Ottawa accorde 140 millions $ pour la recherche en génétique

Montréal (Québec), 1 mars 2001 – Le ministre de l’Industrie, Brian Tobin, a annoncé mercredi de nouvelles subventions totalisant 140 millions $ pour la recherche génétique visant à faire du Canada un chef de file en cette matière.

Ottawa avait déjà versé 160 millions $, l’année dernière, dans la recherche génomique, la branche scientifique qui s’occupe de décoder et de comprendre la génétique des humains, des plantes et des animaux.

Lors d’une conférence de presse à l’Université de Montréal, M. Tobin a précisé que le fédéral s’attendait maintenant à ce que l’industrie et les provinces investissent également dans cette recherche au cours des quatre prochaines années, au moins à hauteur des 300 millions $ qu’il a investis.

« La génomique est promesse de grands bénéfices en matière de qualité de vie pour tous les Canadiens, particulièrement en ce qui concerne leur santé, a dit le ministre, entouré de nombreux chercheurs provenant de plusieurs universités. Ce sera l’un des principaux moteurs économiques du 21e siècle. »

Grâce à ces investissements, le Canada pourrait se placer troisième au monde d’ici trois ans en recherche génomique, alors qu’il se situe actuellement en sixième place, a indiqué Martin Godbout, chef de la direction à Génome Canada.

En tout, 71 projets de recherche en génomique ont été approuvés jusqu’ici par le comité d’experts internationaux mis sur pied par Génome Canada, une agence du gouvernement fédéral. Une trentaine d’autres projets soumis sont en cours d’évaluation.

On estime par ailleurs que ces investissements permettront de créer 1800 emplois d’ici trois an, a indiqué M. Godbout.

Selon les experts, la recherche génomique devrait notamment permettre d’élimininer des substances dangereuses et d’augmenter et d’améliorer la production agricole.

La génomique est également appelée à devenir un tout nouveau secteur de développement économique. De grandes sociétés, comme le géant de l’informatique IBM, ont déjà signé des alliances stratégiques avec des chercheurs pour pouvoir profiter des découvertes.

« On parle de bénéfices potentiellement alléchants pour notre pays », a déclaré M. Tobin. Ce dernier a par ailleurs signalé qu’environ 10 pour cent des fonds alloués serviront à étudier les aspects éthiques, sociaux et légaux de la génomique.

Il ne faut toutefois pas s’attendre à des résultats rapides. Selon Lap-Chee Tsui, généticien en chef de l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, la recherche génomique en est encore à ses balbutiements.

« Nous ne connaissons pas encore précisément le nombre de gènes dans le corps humain et, dans 95 pour cent des cas, nous ne savons pas encore à quoi ils servent », a-t-il dit.

Source : Presse Canadienne

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