Ligne de temps

Semis à peine démarrés

Mardi matin, à Sainte-Madeleine, près de Saint-Hyacinthe. Les semoirs au champ soulèvent un peu de poussière. Les conditions sont parfaites, affirme le producteur René-Carl Martin. « On sème le plus qu’on peut aujourd’hui, en espérant qu’il pleuve le plus tard possible. »

René-Carl Martin fait partie des producteurs « chanceux » qui ont pu débuter leurs semis ce lundi, 12 mai, avec environ deux semaines de retard sur ce qui serait considéré une année idéale.

Ailleurs en Montérégie, de nombreux producteurs n’ont pratiquement rien semé, rapporte Gilbert Brault, agronome chez Semences Pride. « La terre est trop humide et trop froide, dit-il. Les conditions actuelles n’assèchent pas assez le sol et le temps est plus froid que la normale. »

Dans d’autres régions, les producteurs ont un peu plus de chance. Les semis de maïs et de soya seraient de 20 à 25 % complétés dans certains secteurs de Lanaudière et des Cantons-de-l’Est, selon Gilbert Brault. « En Montérégie, il n’y a même pas 3 % du maïs qui est semé. Il y a même des producteurs qui ont annulé leurs céréales de printemps, à défaut d’avoir pu les semer assez tôt. »

« Nous sommes vraiment assujettis à dame Nature, souligne René-Carl Martin. C’est hors de notre contrôle. C’est dommage, parce que c’est de l’argent qu’on perd. Après le 10 mai, dans le maïs, on perd 1 % de notre rendement chaque jour. »

 

Changer de maturité
Avec le temps pluvieux prévu au cours des prochains jours et même la semaine prochaine, la situation pourrait devenir très stressante pour les producteurs. Au 20 mai, on peut s’attendre à ce que des superficies prévues pour le maïs changent pour le soya. De nombreux producteurs auront déjà décidé de changer une partie de leurs semences de maïs pour des variétés plus hâtives.

« Depuis deux ou trois ans, nous avons de très belles saisons, alors nous avons tendance à être optimistes sur les unités thermiques, souligne Gilbert Brault. Cette année, il faut être réaliste : on ne s’enligne pas du tout pour avoir un cumul des unités thermiques au-dessus de la moyenne! »

Chez Pride, les stocks de semences de maïs plus hâtives devraient être suffisants, estime Gilbert Brault. Cependant, les producteurs qui échangeront leurs hybrides tardifs pour des variétés de 200 ou 300 UTM inférieures devront s’en remettre à des hybrides qu’ils n’ont jamais essayés sur leurs terres.

à propos de l'auteur

André Dumont's recent articles

Commentaires