Robert Zoellick plaide à Genève en faveur des produits de la biotechnologie

Genève (Suisse), 21 janvier 2002 – Les États-Unis veulent convaincre les pays membres de l’OMC d’ouvrir les marchés mondiaux aux produits biotechnologiques agricoles, qualifiés de « potentiel énorme » contre la malnutrition, a déclaré à Genève le représentant américain pour le commerce, Robert Zoellick.

A une semaine de la première réunion à Genève du comité de négociations commerciales (CNC) qui doit organiser le nouveau cycle, M. Zoellick s’est entretenu de cette priorité américaine avec les ambassadeurs africains, asiatiques et membres du groupe de Cairns –regroupant 18 pays exportateurs agricoles

« Nous estimons que la biotechnologie est très importante, a-t-il dit, pour affronter des problèmes tels que la malnutrition affectant des centaines de millions d’enfants africains, et offrant des possibilités de bénéfices extrêmes, en permettant de faire pousser des plantes avec moins d’engrais et de pesticides ».

M. Zoellick a déclaré que c’était « un des trois messages » qu’il était venu délivrer à Genève, en même temps que la volonté américaine de contribuer à « maintenir le rythme » après la décision de lancer un nouveau cycle de négociations commerciales mondiales à Doha en novembre dernier, et l’appui à l’accroissement des capacités commerciales et de négociations des pays pauvres.

Le responsable américain, dont le pays est leader dans le domaine des biotechnologies, a critiqué des pays européens réticents à accepter les produits agricoles américains –maïs, soja, etc– contenant les OGM (organismes génétiquement modifiés).

« Dans le cas de l’Europe, ils ont maintenant un moratoire, qui dure depuis plusieurs années. Nous avons été très patients », a-t-il dit.

« Franchement, ce serait un réel recul », si des arguments « basés sur des peurs, le manque de données scientifiques » continuaient d’être avancés, a-t-il dit, tout en observant qu’il était « sensible » à l’aspect politique de la question chez les Quinze de l’Union européenne.

« J’ai parlé avec trois ou quatre commissaires européens pour essayer de percevoir s’il allait y avoir un mouvement là-dessus »? a précisé M. Zoellick.

Il a cependant regretté que des Européens cherchent à imposer des « régulations additionnelles » sur des produits qui sont certifiés sûrs et sains.

Cet engagement des Etats-Unis n’est pas « une impulsion momentanée », a-t-il dit. « Nous essayons par exemple de voir comment les Africains seraient à même de s’engager dans ce processus (…) Nous essayons de poser le fondement diplomatique de ce qui devrait être une poussée durable du gouvernement américain, et, nous l’espérons, d’autres pays », a encore souligné M. Zoellick.

Le dossier des OGM est un des sujets qui empoisonne les relations euro-américaines mais qui n’a toujours pas été porté par les Etats-Unis devant l’OMC, en dépit de menaces.

Les OGM américains sont produits par les fermiers américains à partir des semences fournies par les géants du secteur comme Monsanto ou DuPont.

Source : AFP

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