Prévisions sur le revenu agricole en 2005 et 2006

Ottawa (Ontario), février 2006 – Agriculture et Agroalimentaire Canada, de concert avec les gouvernements provinciaux et Statistique Canada, a établi ses prévisions du revenu agricole pour 2005 et 2006.

Prévisions du revenu agricole de 2005
Revenu agricole
On prévoit que le revenu net comptant diminue de 2 p. 100 en 2005 et qu’il se situe à un niveau inférieur de 4 p. 100 à la moyenne de 2000-2004. La baisse du revenu net comptant s’explique principalement par l’effet combiné de la diminution de 5 p. 100 des recettes des cultures et la faible augmentation de 1 p. 100 des dépenses. Cet effet combiné fait plus que contrebalancer la forte croissance des recettes du bétail.

Les provinces des Prairies devraient connaître une diminution du revenu agricole en raison de la baisse des recettes des cultures, attribuable à un recul marqué des prix des cultures et à une augmentation des dépenses résultant des prix exceptionnellement élevés des carburants agricoles et du prix élevé des fertilisants. Le revenu agricole au Manitoba devrait être touché particulièrement durement en raison des importantes inondations du printemps 2005.

Il est prévu que le revenu net réalisé, qui tient compte de la dépréciation, diminue de 8 p. 100 à l’échelle du Canada, en raison de la baisse de ce revenu qui est prévue dans les provinces des Prairies et à l’Île-du-Prince-Édouard. En 2005, le revenu net en espèces serait négatif en Saskatchewan et à l’Île-du-Prince-Édouard.

On s’attend à ce que le revenu net total, qui prend en compte les fluctuations des inventaires de produits agricoles, diminue de 26 p. 100 en 2005.

La devise canadienne a poursuivi son raffermissement en 2005 et a maintenu un taux de change annuel moyen de 0,825 $US comparativement à un taux de 0,768 $US en 2004. Puisque les prix d’un grand nombre de produits agricoles sont déterminés sur les marchés américains et exprimés en dollars US, la force du dollar canadien a continué d’exercer une importante pression à la baisse sur les prix des produits de base exprimés en dollars canadiens.

Recettes des cultures
Il est prévu que les recettes tirées des cultures diminuent de 5 p. 100 à l’échelle du Canada en 2005, en raison d’une diminution marquée des prix des céréales et des oléagineux, baisse supérieure à la forte croissance prévue dans le secteur des légumes et dans les secteurs de la floriculture et des pépinières.

Les recettes tirées des céréales et des oléagineux devraient diminuer de façon marquée en 2005 en raison des prix plus faibles prévus pour les principales cultures. Ces baisses des prix devraient plus que contrebalancer le volume plus élevé des mises en marché. Une production plus élevée en Amérique du Nord et une devise canadienne plus forte contribuent à la baisse du prix des céréales et des oléagineux. Les récoltes ont été supérieures à la moyenne partout au Canada, sauf au Manitoba. Le taux d’humidité trop élevé qui a sévi au Manitoba a empêché l’ensemencement de vastes surfaces, entraîné l’abandon de surfaces ensemencées et réduit le rendement de façon marquée dans les régions les plus touchées.

Les secteurs de la floriculture et des pépinières devraient connaître une croissance élevée, de même que les secteurs des légumes. La croissance des recettes serait de 6 p. 100. Les recettes des secteurs de la floriculture et des pépinières devraient continuer de croître à un rythme élevé, en reflétant l’augmentation du revenu personnel disponible.

Recettes du bétail
Les recettes tirées du bétail devraient augmenter de 5 p. 100 en 2005, portées par de solides gains dans le secteur des bovins et du veau qui devraient plus que compenser la baisse marquée des recettes dans le secteur du porc.

Les recettes des bovins devraient augmenter de façon marquée en 2005 tout en demeurant inférieures aux niveaux d’avant la crise de l’ESB. Les prix et les mises en marché de bovins devraient afficher une croissance marquée avec la reprise, le 18 juillet, du commerce du bétail vivant de moins de 30 mois avec les États-Unis. La reprise du commerce devrait se traduire par un ré-alignement partiel des prix canadiens du bétail avec les prix en vigueur aux États-Unis, à l’exception du bétail vivant et de la viande provenant de bovins de plus de 30 mois, dont l’exportation demeure interdite. Les mises en marché de bovins devraient augmenter de 10 p. 100, une augmentation presque entièrement attribuable à la reprise des exportations de bovins de moins de 30 mois, tandis que le volume des animaux abattus devrait demeurer à un niveau traditionnellement élevé.

Les recettes tirées du secteur du veau devraient progresser de 16 p. 100 en 2005, la hausse marquée des prix compensant une légère baisse des mises en marché. Le prix plus élevé du veau reflète l’amélioration des perspectives du marché canadien des bovins gras.

Les recettes du secteur porcin devraient diminuer de 11 p. 100, en raison d’une baisse des prix et de la diminution des abattages au pays et des exportations. La production porcine devrait demeurer rentable malgré la baisse des recettes, puisqu’il est prévu que les prix resteront encore relativement élevés et que les céréales demeureront relativement peu coûteuses en raison de l’offre élevée.

On prévoit une augmentation des recettes des produits soumis à la gestion de l’offre qui serait attribuable à la hausse des prix des produits laitiers.

Paiements des programmes
Les paiements directs au titre des programmes devraient augmenter légèrement pour atteindre 4,9 milliards de dollars en 2005, ce qui représente un nouveau record pour une deuxième année consécutive. On prévoit une forte augmentation des paiements au titre du PCSRA de 2005 en raison des graves difficultés éprouvées par l’industrie bovine en 2004. Les programmes fédéraux et provinciaux ont réagi rapidement aux difficultés qui se sont manifestées dans le secteur des bovins et celui des céréales et des oléagineux, et des paiements substantiels ont été versés aux producteurs. Depuis la découverte d’un cas d’ESB en 2003, les gouvernements ont versé 14,5 milliards de dollars afin d’aider les producteurs à traverser cette période difficile.

Dépenses
Les dépenses d’exploitation devraient rester à peu près inchangées, les hausses du prix des intrants, surtout au niveau du carburant pour la machinerie, des fertilisants et de l’achat du bétail compensant la baisse du coût des aliments pour les animaux. Les prix des carburants au Canada ont atteint des sommets inégalés en raison de l’incertitude politique internationale et de la faible croissance des réserves de pétrole brut en regard de la forte hausse de la demande de carburant. La situation a été aggravée par la perte de capacité de raffinage sur la côte américaine du golfe du Mexique à la suite du passage des ouragans Katrina et Rita. Le prix des fertilisants a aussi connu une forte progression en 2005 en raison de l’équilibre serré entre l’offre et la demande et de la hausse des prix de l’énergie. À la suite de la réouverture de la frontière américaine aux exportations de bovins vivants, le prix du boeuf et du veau devrait augmenter de façon marquée, entraînant une hausse du coût d’achat des animaux. Par contre, le prix des aliments pour les animaux devrait diminuer considérablement en raison de l’offre élevée et de la force du dollar canadien.

Prévisions du revenu agricole de 2006
Revenu agricole
On s’attend à ce que le revenu net comptant diminue de 16 p. 100 à l’échelle du Canada, la baisse des paiements de programmes combinée à l’augmentation des dépenses d’exploitation devant annuler une légère augmentation des recettes du bétail et des cultures.

À l’échelle des provinces, le revenu net comptant devrait augmenter en Alberta, en Colombie-Britannique, à Terre-Neuve, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard. Il devrait reculer dans les autres provinces et subir une baisse de 60 p. 100 au Manitoba. Cette province continue de composer avec les conséquences des grandes inondations de 2005 qui pourraient entraîner une baisse marquée des quantités de céréales et d’oléagineux disponibles pour la mise en marché en 2006.

En tenant compte de la dépréciation, le revenu net réalisé devrait être négatif au Manitoba, en Saskatchewan et à l’Île-du-Prince-Édouard.

Recettes des cultures
Les recettes tirées des cultures devraient augmenter de 3 p. 100 en 2006 en raison d’une hausse des mises en marché de céréales et d’oléagineux à la suite du volume élevé des récoltes de 2005. Une production quasi-record de maïs et de soya aux États-Unis en 2005, combinée à de bonnes récoltes au Canada, devrait se traduire par un accroissement de l’offre et d’importants inventaires de fin de campagne. Conjuguée au raffermissement constant de la devise canadienne, l’offre élevée devrait entraîner une baisse du prix de la plupart des céréales et des oléagineux. Les prix du blé, de l’orge et du maïs devraient augmenter légèrement en 2006, tout en restant bas, les prix des grains ayant été extrêmement bas en 2005. On prévoit que les recettes des cultures spéciales diminuent de 12 p. 100.

Les recettes du secteur de l’horticulture devraient augmenter en 2006 et celles du secteur des fruits et légumes et des secteurs de la floriculture et des pépinières devraient continuer d’augmenter allégrement. Les recettes du secteur des pommes de terre devraient augmenter, la hausse des prix compensant amplement la diminution des mises en marché

Recettes du bétail
Il est prévu que les recettes du bétail augmentent de 2 p. 100 en 2006, portées par le redressement continu de l’industrie des bovins. Les recettes tirées du secteur des bovins devraient progresser de 7 p. 100, l’augmentation des prix et des mises en marché bénéficiant d’une année complète d’exportation de bovins de moins de 30 mois vers les États-Unis et de la reprise du commerce des bovins de moins de 20 mois avec le Japon.

Les recettes du secteur porcin devraient connaître une autre diminution de 4 p. 100 en 2006, la baisse prévue des prix du porc annulant largement la hausse prévue des mises en marché.

Les recettes agricoles provenant des produits soumis à la gestion de l’offre devraient rester à peu près inchangées en 2006, l’augmentation prévue des recettes des produits laitiers découlant de l’augmentation prévue des prix du lait devant compenser la légère diminution des recettes du secteur de la volaille causée par la baisse prévue du prix du poulet.

Paiements au titre des programmes
Les paiements directs au titre des programmes devraient diminuer de 15 p. 100 en 2006, et représenter encore le quatrième montant le plus élevé enregistré. La diminution des dépenses liées aux programmes est attribuable principalement à la fin des programmes d’aide spéciaux destinés à l’industrie bovine qui se remet progressivement de la crise de l’ESB.

Dépenses
On s’attend à ce que les dépenses d’exploitation augmentent de 3 p. 100 en 2006, en raison principalement de l’augmentation du prix des aliments pour animaux, des coûts d’intérêt et du coût de la main-d’oeuvre agricole. Les prix plus élevés des aliments reflètent une demande relativement élevée et des approvisionnements moins élevés. On s’attend à ce que les dépenses au titre des intérêts augmentent en raison du plus grand nombre de prêts agricoles à rembourser et des taux d’intérêt plus élevés, alimentés par une économie canadienne plus forte en 2006. Les frais de main-d’oeuvre devraient augmenter en raison d’une hausse des salaires. Par contre, les coûts du bétail acheté par les éleveurs devraient diminuer en raison d’une baisse des achats au Canada résultant de la hausse des exportations de bovins de moins de 30 mois vers les États-Unis. Les prix du carburant pour la machinerie devraient augmenter modérément en 2006.

Les prévisions du revenu agricole résultent d’un consensus fédéral-provincial sur des estimations ponctuelles. Les résultats réels du revenu agricole peuvent différer des prévisions pour un certain nombre de raisons. L’écart entre la prévision de 2006 et le résultat réel pourrait être particulièrement important en raison de la hausse rapide et du niveau historiquement élevé du prix des carburants agricoles en 2005, de la hausse exceptionnellement rapide de la valeur du dollar canadien au cours des trois dernières années et de l’incertitude qui prévaut toujours sur la façon dont le marché canadien des bovins continue de s’adapter à la reprise du commerce avec les États-Unis pour les bovins vivants de moins de 30 mois.

Les prévisions du revenu agricole sont calculées selon l’information disponible à la fin du mois de décembre. Elles reposent sur un certain nombre d’hypothèses dont les plus importantes sont :

  • le montant des droits annoncés le 15 décembre sur le maïs entrant au Canada en provenance des États-Unis qui restera en vigueur durant toute l’année 2006. Bien que l’on s’attende à ce que le gouvernement du Canada prenne une décision vers le milieu de l’année 2006 sur le maintien ou la suppression de ces droits, les prévisions pour 2006 sont basées sur les politiques annoncées ou déjà en place à la fin de décembre;
  • un taux de change moyen de 0,825 $US pendant l’année civile 2005 et de 0,855 $US pendant l’année civile 2006;
  • les prévisions de dépenses qui sont basées sur l’hypothèse d’un prix moyen de 63,33 $US pour le pétrole brut West Texas Intermediate en 2006.

Les prévisions du revenu agricole sont le résultat de l’ensemble des postes de recettes et de dépenses des produits agricoles et, de ce fait, ont tendance à masquer les prévisions pour un poste en particulier. Par exemple, en 2006, on s’attend à ce que les recettes totales tirées de la vente de bétail augmentent considérablement en raison d’une forte performance du secteur bovin, ce qui masque la baisse prévue des recettes tirées du secteur porcin. De même, le revenu des exploitations agricoles peut varier énormément selon les produits, les conditions climatiques dans chaque région, le mode de gestion et de nombreux autres facteurs.

Notes
Les prévisions sur le revenu agricole ont été établies par le Ministère, de concert avec les gouvernements provinciaux. Elles reflètent les informations disponibles et les politiques en place à la fin du mois de décembre. AAC est chargé de préparer des prévisions préliminaires en se fondant sur un ensemble d’hypothèses sur les quantités et les prix et en consultant les provinces afin de parvenir à un consensus sur les prévisions et leur diffusion au grand public.

On prévoit que le montant des droits de 1,65 $US par boisseau sur le maïs importé au Canada en provenance des États-Unis restera en vigueur durant toute l’année civile 2006. Bien que l’on s’attende à ce que le gouvernement du Canada prenne une décision vers le milieu de 2006 sur le maintien ou la suppression de ces droits, la prévision pour 2006 est basée sur les politiques annoncées ou déjà en place à la fin de décembre. Des taux de change moyens de 0,825 $US pendant l’année civile 2005 et de 0,855 $US pendant l’année civile 2006 ont été utilisés dans la préparation de ces prévisions.

Le revenu net comptant mesure les liquidités des exploitations agricoles (recettes brutes moins les dépenses d’exploitation) qui proviennent des produits agricoles. Il représente l’argent dont disposent les producteurs pour rembourser leurs dettes, engager des investissements ou effectuer des retraits. Le revenu net réalisé mesure les flux financiers, à la fois monétaires (revenu monétaire) et non monétaires (dépréciation et revenu en nature) des exploitations agricoles. Il représente le revenu agricole net d’une année donnée, peu importe l’année où les biens agricoles ont été produits. Le revenu net total mesure les flux financiers et les changements d’inventaire des exploitations agricoles. Il mesure la valeur de la production économique agricole durant l’année où les biens agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux propres, la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et les risques.

Même si les prévisions sont présentées sous forme d’un seul chiffre, chaque chiffre représente en fait le point médian d’une fourchette prévisionnelle et la valeur réelle pourrait différer considérablement. Un changement mineur aux recettes ou aux dépenses peut avoir des conséquences majeures sur les niveaux de revenu net. Par exemple, une augmentation de 1 p. 100 des recettes agricoles de 30 milliards de dollars entraînerait une hausse de 11 p. 100 du revenu net en espèces se chiffrant à 2,8 milliards de dollars.

L’année de référence (2004) représente les estimations publiées par Statistique Canada le 25 novembre 2005.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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