OMC: l’échéance du 15 décembre manquée pour relancer les négociations

Genève (Suisse), 15 décembre 2003 – Les pays membres de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), réunis en Conseil général à Genève, n’ont pas réussi à s’accorder sur une relance de l’actuel cycle de négociations commerciales multilatérales, laissant passer l’échéance du 15 décembre arrêtée il y a trois mois.

Le directeur général de l’OMC, Supachai Panitchpakdi, a cependant estimé que des progrès avaient été accomplis depuis l’échec de la conférence ministérielle de Cancun en septembre dernier.

« Notre objectif commun, conformément aux instructions données par les ministres à Cancun, était de parvenir aujourd’hui à redonner leur élan aux négociations », a rappelé M. Supachai aux ambassadeurs des 146 Etats membres réunis au siège de l’organisation à Genève. « Nous n’en sommes pas encore là, mais nous ne devons pas nous décourager », a-t-il lancé.

Le cycle de négociations lancé à Doha (Qatar) en novembre a échoué à Cancun du fait des divisions sur la question des subventions versées par les pays riches à leurs agriculteurs, qui entraînent selon les pays en développement une concurrence déloyale.

Depuis Cancun, M. Supachai s’est efforcé de convaincre les pays membres de relancer les négociations.

« Tous les ministres à qui j’ai parlé veulent voir des progrès », a-t-il rapporté. « Cependant, si nous voulons avancer et profiter de la ‘fenêtre’ qui s’ouvre devant nous, les délégations devront traduire la volonté politique et l’appui des ministres en véritable souplesse », a ajouté le directeur général de l’OMC.

L’ambassadeur d’Uruguay, Carlos Perez del Castillo, qui préside le Conseil général de l’OMC, l’exécutif de l’organisation, et à ce titre dirige les tractations, a déploré l’absence de « véritable négociation » jusqu’à présent.

« Les divergences restent larges, non seulement entre les points de vue, mais aussi entre les proclamations de volonté politique et de souplesse d’une part et les résultats concrets de ces proclamations sur les positions de négociation d’autre part », a regretté M. Perez del Castillo.

Le principal négociateur de l’OMC, qui sera remplacé début 2004, s’est cependant félicité de ce que les principaux points d’achoppement soient devenus plus manifestes et, partant, les solutions éventuelles « plus visibles ».

A propos de l’agriculture, il a estimé que « l’engagement d’éliminer toute forme de subvention à l’exportation est un passage obligatoire pour que ces négociations réussissent » mais reconnu que « certains membres peuvent difficilement prendre un tel engagement à l’heure actuelle ».

« Nous devons trouver une formulation qui implique que l’on est d’accord pour s’engager vers cet objectif, bien que (…) nous n’ayons pas besoin de spécifier une date butoir. Cela pourrait rester entre crochets pour être discuté dans le cadre des modalités des négociations agricoles », a-t-il suggéré.

Source : AFP

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