Pesticides : le Gaucho reste interdit pour le tournesol mais autorisé pour le maïs

Paris (France), 21 janvier 2003 – Le gouvernement français a décidé de maintenir l’utilisation du Gaucho pour les cultures de maïs, tout en renouvelant pour trois ans son interdiction de 1999 dans le traitement des semence de tournesol.

L’enquête entamée en 1999 sur la mortalité des abeilles, que les apiculteurs imputent au pesticide de la société allemande Bayer, sera poursuivie avec la création de « zones d’observations » sans Gaucho, « réparties sur tout le territoire national », pour « comparer les effets de cette suspension avec les régions où (ce produit) reste utilisé », précise dans un communiqué le ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales.

Le 9 octobre dernier, le Conseil d’Etat a donné trois mois au gouvernement pour abroger l’autorisation de mise sur le marché du Gaucho pour le maïs, comme le demandent les apiculteurs.

L’Association générale des producteurs de maïs (AGPM) a salué le choix du gouvernement, estimant dans un communiqué qu’« une décision inverse aurait été catastrophique pour les 300 000 producteurs français de maïs et aurait mis en péril la viabilité économique de nombre d’exploitations, notamment chez les producteurs de semences ».

Outre les mesures mentionnées plus haut, Paris a décidé, « en concertation avec l’ensemble des organisations professionnelles, de développer un large programme de mesures d’accompagnement », précise le ministère.

Il s’agit de mettre en place un réseau sanitaire national de surveillance des troubles des abeilles, de renforcer la surveillance des pratiques apicoles et agricoles par les 2280 délégués sanitaires apicoles; d’imposer des conditions sanitaires strictes d’importation et d’échange des reines et des essaims d’abeilles pour éviter l’introduction de parasites et de virus; de mettre en place un dispositif de sécurisation de l’usage du médicament vétérinaire dans la filière apicole et des conditions d’utilisation des mélanges de pesticides grâce à l’élaboration d’une liste positive de mélanges autorisés; et de créer un Institut technique de l’apiculture dont une des missions serait l’élaboration et la diffusion d’un guide de bonnes pratiques en apiculture.

Le ministère rappelle que depuis 1999 la filière apicole française bénéficie d’aides cofinancées par l’Union européenne. Elles sont passées de 2,7 millions d’euros en 1999 à 3,6 millions d’euros en 2002 et comprennent pour 2003 une aide à la reconstitution des cheptels (1,1 millions d’euros), demandée par la France. Des aides exceptionnelles de 112 000 euros ont en outre été accordées par le ministère aux apiculteurs du Gers et de la Haute-Garonne, victimes d’une perte brutale et élevée de leurs abeilles en début de saison de production.

Source : AP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Bayer Cropscience

http://www.bayercropscience.ca

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