Québec veut favoriser l’achat d’aliments québécois

Le gouvernement québécois a présenté mardi la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois dont l’objectif est d’augmenter de façon considérable la part d’aliments produits et transformés au Québec achetés par les institutions québécoises. Cette nouvelle Stratégie vise à ce que 85 % des établissements publics se soient donné une cible d’achat d’aliments québécois d’ici 2023 et 100 % d’ici 2025. Elle prévoit notamment la création d’un répertoire des aliments québécois, la création d’un service d’accompagnement (en collaboration avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec) ainsi qu’un nouveau programme de développement des marchés bioalimentaires.

Les établissements d’enseignement et les établissements de santé sont particulièrement visés.

Selon ministère le l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), la valeur des ventes alimentaires du milieu institutionnel était d’environ 2,4G$ en 2019. Les instituons en question font partie notamment des réseaux de la santé, de l’éducation, des services de garde, des services municipaux, des services correctionnels, des transports et des sociétés d’État et des ministères.

La ministre du MAPAQ André Lamontagne, qui a présenté la stratégie, souhaite que d’ici 2025, toutes les institutions publiques fassent de l’achat québécois une priorité dans leur approvisionnement.

La Politique bioalimentaire 2018-2025 – Alimenter notre monde a pour sa part comme cible d’ajouter, d’ici 2025, 10 milliards de dollars de contenu québécois dans les produits achetés au Québec. Le budget présenté en 2019 prévoyait quant à lui une somme de 10 millions de dollars sur une période de 5 ans pour mettre en œuvre des initiatives destinées à favoriser l’accroissement des achats d’aliments québécois dans le milieu institutionnel.

Avec la COVID-19, la question de l’autonomie alimentaire a été mise de l’avant. Quelques mesures ont déjà été annoncées pour favoriser certains secteurs, dont la production en serres.

Diverses mesures seront adoptées:

  • La création d’un service d’accompagnement des institutions publiques, en collaboration avec l’Institut de tourisme et d’hôtellerie de Québec (ITHQ);
  • La création du Répertoire des aliments québécois, pour permettre aux institutions de connaitre les produis disponibles;
  • Le nouveau Programme de développement des marchés bioalimentaires, qui vise à accroître la commercialisation des aliments québécois dans les institutions;
  • Le programme de reconnaissance Aliments du Québec au menu, développé par Aliments du Québec et Équiterre avec le soutien du MAPAQ pour souligner les efforts  des établissements à poursuivre les buts de la stratégie;
  • Une aide financière de 900,000 $ accordée à l’organisation M361, pour soutenir les établissements scolaires primaires et secondaires dans la réalisation de projets favorisant l’achat d’aliments québécois ;
  • Un comité regroupant les principaux ministères responsables des différents réseaux publics et destiné à assurer l’engagement des parties et la cohésion des actions pour l’achat d’aliments québécois.

“C’est une excellente nouvelle non seulement pour le secteur bioalimentaire du Québec, mais également pour notre économie, qui s’en trouvera stimulée et renforcée, et pour les consommateurs, qui profiteront d’une nourriture produite avec le souci de la qualité et selon des standards très élevés”, a déclaré M.Lamontagne par voie de communiqué de presse.

L’UPA a également applaudi la nouvelle Stratégie. « Plusieurs gouvernements ont tenté d’augmenter l’achat d’aliments québécois dans nos institutions, mais c’est la première fois que des cibles précises sont exigées. C’est une bonne nouvelle, d’autant plus que l’ensemble de l’appareil gouvernemental est directement interpellé », a déclaré le président général de l’UPA, Marcel Groleau.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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