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Place à la biosécurité en grandes cultures

Jeudi dernier, c’était la Journée phytoprotection du CRAAQ, sur les terres du CÉROM, à Beloeil. Après leur inscription, les participants étaient invités à emprunter une brosse à BBQ pour nettoyer leurs chaussures et à tremper leurs semelles quelques secondes dans une solution désinfectante.

Mesures exagérées? Les participants en provenance de plusieurs régions du Québec pourraient bien transporter sur leurs bottes de nouveaux ennemis des cultures, nous a-t-on expliqué.

Pour un éleveur de volaille ou un producteur porcin, la biosécurité n’est plus un jeu. Mais en grandes cultures, très peu de mesures sont déjà en place. Pourtant, des mauvaises herbes comme l’ériochloé velue et la folle avoine résistante aux herbicides du Groupe 1 se répandent. Et voilà qu’un nouveau ravageur du sol menace aussi de se répandre au Québec : le nématode à kyste du soya.

« La biosécurité en grandes cultures, ce n’est pas nouveau. Ça fait partie de la lutte intégrée », a expliqué lors d’un atelier Sophia Boivin, conseillère en lutte antiparasitaire et en surveillance des espèces exotiques envahissantes au MAPAQ.

Certaines mauvaises herbes envahissantes et certains ravageurs gagnent du terrain essentiellement par les déplacements de sol. Le vent et les inondations printanières peuvent charrier du sol contaminé, mais nos bottes et pneus de machinerie aussi. Les semences et les intrants agricoles peuvent aussi transporter ces indésirables.

Jeudi dernier, Mélanie Gauthier, du programme Espèces exotiques envahissantes à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a montré à des dizaines de conseillers de club comment nettoyer leurs bottes et rincer leur matériel qui a été en contact avec de la terre. Les agronomes des clubs visitent plusieurs fermes par semaine. Ils ne voudront pas faire partie des suspects lorsqu’un organisme nuisible se sera répandu sur leur territoire.

Voici les principales mesures de biosécurité en grandes cultures, telles que mentionnées par Sophia Boivin :

-utiliser de la semence certifiée et des intrants agricoles de fournisseurs fiables
-nettoyer la moissonneuse-batteuse (par exemple, avant et après des déplacements chez d’autres producteurs)
-en sortant d’un champ, effectuer un nettoyage partiel de la machinerie (au minimum, enlever les couches de terre humide sur les pneus)
-débuter les travaux dans les champs non infestés et terminer les travaux dans les champs infestés

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