Prévisions sur le revenu agricole dans les provinces en 2001 et 2002

Ottawa (Ontario), 11 octobre 2001 – Depuis l’émission des prévisions sur le revenu agricole de juillet, des conditions météorologiques exceptionnelles au cours de la saison de croissance, en particulier la sécheresse, ont considérablement contribué à réduire les attentes relatives à la production de récoltes pour plusieurs entreprises agricoles de l’ensemble du pays (voir Tableaux – Production de grains, oléagineux et cultures spéciales par province).

Le Ministère, de concert avec les gouvernements provinciaux, a révisé ses prévisions de juillet pour 2001 et a préparé celles de 2002

Le revenu net réalisé (RNR) au Canada devrait être plus élevé en 2001 par rapport à l’année précédente et à la moyenne quinquennale. En 2002, le RNR devrait être plus bas que l’année précédente tout en se maintenant au-dessus de la moyenne quinquennale.

Les recettes du secteur canadien des végétaux devraient se maintenir sous la moyenne quinquennale de 1996 à 2000 principalement en raison de la sécheresse, et remonter au-dessus de la moyenne en 2002.

Les recettes du secteur de l’élevage atteindront un niveau record.

Les paiements au titre des programmes devraient atteindre un niveau record en 2001 et dépasser légèrement la moyenne en 2002.

Les frais d’exploitation devraient continuer à progresser alors que l’amortissement devrait se maintenir pratiquement au même niveau.

Faits saillants

Revenu agricole

Le RNR du Canada devrait se raffermir en 2001 par rapport à l’année précédente et à la moyenne quinquennale de 1996 à 2000, car l’augmentation des recettes des marchés, en particulier du secteur de l’élevage, et des paiements au titre des programmes a plus que compensé la hausse des frais d’exploitation.

Toutes les provinces devraient enregistrer un RNR plus élevé en 2001 par rapport à l’année précédente, à l’exception de la Nouvelle-Écosse.

Si, dans l’ensemble, la situation du revenu agricole s’améliore, elle peut varier grandement entre les exploitations selon les denrées qu’elles produisent, les changements atmosphériques dans leur région et de nombreux autres facteurs. Cette remarque est particulièrement vraie dans le cas des producteurs de céréales et d’oléagineux qui ont dû faire face à une baisse considérable des prix ces dernières années, ainsi qu’à une sécheresse cet été.

Le RNR devrait chuter en 2002 principalement en raison d’une baisse des paiements au titre des programmes, mais demeurer toutefois au-dessus de la moyenne quinquennale.

En 2002, on s’attend à une baisse du RNR à l’Île-du-Prince-Édouard, au Québec, en Ontario et dans les Prairies. Si l’on compare les résultats à la moyenne quinquennale, le RNR devrait être moins élevé en Saskatchewan, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve en 2002.

Recettes des cultures

Les recettes du secteur canadien des végétaux devraient augmenter en 2001 et en 2002. Cependant, elles devraient se maintenir sous la moyenne quinquennale en 2001 et remonter au-dessus de celle-ci en 2002.

En dépit des mauvaises conditions pour les cultures dans l’Ouest du Canada en 2001, les recettes provenant des secteurs des céréales, des oléagineux et des cultures spéciales devraient augmenter, car la hausse des prix devrait plus que compenser la faiblesse des mises en marché.

En ce qui concerne l’Est du Canada, cependant, les recettes du secteur des végétaux devraient faiblir en 2001 en raison des mauvaises conditions culturales dans de nombreux secteurs, notamment le maïs, la fève de soja et la pomme de terre.

En 2002, la production de céréales, d’oléagineux et de cultures spéciales devrait se rétablir à un niveau normal. Cependant, la baisse des stocks de report devrait contribuer à réduire encore plus les mises en marché dans l’Ouest du Canada, mais la hausse des prix, déclenchée par la sécheresse, devrait plus que compenser la faiblesse des mises en marché.

Recettes du bétail

Les recettes du secteur de l’élevage devraient progresser en 2001, car les recettes des secteurs du porc et du boeuf continuent, dans l’ensemble, d’être élevées, sous l’effet combiné des mises en marché et des prix. La sécheresse a concouru à la hausse des mises en marché des bovins et à un ralentissement de la reconstitution du cheptel. Les prix de ces denrées ont été soutenus par une forte demande et un déclin de l’approvisionnement, de même que par la faiblesse du dollar canadien.

En 2002, les recettes du secteur de l’élevage devraient se maintenir pratiquement au même niveau. Les recettes du secteur du boeuf devraient être stables en raison de la baisse des mises en marché et de prix un peu plus élevés qui s’expliquent par une demande pour le boeuf plus faible que prévue. Les recettes du secteur porcin devraient faiblir car la baisse des prix devrait contrebalancer la hausse des mises en marché.

Les recettes provenant du secteur des produits soumis à la gestion de l’offre devraient continuer à progresser en 2001 et en 2002.

Paiements

Les paiements au titre des programmes devraient dépasser, en 2001, les niveaux de l’année précédente d’environ 1 milliard de dollars. En raison de la sécheresse qui a touché plusieurs régions du Canada cet été, les paiements d’assurance-récolte devraient atteindre des niveaux records grâce à des paiements deux fois plus élevés que l’année précédente.

Cette hausse est également attribuable à l’augmentation des versements faits dans le cadre des programmes d’aide en cas de catastrophe (Programme d’aide en cas de catastrophe liée au revenu agricole (ACRA) et Programme canadien du revenu agricole (PCRA), ainsi qu’au versement unique de l’aide d’urgence annoncé en mars 2001.

Les paiements au titre des programmes devraient excéder légèrement la moyenne quinquennale en 2002 lorsque les versements de l’aide d’urgence prendront fin et que ceux de tous les principaux programmes de soutien seront réduits.

Frais d’exploitation

Les frais d’exploitation devraient augmenter en 2001 principalement en raison de l’augmentation des prix de l’engrais (+30 %) et des moulées commerciales (+8,5 %). La hausse des prix de l’engrais est due à l’augmentation des prix du gaz naturel et à la réduction de la capacité de production d’engrais. Les achats de bétail devraient également augmenter en 2001, principalement en raison des prix plus élevés des bovins d’engraissement et des porcs, ainsi que des prix à la hausse des céréales fourragères. Les prix du carburant devraient se maintenir au niveau de l’année précédente, étant en régression constante par rapport aux niveaux élevés en début d’année, en raison de la stagnation de la demande qui réagit à la faiblesse de l’économie américaine.

Les frais d’exploitation devraient continuer à croître en 2002 en raison de l’augmentation des coûts des aliments du bétail, des intérêts et de la main-d’oeuvre. L’amortissement devrait se maintenir sensiblement au même niveau en 2001 et en 2002.

Recettes dans les provinces

À l’échelle des provinces en 2001, les recettes du secteur des végétaux devraient descendre sous la moyenne quinquennale dans les Prairies et dans les provinces de l’Atlantique, à l’exception du Nouveau-Brunswick. En 2002, les recettes du secteur des végétaux devraient se maintenir sous la moyenne dans les Prairies et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les recettes du secteur de l’élevage devraient dépasser la moyenne dans toutes les provinces en 2001 et en 2002.

On prévoit que les paiements au titre des programmes seront considérablement plus élevés que la moyenne quinquennale précédente à l’Île-du-Prince-Édouard, en Ontario et dans les provinces des Prairies, et qu’ils se maintiendront au-dessus de la moyenne dans la plupart des provinces en 2002.

Notes

Les prévisions sur le revenu agricole, préparées par le Ministère avec la collaboration des administrations provinciales tiennent compte des renseignements connus et des politiques en vigueur en fin de septembre 2001 ainsi que des estimations de septembre de la production des cultures publiées le 5 octobre par Statistique Canada. AAC est chargé de préparer des prévisions préalables fondées sur un ensemble d’hypothèses sur les quantités et les prix, puis de consulter les provinces afin d’obtenir leurs commentaires et de parvenir à un consensus sur les prévisions et leur diffusion au public.

Les résultats de 2001 diffèrent des prévisions de juillet en ce qu’ils représentent mieux la production réelle et la situation des prix qui a cours actuellement. En bref, les prévisions d’octobre montrent une augmentation du revenu net réalisé comparé à juillet. Elles témoignent d’une réduction des recettes du secteur des végétaux principalement en raison d’une baisse de la production de récoltes dans plusieurs provinces, en particulier en Saskatchewan et en Ontario. Par ailleurs, les prix des céréales et des oléagineux se sont considérablement raffermis, sauf pour le maïs et les fèves de soja. La hausse des recettes du secteur de l’élevage est attribuable à une augmentation plus importante que prévue des prix pour le porc et des mises en marché. Comme pouvaient le laisser prévoir les mauvaises conditions de culture, les paiements au titre des programmes ont augmenté par rapport à juillet en raison des versements d’assurance-récolte sensiblement plus élevés. Les frais d’exploitation ont faibli, principalement en raison des prix moins élevés du carburant et d’une diminution de l’utilisation des engrais et des pesticides. Cette baisse a été partiellement compensée par les augmentations des achats de bétail et d’aliments du bétail.

Le REVENU MONÉTAIRE NET mesure les liquidités de l’exploitation agricole (les recettes brutes moins les dépenses d’exploitation) engendrées par la production de biens agricoles. Il représente les sommes disponibles pour le remboursement de la dette, des investissements ou pour des retraits par le propriétaire. Le REVENU NET RÉALISÉ mesure les flux financiers, tant monétaires (revenu en espèces) que non monétaires (amortissement et revenu en nature) des exploitations agricoles. Il représente le revenu agricole net dans une année donnée, peu importe l’année au cours de laquelle les biens agricoles ont été produits. Le REVENU NET TOTAL mesure les flux financiers et la variation des stocks des exploitations agricoles. Il représente la valeur de la production économique agricole au cours de l’année où les biens agricoles ont été produits. Il constitue le revenu provenant du capital du propriétaire, de la main-d’oeuvre non rémunérée, de l’administration et des risques.

Bien que les prévisions prennent la forme d’un chiffre unique, chaque chiffre est en fait le point médian d’une fourchette de prévisions ou d’un intervalle de confiance qui est implicite et non indiqué. Une légère variation des recettes monétaires ou des dépenses peut avoir un effet considérable sur le revenu net. Par exemple, une hausse de 2 p. 100 des recettes monétaires agricoles de 30 milliards de dollars donnerait lieu à une augmentation de 30 p. 100 du revenu net réalisé de 2 milliards de dollars.

Les versements au titre du CSRN ne représentent que les retraits effectués du Fonds 2 (fonds du gouvernement) par les producteurs. Les montants énormes accumulés dans le Fonds 1 (fonds des producteurs) et les prélèvements justifiés non effectués dans le fonds 2 ne sont pas inclus. Le Programme couvre l’ensemble de la ferme sur une base individuelle et les producteurs ne sont pas tenus d’effectuer les retraits justifiés de leur compte.

L’année de référence (2000) est celle des estimations publiées par Statistique Canada le 28 mai 2001. La moyenne de 1996 à 2000 couvre une période au cours de laquelle la plupart des secteurs agricoles ont affiché une tenue particulièrement bonne au cours des premières années de la période. Les recettes du secteur des végétaux ont grimpé et atteint des niveaux records en 1997, puis se sont mises à fléchir en 1998. Les recettes du secteur de l’élevage, mené par les éleveurs de bovins et de porcs, ont pris une tangente à la hausse au cours de la période quinquennale.

Tableaux : http://www.agr.ca/spb/fiap/publication/forecast/forcst_f.html

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada

http://www.statcan.ca/

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