Étude : Changements démographiques selon un gradient urbain-rural de 1971 à 2001

Ottawa (Ontario), 26 avril 2007 – Selon une nouvelle étude, la croissance de la population du Canada au cours des 30 dernières années s’est concentrée dans les plus grandes régions métropolitaines du pays ainsi que dans les régions rurales sur lesquelles elles exercent une forte influence.

En général, les taux de croissance diminuent à mesure que le degré de ruralité augmente.

L’étude révèle aussi que la migration d’une région à l’autre du pays a été un facteur clé dans la croissance différentielle des régions.

À l’exception de Montréal, de Toronto et de Vancouver, les régions les plus urbanisées ont connu un fort accroissement démographique en même temps que d’importants accroissements migratoires interrégionaux. Cela a également été le cas pour les régions rurales qui ont subi une forte influence métropolitaine.

Les régions les plus rurales se sont caractérisées par une faible croissance démographique, voire une diminution de leur population, même si leur fécondité a été plus élevée que dans les autres régions. Les migrations ont généralement été moins favorables à ces régions.

La forte croissance observée dans les trois plus grands centres urbains du Canada, à savoir Montréal, Toronto et Vancouver, est en grande partie imputable au nombre élevé d’immigrants internationaux qui ont décidé de s’y établir.

L’étude révèle aussi que la concentration des nouveaux arrivants dans ces trois grands centres urbains a contribué à accroître l’écart qui les sépare du reste du pays en matière de diversité ethnoculturelle.

Par ailleurs, la migration interrégionale a touché les structures par âge des différentes régions, en raison notamment du départ des jeunes adultes vers les plus grands centres urbains.

La population des régions métropolitaines augmente à un rythme trois fois plus élevé que celle des régions ruralesEntre 1971 et 2001, la population des régions métropolitaines a grimpé de 45 %, ce qui représente plus de trois fois le taux de croissance des régions rurales, lequel s’est établi à seulement 13 %.

Toutefois, on note des écarts importants dans les taux de croissance des divers types de régions urbaines et rurales. La plus forte croissance s’est produite dans les régions métropolitaines les plus peuplées ainsi que dans les régions rurales où l’influence métropolitaine est forte.

Ainsi, on compte six régions métropolitaines de recensement ayant une population variant entre 500 000 et 1,1 million d’habitants, et leur taux de croissance combiné a été de 55 % entre 1971 et 2001. Ce taux était tout juste supérieur au taux de croissance combiné de 52 % enregistré à Montréal, à Toronto et à Vancouver. Il s’agit des taux de croissance les plus rapides au pays.

Dans les régions rurales ayant fortement subi l’influence des régions métropolitaines, la population a augmenté de 47 %, ce qui est plus rapide que dans les petites et moyennes régions urbaines.

Pour ce qui est des autres régions rurales, la croissance démographique a été sensiblement plus faible que la moyenne nationale de 37 %. De fait, elle a été négative dans les régions n’ayant subi aucune influence métropolitaine. Ces régions rurales ont connu un déclin de leur population au cours de cette période de 30 ans.

L’étude a aussi révélé que la forte croissance de la population dans les plus grandes régions métropolitaines semblait dépendre de la croissance de leurs municipalités périphériques.

Pendant cette période, la population des municipalités périphériques des plus grands centres urbains a progressé de plus de 100 %, soit quatre fois le taux de croissance de seulement 23 % observé dans les municipalités centrales. Ce phénomène est typique de l’étalement urbain, à savoir un accroissement plus important autour des municipalités centrales qu’au sein de celles-ci.

Les taux de fécondité sont les plus bas dans les plus grandes régions métropolitaines
En 1971, le nombre moyen d’enfants par femme était légèrement supérieur à 2,1, ce qui est tout juste au-dessus de ce qu’on connaît comme le «seuil de remplacement des générations». Au début de 2000, ce taux avait chuté pour se situer à environ 1,5. De fait, 1971 est la dernière année au cours de laquelle le taux de fécondité a dépassé le seuil de remplacement des générations.

L’étude a révélé que la fécondité était la moins élevée dans les régions métropolitaines les plus importantes et qu’elle avait tendance à augmenter en fonction du degré de ruralité.

En fait, si les augmentations de population entre 1971 et 2001 avaient reposé uniquement sur la fécondité, les régions rurales auraient connu une croissance plus rapide que les régions métropolitaines.

Les migrations ont joué un rôle clé dans l’accroissement démographique
Les régions où la population s’est le plus accrue ont en commun d’avoir vu un grand nombre de migrants s’y établir. Dans les trois plus grands centres urbains du pays (Montréal, Toronto et Vancouver), c’est surtout l’immigration internationale qui a alimenté la croissance démographique au cours des 30 dernières années.

Cette immigration soutenue, combinée à la diversification des origines des immigrants, a contribué à la diversité ethnoculturelle de ces trois grandes régions. Le pourcentage de minorités visibles, d’allophones et de personnes de confessions religieuses autres que chrétiennes y est plus élevé que dans tous les autres types de régions.

L’importante croissance des autres régions métropolitaines de plus de 500 000 habitants et des régions rurales où l’influence métropolitaine est forte a été alimentée par des accroissements dans leurs échanges migratoires avec le reste du pays.

La propension des jeunes adultes des milieux ruraux à aller vivre dans les plus grands centres urbains et des adultes plus âgés à quitter ces mêmes centres a eu des répercussions sur la structure par âge des divers types de régions. Les plus grandes régions métropolitaines comptent une proportion de personnes âgées moins importante que dans la plupart des autres types de régions.

Le document de recherche «Changements démographiques au Canada de 1971 à 2001 selon un gradient urbain-rural», qui fait partie de Documents démographiques (91F0015MWF2007008, gratuit), est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web.

Note aux lecteurs
Ce communiqué repose sur un document de recherche intitulé «Changements démographiques au Canada de 1971 à 2001 selon un gradient urbain-rural», paru aujourd’hui.

Cette étude fait appel à des données de recensement pour examiner les différences démographiques qui séparent les régions urbaines et rurales au Canada en classant ces régions selon un gradient qui va des plus grandes régions métropolitaines aux régions les plus rurales. Une structure géographique constante a été appliquée aux données des recensements de 1971 à 2001 afin de garder constantes les frontières géographiques des diverses régions au fil des ans.

Dans cet article, les termes «métropolitain» et «urbain» sont utilisés indifféremment pour désigner les régions formées de régions métropolitaines de recensement (RMR) et d’agglomérations de recensement (AR). «Non métropolitain» et «rural» font référence de leur côté aux autres régions, c’est-à-dire à toutes celles qui ne font partie ni d’une RMR ni d’une AR.

Cette étude analyse la croissance de la population dans huit types de régions urbaines et rurales, de même que la contribution de l’immigration, de la fécondité et de la migration interne à leur croissance différentielle. Elle examine aussi les conséquences des différences démographiques observées quant au vieillissement et à la diversité ethnoculturelle.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

Commentaires