Revenu agricole net en 2006

Ottawa (Ontario), 28 mai 2007 – Le revenu net réalisé des agriculteurs canadiens a diminué pour une deuxième année consécutive en 2006, pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2003. L’augmentation des taux d’intérêt, des salaires et des coûts du carburant, conjuguée à la diminution des recettes porcines et des paiements de programme, a largement suffi à faire contrepoids à l’augmentation des recettes des cultures et des bovins.

Le revenu net réalisé (la différence entre les recettes monétaires et les dépenses d’exploitation d’un agriculteur moins l’amortissement plus le revenu en nature) a diminué par rapport à 2005 pour s’établir à 1,1 milliard de dollars. Cette somme était également en deçà de la moyenne quinquennale précédente, entre 2001 et 2005. À l’échelon provincial, seuls la Saskatchewan et le Nouveau-Brunswick ont enregistré une hausse du revenu net réalisé en 2006.

Les recettes monétaires agricoles totales tirées du bétail et des cultures de même que les paiements de programme ont crû de 0,6 % pour atteindre 37,0 milliards de dollars, ce qui correspond à la troisième augmentation annuelle consécutive. Entre-temps, la hausse des taux d’intérêt, du coût de l’énergie et des coûts de main-d’oeuvre a fait croître de 3,3 % les dépenses d’exploitation agricoles, qui ont atteint 31,5 milliards de dollars.

Le revenu net réalisé peut varier beaucoup d’une ferme à l’autre en raison de facteurs comme les cultures ou les élevages choisis, les prix, les conditions climatiques, les économies d’échelle et la gestion. Cette mesure ainsi que d’autres mesures agrégées du revenu agricole sont calculées à l’échelon provincial en utilisant les mêmes concepts utilisés pour mesurer les résultats de l’ensemble de l’économie canadienne. Elles mesurent le revenu d’une exploitation agricole et non le revenu du ménage agricole. Pour obtenir plus de renseignements sur les recettes monétaires agricoles au premier trimestre de 2007, consultez la diffusion d’aujourd’hui intitulée «Recettes monétaires agricoles».

Les données financières recueillies au moyen d’enquêtes ou d’autres sources à l’échelle des exploitations agricoles, qui aident à expliquer les différences entre le rendement des divers types et tailles de fermes, ne sont pas encore offertes pour 2006. Au cours des dernières années, par exemple, les données de la Base de données complètes sur les exploitations agricoles de Statistique Canada indiquaient que le bénéfice net d’exploitation des fermes ayant des revenus de 250 000 $ et plus avait tendance à être à la hausse contrairement à celui des plus petites fermes, malgré le fait qu’un bon nombre de ces plus petites exploitations ont maintenu des revenus agricoles nets positifs.

L’augmentation des recettes des cultures fait grimper les recettes monétaires du marché
Les recettes monétaires du marché, les recettes de la vente du bétail et des cultures, ont augmenté de 1,8 % pour atteindre 32,4 milliards de dollars en 2006. Les recettes des cultures ont grimpé de 7,4 % pour atteindre 14,5 milliards de dollars, les prix s’étant redressés par rapport aux creux récents. L’augmentation des recettes des cultures a contribué à faire contrepoids à la diminution des recettes du bétail et des paiements de programme. Le prix des porcs est demeuré bas, ce qui a fait diminuer de 2,4 % les recettes du bétail en 2006.

La reprise des recettes des cultures a été soutenue par l’augmentation des livraisons et des prix. Les livraisons de canola et de blé ont bondi en 2006, les agriculteurs ayant utilisé les stocks record ou quasi-record provenant des récoltes de 2005 et de 2006.

Les prix se sont raffermis au cours de 2006, l’industrie des biocarburants s’étant accrue et certains des principaux pays exportateurs de céréales ayant connu des conditions de croissance défavorables. Vers la fin de l’année, les prix ont également été renforcés par l’amélioration des conditions de récolte en 2006 qui ont donné lieu à la commercialisation de cultures de qualité supérieure.

Les recettes du canola ont grimpé de 34,8 % pour atteindre 2,5 milliards de dollars dans la foulée du bond de 28,7 % des mises en marché. Les producteurs de blé (sauf le blé dur) ont également vu leurs recettes croître de 16,2 %. L’augmentation des prix et des mises en marché a soutenu cette croissance.

Les recettes des pommes de terre ont aussi contribué à l’augmentation des recettes des cultures. Elles ont crû de 15,3 % pour atteindre 899 millions de dollars, les prix ayant bondi de 20,0 %.

Dans le secteur du bétail, les producteurs de porcs ont vu leurs recettes chuter de 13,0 % pour s’établir à 3,4 milliards de dollars. Cette baisse a entraîné les recettes à un niveau inférieur de 8,7 % à la moyenne quinquennale précédente. Le principal facteur à l’origine de cette baisse était les prix, qui se sont situés en moyenne à un niveau inférieur de 12,7 % aux prix enregistrés en 2005.

La hausse des recettes des bovins et des veaux a atténué la chute des recettes du bétail, les recettes des bovins et des veaux ayant augmenté de 2,1 % pour atteindre 6,5 milliards de dollars. Les exportations de bovins ont repris de la vigueur à la suite de la réouverture de la frontière américaine aux bovins vivants âgés de moins de 30 mois le 18 juillet 2005. Le niveau de 1,0 million de bovins et de veaux exportés en 2006, quoique presque le double du nombre enregistré en 2005, était inférieur de 40,7 % au sommet pré-encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) atteint en 2002. La demande réduite de bovins canadiens aux États-Unis, en partie provoquée par les éleveurs américains, malmenés par la sécheresse, expédiant plus tôt leurs bovins aux parcs d’engraissement, conjuguée à la vigueur du dollar canadien, a eu un effet négatif sur les exportations canadiennes.

Le secteur de la gestion de l’offre a vu ses recettes subir une faible baisse de 0,9 %, soit le premier recul depuis 2002. Une baisse de 4,3 % des recettes des poulets a été plus que suffisante pour faire contrepoids aux faibles augmentations des recettes des oeufs et des dindes. Les recettes des produits laitiers sont demeurées essentiellement les mêmes depuis 2005.

Les paiements de programme diminuent par rapport à des niveaux record
Après trois années consécutives d’augmentation, les paiements de programme ont totalisé 4,6 milliards de dollars, en baisse de 7,1 % par rapport au niveau record de 2005. Malgré le recul, le montant observé en 2006 était supérieur de 4,7 % à la moyenne quinquennale précédente.

Certains programmes liés aux problèmes de mouvement de l’encaisse et aux difficultés dans le secteur des bovins ont pris fin en 2006, y compris le Programme de paiements relatifs au revenu agricole et les programmes liés à l’ESB. Toutefois, de nouveaux programmes ont contribué à prévenir une chute précipitée des paiements. Il s’agissait notamment du Programme de paiements pour les producteurs de céréales et d’oléagineux et de l’Initiative de transition du Programme canadien de stabilisation du revenu agricole (PCSRA) pour l’évaluation des stocks de même que d’autres améliorations du PCSRA.

Les paiements d’assurance-récolte ont également joué un rôle, reculant de 21,1 % en raison des meilleures conditions de croissance qui ont prévalu en 2006.

Dépenses d’exploitation : Les producteurs subissent les conséquences de l’augmentation des taux d’intérêt, des coûts de la main-d’oeuvre et du prix du carburant
Les dépenses d’exploitation agricoles ont atteint 31,5 milliards de dollars, en hausse de 3,3 % par rapport à 2005. Il s’agit de l’accroissement annuel le plus élevé depuis 2001. L’augmentation des taux d’intérêt, du prix du carburant et des coûts de la main-d’oeuvre a contribué à cette hausse. Toutefois, la hausse enregistrée en 2006 était légèrement inférieure à l’augmentation moyenne des dépenses au cours de la période décennale précédente (1996 à 2005).

Les intérêts débiteurs ont grimpé de 16,3 %, ce qui représente l’augmentation la plus prononcée depuis 1981. Les taux d’intérêt préférentiels pour les entreprises ont bondi de plus de 30 %, tandis que les taux hypothécaires pour les termes d’un an ont augmenté de plus de 20 % par rapport aux récents creux atteints lors des dernières années. La dette agricole a continué d’augmenter, en hausse de 4,6 % en 2006, ce qui constituait une augmentation légèrement inférieure à la progression moyenne de 5,1 % affichée au cours de la période quinquennale précédente.

Même si l’augmentation du prix du carburant s’est atténuée en 2006, l’accroissement des prix du diesel et de l’essence explique largement la hausse de 5,8 % du coût du carburant pour les machines. Les coûts de la main-d’oeuvre ont poursuivi leur ascension, ayant crû de 3,1 % en 2006. Les exploitants agricoles ont éprouvé des difficultés à trouver des travailleurs dans un marché du travail de plus en plus concurrentiel.

Les producteurs du Manitoba ont vu leurs dépenses d’exploitation progresser de 7,0 %, soit l’augmentation la plus importante en pourcentage au Canada. S’est ajoutée aux facteurs déjà mentionnés une hausse des dépenses de cultures causée par un retour à des niveaux plus normaux d’acres ensemencées. En 2005, les superficies ensemencées en grandes cultures avaient baissé de 10,1 % en raison de l’humidité excessive qui a empêché la semence dans une bonne partie du sud-est du Manitoba.

La baisse des stocks agricoles fait chuter le revenu net total
Le revenu net total a chuté de 80,7 % en 2006 pour s’établir à 479 millions de dollars. Il s’agit d’un niveau inférieur de 82,4% à la moyenne quinquennale précédente. Le revenu net total rajuste le revenu net réalisé en fonction des variations des stocks appartenant aux agriculteurs de cultures et de bétail.

La baisse des stocks de bétail à la ferme a contribué de façon importante à la valeur négative des variations des stocks en 2006. Les stocks de bovins ont baissé de 3,5 % dans la foulée de la reprise des exportations des bovins vivants vers les États-Unis, et les stocks de porcs ont diminué de 2,7 %.

De même, la conversion des stocks de canola à la ferme en mises en marché et la diminution des stocks de céréales fourragères n’ont pas été entièrement compensées par l’augmentation des stocks de blé (sauf le blé dur), de pommes de terre et de soya.

Revenu agricole net
 CanadaT.-N.-L.Î.-P.-É.N.-É.N.-B.QcOnt.Man.Sask.Alb.C.-B.
 en millions de dollars
2005r           
+ Recettes monétaires totales, y compris les paiements36 799913684614336 1898 9453 8056 2637 8542 390
– Dépenses d’exploitation totales après remises30 496853303863755 0047 4953 0555 2656 4602 041
= Revenu net comptant6 30263874591 1851 4507509971 394349
+ Revenu en nature147112239491210247
– Frais d’amortissement4 61564054466211 1124099151 147265
= Revenu net réalisé1 8341-123156033873529227191
+ Valeur de la variation des stocks6450-21-18-258-228657290-44
= Revenu net total2 4791-22222357839512574956247
2006p           
+ Recettes monétaires totales, y compris les paiements37 014963804524506 2528 9273 6866 6337 7962 342
– Dépenses d’exploitation totales après remises31 515893473983905 1607 7523 2695 3236 6952 093
= Revenu net comptant5 49973355601 0921 1744171 3101 102249
+ Revenu en nature188113345691211378
– Frais d’amortissement4 59264154455991 1114059031 154273
= Revenu net réalisé1 0961-741753813225418-16-16
+ Valeur de la variation des stocks-616120-222-105-85332-409-345-45
= Revenu net total479114140433483578-361-62
rrévisé
pprovisoire
Nota: Les chiffres ayant été arrondis, la somme peut ne pas correspondre aux totaux indiqués.

Les publications Revenu agricole net : statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 1 (21-010-XWF, gratuite), Recettes monétaires agricoles : statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 1 (21-011-XWF, gratuite), Dépenses d’exploitation agricoles et frais d’amortissement : statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 1 (21-012-XWF, gratuite), Valeur du capital agricole : statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 1 (21-013-XWF, gratuite) et Dette agricole en cours : statistiques économiques agricoles, vol. 6, no 1 (21-014-XWF, gratuite) sont maintenant accessibles à partir du module Publications de notre site Web. Sous Publications Internet gratuites, choisissez Agriculture.

Note aux lecteurs
Le revenu net comptant mesure les mouvements de l’encaisse d’une exploitation agricole (les recettes monétaires agricoles moins les dépenses d’exploitation) découlant de la production de produits agricoles. Le revenu net comptant représente le montant disponible pour le remboursement des dettes, l’investissement ou les retraits par le propriétaire.

Le revenu net réalisé mesure les flux financiers, en espèces ou non, de l’entreprise agricole, comparable à un état des résultats (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature). Le revenu net réalisé représente le revenu net tiré de transactions dans une année donnée et inclut la vente de produits, indifféremment de l’année dans laquelle ils ont été produits.

Le revenu net total mesure les flux financiers et la variation des stocks des exploitations agricoles (le revenu net comptant moins l’amortissement plus le revenu en nature et la valeur de la variation des stocks). Le revenu net total attribue une valeur à la production économique agricole au cours de l’année où les produits agricoles ont été produits. Il représente le rendement des capitaux, de la main-d’oeuvre non rémunérée, la gestion et le risque.

Les recettes monétaires agricoles mesurent le revenu brut des exploitations agricoles en dollars courants. Elles comprennent les ventes de productions végétales et animales (sauf les ventes entre les exploitations agricoles d’une même province) et les paiements de programme. Les recettes sont comptabilisées lorsque l’argent est versé aux agriculteurs, avant déduction des dépenses.

Les dépenses d’exploitation agricoles représentent les frais d’exploitation qu’engagent les exploitations agricoles pour les biens et les services qu’elles utilisent dans la production de produits agricoles. Les frais sont comptabilisés lorsque l’agriculteur débourse les fonds.

En raison de la diffusion des données du Recensement de l’agriculture de 2006 le 16 mai 2007, les estimations des recettes monétaires agricoles, des dépenses d’exploitation, du revenu net, de la valeur du capital et des autres données contenues dans la série Statistiques économiques agricoles seront modifiées au besoin. Ces modifications seront annoncées lors d’une prochaine diffusion de la série dans Le Quotidien. Pour obtenir plus de renseignements sur le Recensement de l’agriculture, consultez le communiqué «Recensement de l’agriculture de 2006 : exploitations et exploitants agricoles» diffusé dans Le Quotidien du 16 mai.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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