Semis 2017: plus de peur que de mal

Le beau temps qui s’était fait rare depuis le début de mai a finalement pointé le bout du nez la semaine dernière. Il n’en fallait pas plus aux producteurs pour passer à l’action alors que tout le monde rongeait son frein depuis des semaines. Les travaux ont en fait si bien progressé que les semis de maïs, marginaux il y a dix jours, seraient presque complètement terminés. « Le maïs est pas mal canné je dirais », indique Lysanne Gagnon, agronome spécialiste de produits pour Pioneer. « On approche la fin des semis. Tout s’est super bien passé, mis à part les sols plus lourds, argileux où ça été plus difficile »

Même son de cloche chez le représentant de Dekalb, Vincent Chifflot, qui mentionne que tout le monde était « fin prêt » pour débuter les semis. «  De manière conservatrice, je dirais que de 80 à 90% des semis de maïs sont terminés. Les plus gros producteurs devraient avoir terminé jeudi, avant la pluie. Pour les producteurs de taille moyenne ou petite, je dirais que c’est terminé ». Les sols sableux ont été avantagés puisqu’ils se sont drainés rapidement. Le passage du vibro dans les sols lourds a rendu la tâche plus compliquée et a ralenti le début de saison, selon l’agronome.

Autre surprise, le soya a progressé à vitesse grand V en une semaine. Lysanne Gagnon qui parcourt l’ensemble du Québec, évalue les progrès à 40%. M.Chifflot confirme, indiquant que peut-être même la moitié des champs de soya seraient terminés. « Il y a en plusieurs qui ont semé leur soya en même temps que le maïs, et même avant, puisque les champs destinés au soya étaient déjà prêts (…) On a de notre côté terminé 50% de nos parcelles de soya. »

Pour l’instant, il semble que les progrès rapides des travaux n’aient pas entraîné de mouvements de masse vers des changements d’hybrides ou de cultures. Seuls les producteurs qui auraient « ambitionnés » sur les UTM auraient préféré changer d’avis pour opter pour des hybrides plus conformes à leur zone. Vincent Chifflot suggère qu’il se plantera peut-être moins de maïs que prévu, mais préfère garder son avis pour plus tard. « On a livré beaucoup de sacs de manière préventive mais ce sont avec les retours qu’on pourra estimer ce qui s’est réellement passé ».

Au final, les producteurs auront eu plus de peur que de mal pour ce début de saison 2017, estime Lysanne Gagnon. « En général, on a environ une semaine de retard. Dans certaines régions, le retard est davantage dix jours. »

Dans le coin de Lotbinière, Québec et Beauce, le retard serait un peu plus important. « On est environ deux semaines en retard sur une année normale puisqu’on commence habituellement vers le 5 mai et que nous sommes maintenant le 25 mai. »

Pour les semis récents, impossible de savoir encore si la germination ou la levée se fait bien et de manière uniforme. La représentante de Pioneer note toutefois que les producteurs qui ont semé tôt s’en sont bien tirés. Bien que la pourriture des semis, la pluie froide et les insectes aient fait craindre le pire, la levée des plants « est très bonne », avec une population uniforme et une perte dans les normes, d’environ 2 à 5%. Il faudra patienter encore deux à trois semaines pour marcher les champs et observer la levée, selon M.Chifflot, mais il ajoute qu’en ce temps-ci de l’année, le sol est plus chaud et que la germination pourrait se faire à l’intérieur d’une semaine, surtout que le niveau d’humidité est bon dans le sol.

Quant à ce que réserve la saison, il est encore trop tôt pour tirer des conclusions. « C’est sûr qu’on a perdu un peu de rendement en semant aussi tard mais on peut toujours avoir une belle saison qui va s’étirer. Ce qu’il faudra surveiller, c’est l’accumulation des UTM et la date du premier gel mortel », conclut Vincent Chifflot.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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