Tétranyques dans le soya

Très commun dans les cultures maraîchères, fruitières et en serre, le tétranyque à deux points s’intéresse cette année au soya, ce qui est plutôt rare. Les dernières infestations rapportées dans le soya au Québec remontent à 2007.

Le Réseau d’avertissements phytosanitaires (RAP) rapporte que depuis un peu plus d’une semaine, on observe des niveaux de populations élevés de tétranyques à deux points (Tetranychus urticae) dans des champs de soya du sud-ouest du Québec, notamment en Montérégie-Est. Dans certains cas, la densité des populations de tétranyques est très élevée (plus de 100 tétranyques par foliole). Les feuilles sont chlorosées (jaunies) et présentent une allure bronzée.

PHOTO : MAAARO

Le tétranyque à deux points n’est pas un insecte, mais plutôt un acarien (minuscule araignée) qui a quatre paires de pattes. Les adultes se reconnaissent aux deux taches noires qu’ils ont sur le dos. Ils mesurent environ 0,4 mm et sont ainsi difficiles à voir à l’oeil nu. Une loupe est utile pour détecter leur présence.

La température est le facteur qui influence le plus la ponte et la durée du développement des tétranyques. De quatre à sept générations peuvent se succéder au cours d’une saison.

À 15 °C, il faut plus d’un mois pour compléter une génération alors qu’à 20 °C, il faut environ deux semaines. À 30 °C, une semaine suffit pour que se développe une génération. Les tétranyques préfèrent une humidité relative très basse. Donc les conditions de sécheresse et de canicule que nous avons connues à partir du début juillet ont favorisé un développement très rapide des populations.

De plus, les prédateurs des tétranyques (acariens prédateurs) sont efficaces sous des conditions climatiques de l’ordre de 20 à 28 °C et avec un certain pourcentage d’humidité, mais au-delà de 30 °C, ces prédateurs sont désavantagés.

Au début d’une infestation de tétranyque à deux points, les symptômes sur le soya sont très légers. Le feuillage présente de minuscules points décolorés plutôt jaunes sur la surface supérieure. Sans un bon dépistage, il est difficile d’observer la présence des tétranyques à ce stade de l’infestation.

Par la suite, sous l’effet d’une canicule, les populations peuvent augmenter très rapidement et le feuillage devient fortement décoloré et bronzé, ce qui peut donner l’impression que l’infestation est soudaine. De plus, comme les plants sont également stressés par la sécheresse, les symptômes peuvent devenir plus spectaculaires.

Une forte infestation de tétranyques peut causer la chute de feuilles du soya, en commençant par le bas du plant. L’infestation d’un champ commence d’abord par les bordures, c’est donc un bon endroit pour entreprendre le dépistage des champs.

Intervenir ou pas?
On se situe souvent dans une zone grise quant à la pertinence de traitements insecticides et à leur retour sur l’investissement. Il faut donc évaluer la situation cas par cas et tenir compte de plusieurs facteurs : stade de la culture, pourcentage du champ qui est affecté, pertes par écrasement causées par le passage d’un pulvérisateur, prévisions météorologiques, potentiel de rendement de la culture (ex. : la sécheresse a-t-elle déjà hypothéqué le rendement?), etc. En cas de doute, n’hésitez pas à en discuter avec votre conseiller.

Pour en savoir plus sur le dépistage, l’évolution des populations en fonction de la météo et sur les traitements insecticides, consultez l’avertissement du RAP (PDF).

 

 

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