OMC : intégrer l’environnement dans le commerce est une des ambitions européennes

Bruxelles (Belgique), 2 novovembre 2001 – Les Européens vont tenter à Doha d’intégrer dans le lancement d’un nouveau cycle de négociations commerciales le paramètre de l’environnement, lors de la réunion ministérielle de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), la semaine prochaine à Doha (Qatar).

Souvent considérée comme une préoccupation des nations les plus riches, la dimension de l’environnement se heurte souvent à l’indifférence de nombreux pays en voie de développement et des États-Unis. Washington est notamment mis en cause pour son refus de ratifier le protocole de Kyoto, qui vise à réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre.

L’environnement est un des soucis premiers de l’Union européenne et s’intègre dans le mandat donné par les Quinze à leur négociateur, Pascal Lamy, commissaire au Commerce au sein de l’exécutif européen.

La notion d’environnement est quasiment absente des premiers projets de déclarations ministérielles élaborés par l’OMC pour Doha.

« Sur les trois sujets politiquement majeurs, pour nous, que sont l’environnement, l’agriculture et les relations entre l’OIT (Organisation internationale du travail) et l’OMC, il est clair que ces projets de texte ne sont pas conformes à ce que nous souhaitons et qu’il y a encore du travail à faire », a souligné M. Lamy.

Il s’agira de favoriser « une stratégie de développement durable qui préserve les ressources environnementales », estime-t-on à la Commission européenne.

Le négociateur européen a récemment reconnu que l’Union européenne, engagée à réduire ses soutiens à l’Agriculture d’ici 2006, dispose d’une petite marge de manoeuvre sur ce dossier.

Cette « souplesse » pourrait être utile pour convaincre des pays du Tiers-Monde avant tout soucieux d’offrir des débouchés à leurs économies agricoles.

Les Etats-Unis, premier pollueur du monde, pourraient aussi céder sur cette question pour des raisons stratégiques: en lâchant du lest sur ce dossier, ils pousseront leurs pions sur d’autres domaines, comme justement l’agriculture où ils sont en position délicate.

Pour le chef de la délégation européenne à Doha, les intentions manifestées actuellement par l’OMC en matière d’environnement manquent cruellement d’ambition.

Ce lien à établir entre commerce et environnement consiste à veiller à ce que « la logique marchande ne fasse pas obstacle aux préoccupations environnementales », mais qu’à l’inverse « les considérations environnementales ne constituent pas un obstacle injustifié aux échanges commerciaux », explique la direction du Commerce à la Commission européenne.

« Cette position relève du grand écart mais cela ne l’empêche pas d’être cohérente », résume un diplomate qui reconnaît cependant qu’il y aura quand même à Doha « à convaincre plus de cent pays sur 142 du bien fondé de cette équation ».

Source : AFP

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