Revenu agricole net en 2006

Ottawa (Ontario), 26 novembre 2007 – En 2006, pour une deuxième année consécutive, le revenu net réalisé par les agriculteurs canadiens a chuté pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2003. L’augmentation des taux d’intérêt, des salaires et des coûts du carburant, conjuguée à la diminution des recettes porcines et des paiements de programme, a largement suffi à faire contrepoids à l’augmentation des recettes provenant des cultures et des bovins.

Le revenu net réalisé (la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation d’un agriculteur moins l’amortissement plus le revenu en nature) a diminué pour se situer à 844 millions de dollars en 2006. Ce chiffre était également sous la moyenne quinquennale précédente de 2001 à 2005. Le Nouveau-Brunswick et la Saskatchewan ont été les seules provinces à enregistrer une hausse du revenu net réalisé en 2006.

Les recettes monétaires agricoles totales tirées du bétail et des cultures de même que les paiements de programme ont augmenté de 0,5 % pour atteindre 36,9 milliards de dollars. Entre-temps, la hausse des taux d’intérêt, du coût de l’énergie et des coûts de la main-d’oeuvre a fait augmenter de 3,5 % les dépenses d’exploitation agricoles, qui ont atteint 31,6 milliards de dollars.

Le revenu net réalisé peut varier beaucoup d’une ferme à l’autre en raison de plusieurs facteurs, y compris les élevages ou les cultures choisis, les prix, les conditions climatiques et les économies d’échelle. Cette mesure ainsi que d’autres mesures agrégées du revenu agricole sont calculées à l’échelon provincial à partir des mêmes concepts utilisés pour mesurer les résultats de l’ensemble de l’économie canadienne. Elles mesurent le revenu de l’exploitation agricole, et non pas le revenu du ménage agricole. Pour obtenir plus de détails sur les recettes monétaires agricoles au cours des trois premiers trimestres de 2007, voir le communiqué intitulé «Recettes monétaires agricoles», lequel est publié aujourd’hui.

Les données financières recueillies au moyen d’enquêtes et à partir d’autres sources en ce qui a trait à l’exploitation agricole individuelle seront bientôt totalisées et offertes pour 2006. Ces données contribueront à expliquer les écarts de rendement des fermes de type et de taille différents.

Ainsi, au cours des dernières années, les données provenant de la Base de données complètes sur les exploitations agricoles de Statistique Canada ont indiqué que le bénéfice net d’exploitation des fermes réalisant des recettes de 250 000 $ et plus affichait une tendance à la hausse. Par ailleurs, ce n’était pas le cas du bénéfice net d’exploitation des plus petites fermes, bien que bon nombre d’entre elles affichent toujours des revenus agricoles nets positifs.

L’augmentation des recettes des cultures fait grimper les recettes monétaires du marché
Les recettes monétaires du marché, soit les recettes provenant de la vente de cultures et de bétail, ont augmenté de 1,9 % pour atteindre 32,4 milliards de dollars en 2006. Les recettes des cultures ont grimpé de 7,9 % pour se chiffrer à 14,5 milliards de dollars, les prix ayant commencé à se redresser par rapport aux niveaux enregistrés en 2005. L’augmentation des recettes du marché a été modérée par les faibles prix des porcs, lesquels ont fait reculer les recettes du bétail de 2,5 % en 2006.

Des augmentations des livraisons et des prix ont concouru à la reprise des recettes des cultures. Les livraisons de canola et de blé ont fortement augmenté en 2006, les agriculteurs ayant utilisé les stocks record, ou quasi record, provenant des récoltes de 2005 et de 2006.

Les prix se sont accrus au cours de 2006, l’industrie des biocarburants ayant pris de l’expansion et certains des principaux pays exportateurs de céréales ayant connu des conditions de croissance défavorables. En fin d’année, les prix ont également augmenté en raison de l’amélioration des conditions de récolte en 2006, lesquelles ont donné lieu à la commercialisation de cultures de qualité supérieure.

Un bond de 31,0 % des mises en marché a contribué à faire grimper de 37,0 % les recettes du canola, qui se sont établies à 2,5 milliards de dollars. Les producteurs de blé (sauf le blé dur) ont également vu leurs recettes augmenter de 16,4 %. L’augmentation des prix et des mises en marché a soutenu cette croissance.

Une augmentation de 13,7 % des recettes tirées des pommes de terre à la suite de la montée en flèche des prix de 17,0 % a également contribué à l’augmentation des recettes des cultures.

La chute des recettes porcines a fait baisser les recettes du secteur du bétail. Cette baisse de 13,2 % a ramené les recettes porcines à 3,4 milliards de dollars en 2006, ce qui est inférieur de 8,7 % à la moyenne quinquennale précédente. Le principal facteur à l’origine de cette baisse était les prix, qui se sont situés en moyenne à un niveau inférieur de 12,9 % à ceux enregistrés en 2005.

La hausse de 1,8 % des recettes des bovins et des veaux, qui s’est chiffrée à 6,4 milliards de dollars, a atténué la chute des recettes du bétail. Les exportations de bovins ont repris de la vigueur à la suite de la réouverture de la frontière américaine aux bovins vivants âgés de moins de 30 mois le 18 juillet 2005.

Le niveau de 1,0 million de bovins et de veaux exportés en 2006, quoique presque le double du nombre inscrit l’année précédente, était inférieur de 40,0 % au sommet pré-ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) atteint en 2002. Les exportations canadiennes ont été ralenties par la vigueur du dollar canadien et par la réduction de la demande américaine de bovins canadiens, parce que les éleveurs américains, touchés par la sécheresse, ont expédié plus tôt leurs bovins aux parcs d’engraissement.

Dans le secteur des produits assujettis à la gestion de l’offre, les recettes ont subi une faible baisse de 0,8 %, soit la première depuis 2002. Une baisse de 4,3 % des recettes des poulets a été plus que suffisante pour faire contrepoids aux faibles augmentations des recettes des oeufs et des dindes. Les recettes laitières sont demeurées pratiquement inchangées par rapport à 2005.

Les paiements de programme diminuent par rapport à des niveaux record
Les paiements de programme ont baissé pour la première fois en trois ans, ayant fléchi pour se fixer à 4,5 milliards de dollars en 2006, en baisse de 8,1 % par rapport au niveau record enregistré en 2005. Malgré le recul, le niveau affiché en 2006 était supérieur de 3,7 % à la moyenne quinquennale précédente.

Certains programmes liés aux problèmes de mouvement de l’encaisse et aux difficultés dans le secteur des bovins ont pris fin en 2006, y compris le Programme de paiements relatifs au revenu agricole et les programmes liés à l’ESB. Toutefois, de nouveaux programmes ont contribué à la prévention d’une chute précipitée des paiements. Il s’agissait notamment du Programme de paiements pour les producteurs de céréales et d’oléagineux et de l’Initiative de transition du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA) pour l’évaluation des stocks de même que d’autres améliorations du PCSRA.

Les paiements d’assurance-récolte ont également joué un rôle, ayant reculé de 21,1 % en raison des meilleures conditions de croissance qui ont prévalu en 2006.

Dépenses d’exploitation : Les producteurs subissent les conséquences de l’augmentation des taux d’intérêt, des coûts de la main-d’oeuvre et du prix du carburant
Les dépenses d’exploitation agricoles ont augmenté de 3,5 % par rapport à 2005, soit la plus forte augmentation annuelle observée depuis 2001. L’augmentation des taux d’intérêt, du prix du carburant et des coûts de la main-d’oeuvre a contribué à faire grimper les dépenses d’exploitation, lesquelles ont atteint 31,6 milliards de dollars en 2006. Toutefois, cette hausse était légèrement inférieure à l’augmentation moyenne en pourcentage des dépenses au cours de la période décennale précédente (de 1996 à 2005).

Les intérêts débiteurs ont grimpé de 16,4 %, ce qui représente l’augmentation la plus prononcée depuis 1981. Les taux d’intérêt préférentiels pour les entreprises ont bondi de plus de 30 %, tandis que les taux hypothécaires pour les termes d’un an ont augmenté de plus de 20 % par rapport aux creux atteints au cours des dernières années. La dette agricole a continué d’augmenter, en hausse de 4,3 % en 2006, ce qui constituait une augmentation légèrement inférieure à l’augmentation moyenne de 5,1 % affichée au cours de la période quinquennale précédente.

Même si l’augmentation du prix du carburant s’est atténuée en 2006, l’augmentation des prix du diesel et de l’essence explique largement la hausse de 5,6 % du coût du carburant pour les machines. Les coûts de la main-d’oeuvre ont poursuivi leur ascension, ayant augmenté de 3,0 % en 2006. Les exploitants agricoles ont éprouvé des difficultés à trouver des travailleurs dans un marché du travail de plus en plus concurrentiel.

Les producteurs du Manitoba ont vu leurs dépenses d’exploitation augmenter de 6,8 %, soit l’augmentation en pourcentage la plus importante au Canada. S’est ajoutée aux facteurs déjà mentionnés une augmentation des dépenses liées aux cultures causée par un retour à des niveaux plus habituels d’acres ensemencés. En 2005, les superficies ensemencées en grandes cultures avaient baissé de 9,3 % en raison de l’humidité excessive qui a empêché la semence dans une bonne partie du sud-est du Manitoba.

La baisse des stocks agricoles fait chuter le revenu net total
La valeur des stocks a chuté de 849 millions de dollars en 2006, en raison principalement de la conversion des stocks à la ferme de canola et de blé dur en mises en marché et de la diminution des stocks de céréales fourragères. L’augmentation des stocks à la ferme de pommes de terre et de soya a contribué à atténuer l’effet de ces baisses.

Après les sécheresses de 2001 et de 2002 qui avaient fait chuter les stocks à la ferme de céréales et d’oléagineux à des niveaux qui n’avaient pas été observés depuis la fin des années 1980, les récoltes abondantes des dernières années avaient fait augmenter les stocks pour atteindre des niveaux record ou quasi record en 2005. Malgré l’importante valeur de la variation des stocks en 2006, les stocks à la ferme sont demeurés à des niveaux très élevés.

Le recul des stocks à la ferme de bétail a fortement contribué à la chute de la valeur des stocks. Les stocks de bovins ont baissé de 3,6 %, dans la foulée de la reprise des exportations des bovins vivants vers les États-Unis, et les stocks de porcs ont diminué de 1,3 %.

La diminution des stocks à la ferme a joué un rôle important dans la baisse du revenu net total, qui a chuté de 2,3 milliards de dollars en 2006 pour s’établir à -6 millions de dollars, soit un niveau bien inférieur à la moyenne quinquennale précédente (2,7 milliards de dollars). Le revenu net total rajuste le revenu net réalisé en fonction des variations de la valeur des stocks de cultures et de bétail appartenant aux agriculteurs.

Revenu agricole net
 2005r2006r2005 à 2006
 en millions de dollarsvariation en %
+ Recettes monétaires totales36 68436 8840,5
– Dépenses d’exploitation totales après remises30 49831 5683,5
= Revenu net comptant6 1865 316-14,1
+ Revenu en nature126119-5,6
– Frais d’amortissement4 6154 591-0,5
= Revenu net réalisé1 697844-50,3
+ Valeur de la variation des stocks589-849
= Revenu net total2 286-6
rrévisé
n’ayant pas lieu de figurer

Revenu agricole net
 CanadaT.-N.-L.Î.-P.-É.N.-É.N.-B.QcOnt.Man.Sask.Alb.C.-B.
 en millions de dollars
2005r           
+ Recettes monétaires totales36 684913674594336 1858 9033 7886 2217 8322 405
– Dépenses d’exploitation totales après remises30 498853313863755 0067 4783 0545 2736 4702 040
= Revenu net comptant6 18663673581 1781 4247339481 362366
+ Revenu en nature12611223935812207
– Frais d’amortissement4 61564054466211 1124099151 147265
= Revenu net réalisé1 6971-3211559734733345235107
+ Valeur de la variation des stocks5890-20-210-50-6-225628297-44
= Revenu net total2 2861-22192554634210767353263
2006r           
+ Recettes monétaires totales36 884953784484526 1988 8633 6756 6297 8132 333
– Dépenses d’exploitation totales après remises31 568893474003895 1957 7053 2635 3746 7152 090
= Revenu net comptant5 31663148641 0031 1584111 2551 098243
+ Revenu en nature11911223834710167
– Frais d’amortissement4 59164154455991 1114049031 154273
= Revenu net réalisé8440-9-4214428115362-40-24
+ Valeur de la variation des stocks-849127-224-93-130284-592-319-47
= Revenu net total-6118-644348-49299-231-359-71
rrévisé
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Note aux lecteurs
Le revenu net comptant mesure les mouvements de l’encaisse d’une exploitation agricole (les recettes monétaires agricoles moins les dépenses d’exploitation) découlant de la production de produits agricoles. Le revenu net comptant représente le montant disponible pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire.

Le revenu net réalisé mesure les flux financiers, en espèces ou non, de l’entreprise agricole, comparable à un état des résultats (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature). Le revenu net réalisé représente le revenu net tiré de transactions dans une année donnée et comprend la vente de produits, indifféremment de l’année au cours de laquelle ils ont été produits.

Le revenu net total mesure les flux financiers et la variation des stocks des exploitations agricoles (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature et la valeur de la variation des stocks). Le revenu net total attribue une valeur à la production économique agricole au cours de l’année où les produits agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux propres, la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et le risque.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des exploitations agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les exploitations agricoles d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les dépenses d’exploitation agricoles représentent les frais d’exploitation qu’engagent les exploitations agricoles pour les biens et les services qu’elles utilisent dans la production de produits agricoles. Les frais sont comptabilisés lorsque l’agriculteur débourse les fonds.

En raison de la diffusion des données du Recensement de l’agriculture de 2006 le 16 mai 2007, les estimations des recettes monétaires agricoles, des dépenses d’exploitation, du revenu net, de la valeur du capital et des autres données contenues dans la collection Statistiques économiques agricoles sont révisées au besoin. L’ensemble complet des révisions sera diffusé dans Le Quotidien du 24 novembre 2008.

Les publications Revenu agricole net : Statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 2 (21-010-XWF, gratuite), Recettes monétaires agricoles : Statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 2 (21-011-XWF, gratuite), Dépenses d’exploitation agricoles et frais d’amortissement : Statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 2 (21-012-XWF, gratuite), Valeur du capital agricole : Statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 2 (21-013-XWF, gratuite) et Dette agricole en cours : Statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 2 (21-014-XWF, gratuite) sont maintenant accessibles en ligne à partir du module Publications de notre site Web. Sous Publications Internet gratuites, choisissez Agriculture.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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