocuité des plantes transgéniques sur l’organisme n’a à l’inverse jamais été démontrée.

Mais Greenpeace affirme que des risques « potentiels » ont été « identifiés » comme les allergies ou la résistance aux antibiotiques.

Source : Reuters

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Greenpeace Canada
http://www.greenpeacecanada.org/

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