Ottawa refuse de reporter l’application d’un nouveau programme agricole

Ottwa (Ontario), 26 mars 2003 – Malgré les vives inquiétudes de l’opposition, des agriculteurs et même des députés de son propre parti, le ministre fédéral de l’Agriculture, Lyle Vanclief, a refusé de reporter l’entrée en vigueur d’un nouveau programme de protection agricole.

Dans une lettre qu’il vient de faire parvenir au ministre, le président du comité des Communes sur l’agriculture, le député libéral Paul Steckle, demande au gouvernement de se donner « plus de temps » avant de révolutionner les programmes existants.

« De l’avis des représentants des agriculteurs, le nouveau programme est mal conçu, et s’il est appliqué dès la présente campagne agricole, on risque de provoquer confusion et colère chez les producteurs », a écrit le député libéral.

Dans sa missive, M. Steckle rappelle la « frustration qu’avait engendrée » un précédent programme de protection agricole, le Programme d’aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole.

« Vous conviendrez donc de l’importance de ne pas répéter la même erreur », a ajouté le président du comité.

En Chambre, les députés du Bloc québécois ont pressé le ministre de reporter d’un an l’entrée en vigueur du nouveau programme.

« Est-ce que le ministre compte faire preuve de la même sagesse que ses collègues libéraux qui lui disent qu’il faut accepter un délai d’un an avant de mettre en place de nouveaux programmes? », a demandé le député bloquiste Stéphane Bergeron.

M. Vanclief s’est contenté de répondre qu’il prendrait quelques semaines de plus pour discuter du nouveau programme avec les provinces et les agriculteurs, sans s’engager à reporter la date de son application.

Les discussions risquent donc d’outrepasser la date d’entrée en vigueur visée par le ministre, soit le 1er avril.

Curieusement, Lyle Vanclief a convenu, plus tôt cette semaine, de commander une étude indépendante sur l’impact financier du nouveau programme pour les agriculteurs. Mais dans l’état actuel des choses, le programme débutera avant la publication des résultats de l’étude, qui n’est pas prévue avant l’été.

« Ce n’est pas très sérieux », a lancé le critique du Bloc en matière d’agriculture, Louis Plamondon.

En comité parlementaire, jeudi, le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Laurent Pellerin, viendra lui aussi demander un délai d’un an avant de mettre en place le nouveau programme.

Selon lui, Ottawa a très mal renseigné les agriculteurs sur la teneur des changements proposés, ce qui a semé l’inquiétude dans les régions.

L’UPA craint que le nouveau programme de protection agricole ne coûte plus cher à ses membres que les plans actuels.

Au ministère fédéral de l’Agriculture, on rétorque que le programme projeté donnera plus de flexibilité aux agriculteurs.

Toutes les provinces, sauf le Québec, ont signé le nouveau cadre agricole, mais plusieurs d’entre elles demandent maintenant des clarifications à Ottawa sur la mise en oeuvre des changements.

Source : PC

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada
http://Aceis.AGR.CA/

Bloc québécois
http://www.blocquebecois.org/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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