Rendez-vous végétal 2018, un autre succès

Déjà rendu à sa 10e édition, le Rendez-vous végétal constitue un événement phare du calendrier agricole. Les organisateurs ont offert aux quelque 470 participants un programme de conférences aligné sur les grandes priorités de l’heure en grandes cultures. L’événement s’est tenu le 7 février à la salle de spectacle L’Étoile-Banque Nationale du quartier Dix30, à Brossard.

Martin Hébert

Les conseillers Stéphanie Brazeau et Martin Hébert, du Groupe Pro-Conseil, ont décrit comment une connaissance fine du coût de production peut aider à accroître la rentabilité d’une culture. Les conférenciers se sont livrés notamment à un exercice où ils ont fait varier différents facteurs susceptibles d’influencer le profit net à l’hectare. À tour de rôle, ils ont fait augmenter le prix du grain de 10%, fait grimper le rendement de 10%, abaissé les frais variables de 10% et diminué les frais fixes de 10%. Il en ressort que c’est sur le prix du grain et le rendement qu’il est le plus avantageux de travailler pour améliorer son profit.

Luciev Kablan

De son côté, la chercheure Luciev Kablan, de la Coopérative fédérée, a démontré que les applications d’azote dans le maïs gagnent à être modulées selon la date de semis, la texture de sol, la pluviométrie et le potentiel de rendement de la parcelle. Cette conclusion découle des résultats obtenus lors d’essais portant sur 11 hybrides et sur 815 parcelles et ce, durant 11 saisons de culture. Ces résultats font d’ailleurs l’objet d’un article dans la revue scientifique Agronomy Journal.

Ainsi, ces essais ont permis de déterminer qu’en Montérégie, dans un loam argileux, l’optimum économique était atteint en moyenne avec des applications totales de 205 kilos à l’hectare si le semis est fait avant la mi-mai. En revanche, si ce dernier survient après cette date, l’optimum chute à 193 kilos. Dans un sol sableux, les optimums se situent respectivement à 210 et 199 kilos.

Dan Friberg

L’agriculture de précision peut atteindre un degré de raffinement impressionnant quand elle s’appuie sur une solide banque de données. Dan Friberg , p.d.g. de Premier Crop System LLC, a décrit l’utilisation que sa firme fait des mégadonnées (big data). Celles-ci permettent de connaître à fond les caractéristiques de chaque section de 60 pieds par 60 d’un champ. Il devient ainsi possible d’expliquer le rendement obtenu à cet endroit précis. Cette connaissance fine du champ permet ensuite de moduler des intrants comme la semence, la chaux et les fertilisations pour maximiser le rendement économique. «On n’utilise pas moins d’intrants qu’avant, a précisé M. Friberg. On en met moins dans les zones à faible potentiel et on déplace les intrants non utilisés vers les zones à haut potentiel.»

Être en mesure de prévoir la météo onze mois à l’avance serait fabuleux, n’est-ce pas? La firme Weather Trends International se targue de pouvoir le faire avec un taux de succès moyen de 86 pour cent. Son représentant, Richard Woolley, a décrit l’approche originale qu’ils ont développée. Une approche qui repose sur les statistiques et sur l’observation de facteurs climatiques majeurs. Parmi ces derniers figurent, par exemple, les courants océaniques comme l’Oscillation nord-atlantique, les cycles climatiques tel le Cycle quasi biennal et les cycles du soleil. La firme identifie les années passées où des conditions semblables sont survenues et elle analyse les conditions météorologiques qui ont alors prévalu. «La présente année -2018- semble reproduire ce qui est survenu en 1960, 1985 et 1990», a indiqué M. Woolley, ajoutant : «Les analogues nous disent que février sera plus froid que l’an dernier, mais plus chaud que la moyenne.»

Simon Brière a constamment à l’œil le marché des grains. Oeuvrant au sein de la firme R.J. O’Brien & Associés Canada, ce spécialiste de la gestion de risque a présenté de façon très animée et colorée les principaux facteurs susceptibles d’influencer le prix des grains cette année.

Luc Dupont

Pour sa part, Luc Dupont cumule les titres : professeur à l’Université d’Ottawa, chercheur associé à l’Observatoire des médias sociaux en relations publiques, etc. C’est aussi un commentateur recherché par les médias. Il a démontré de façon éloquente l’importance pour toute organisation de cultiver son image dans les médias et, en particulier, sur internet. Soulignant qu’il a passé le dernier mois à «épier» le secteur agroalimentaire, il a illustré son propos avec des bons coups réalisés par différentes organisations.

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