Sondage : les agriculteurs français estiment ne pas être reconnus à leur juste valeur

Paris (France), 23 février 2006 – A deux jours du l’ouverture du Salon de l’Agriculture, organisé du 25 février au 5 mars à Paris, les agriculteurs jugent sévèrement la façon dont leur travail est perçu par l’ensemble des Français. Près de neuf sur dix (88,5%) estiment qu’il n’est pas reconnu à sa juste valeur, selon un sondage rendu public par l’institut TLB.

Dans le détail, 63,3% considèrent que leur travail n’est « pas vraiment » reconnu, et 25,2% « pas du tout ». Ils sont par ailleurs 55,5% à juger qu’il y a un décalage « important » entre la réalité de leur métier et la perception qu’en a le grand public, 28,9% des sondés évoquant un décalage « très important ».

Invités à choisir le mot qui résume le mieux selon eux l’attitude des Français à leur égard, les agriculteurs répondent d’abord « incompréhension » (44,7%). Suivent les termes « critique » (34,2%), « désintérêt » (31,1%), « méfiance » (25,3%) et « nostalgie » (25,3% également).

En outre, les agriculteurs jugent à 71,4% que ce qui est « appréciable » dans leur vie, c’est « la liberté d’organiser » leur travail, ainsi que « la vie saine, au contact de la nature » (61,4%). Mais ils sont 73,7% à déplorer la paperasserie. Sont ensuite cités les réglementations (66,6%), l’incertitude économique (54,9%), les revenus (48,5%) et la charge de travail (42%).

A l’origine, ils ont choisi à 58% le métier d’agriculteur « par passion », mais également pour reprendre l’exploitation familiale (57,5%). Par ailleurs, 64,3% estiment être « bien intégrés » dans la société française. Ils sont 58,4% à dire que leur profession n’est « ni plus ni moins favorisée » par rapport aux autres catégories professionnelles.

Ils sont 40,3% à estimer entre 56 et 70 le nombre d’heures de travail par semaine, 27,2% à s’évertuer à la tâche entre 46 et 55 heures et 17,8% à faire de 36 à 45 heures par semaine. Plus de huit pour cent d’entre eux font plus de 70 heures.

Interrogés sur le montant de leur revenu agricole annuel, 30,8% disent qu’il s’élèvera à moins de 6 000 euros, aides comprises. Pour 29,6%, il se situera entre 6 000 et 13 000 euros, tandis que 25,2% percevront de 13 000 à 24 000 euros. Seuls 2,9% toucheront plus de 50 000 euros sur l’année.

Face à la concurrence agricole internationale, l’agriculture française ne compte « plus parmi les plus compétitives et n’a pas les moyens » pour 32,9% des sondés; 31,7% considèrent qu’elle est « parmi les plus compétitives, mais n’a pas les moyens de le rester ». Ils sont 23,3% à juger qu’elle a « les moyens de revenir » parmi les plus compétitives.

Enfin, pour 48,5% des agriculteurs interrogés, l’élargissement de l’Europe est « une menace, un obstacle » pour leur exploitation. Ils sont 28,7% à estimer qu’il s’agit d’un « défi à relever » et 17% affirment qu’elle sera « sans impact véritable ».

– 78 000 questionnaires, soit une exploitation professionnelle sur cinq, ont été envoyés aux agriculteurs de décembre à février. Selon TLB, les résultats sont basés sur les retours de 8 000 répondants.

Source : AP

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