Étude : L’écart entre l’urbain et le rural en matière de professions culturelles

Ottawa (Ontario), 10 septembre 2007 – Les plus grandes villes du Canada sont les plaques tournantes du pays au chapitre des arts et de la culture. On note que la taille de la population active culturelle dans une région dépend en grande partie de la population active totale qui y réside. En dépit de cette réalité, un certain nombre de régions rurales et de petites villes, particulièrement en Colombie-Britannique, au Nunavut et au Québec, présentent des proportions inhabituellement élevées de travailleurs du secteur culturel selon une nouvelle étude.

L’étude intitulée «Vers une géographie de la culture : l’écart entre l’urbain et le rural en matière de professions culturelles» s’appuie sur les données du Recensement de 2001. Le Cadre canadien pour les statistiques culturelles a servi à définir le secteur culturel de la population active et à examiner la proportion de travailleurs culturels par rapport à l’ensemble de la population active dans les villes et les régions rurales canadiennes, ainsi que la diversité des professions culturelles dans ces régions. Bien que certaines régions rurales aient une proportion élevée de professions culturelles, on a constaté, dans le cadre de l’étude, que ces professions tendaient à être spécialisées et que les villes les plus importantes présentaient l’éventail le plus vaste de professions culturelles.

Par rapport à l’ensemble de la population active, on retrouvait la proportion la plus élevée de travailleurs culturels dans le district régional de la capitale de la Colombie-Britannique, près de Victoria. Des quatre régions rurales de la Colombie-Britannique qui comptent des proportions très élevées de professions en arts visuels et en design, trois sont situées dans l’île de Vancouver, et la quatrième, la Sunshine Coast, venant compléter cette «supergrappe» culturelle.

Une autre supergrappe existe dans les environs de Montréal. Elle comprend deux petites villes et trois régions rurales caractérisées par un nombre élevé de professions culturelles. Parmi les villes canadiennes, Montréal présentait la proportion la plus élevée de travailleurs culturels et la population active culturelle la plus diversifiée, ayant un grand nombre de professions en littérature, en arts d’interprétation, en gestion de la culture, en professions techniques et en professions de la fabrication liée à la culture.

Dans les domaines des arts visuels et du design, le Nunavut, et en particulier la région de l’Île de Baffin, présentait aussi une proportion élevée d’emplois dans la production de sculptures en pierre de savon et de gravures, de tapisseries, de tissages et autres objets d’art inuit destinés à l’exportation. Pour une poignée d’autres régions rurales, en particulier au Québec, c’est l’aspect fabrication qui dominait les professions liées à la culture, en raison d’un éventail limité de produits culturels fabriqués exportés vers des marchés plus importants au Canada et à l’étranger.

Parmi les petites villes ayant présenté un niveau d’emplois culturels supérieur à la moyenne, comme Owen Sound, en Ontario, et Magog, au Québec, on a constaté que cette tendance était liée à l’expédition de produits culturels fabriqués à l’extérieur. D’autres villes se distinguaient par un nombre plus important de lieux culturels tels que les bibliothèques, les musées et les théâtres. Les grappes de petites villes ont tendance à avoir une population active culturelle plus diversifiée que les régions rurales, ce qui laisse supposer que la gamme de biens et services culturels offerts pour consommation locale est plus large.

Pour ce qui est des régions rurales et des petites villes ayant une proportion d’emplois culturels élevée, les exportations ou la proximité d’un grand centre urbain jouent un rôle important dans la mesure où les marchés locaux sont en général trop restreints pour soutenir l’industrie. Stratford, en Ontario, par exemple, attire à son festival de théâtre un public des villes voisines telles que Toronto, Hamilton et Detroit. Dans le cas des grandes villes du Canada, par ailleurs, les niveaux d’emplois culturels semblent dépendre fortement de l’évolution de la taille de l’ensemble de la population active, ce qui indique l’importance de la demande locale.

Le document de recherche «Vers une géographie de la culture : l’écart entre l’urbain et le rural en matière de professions culturelles», qui fait partie de la série Culture, tourisme et Centre de la statistique de l’éducation : documents de recherche (81-595-MIF2007053, gratuite), est maintenant accessible à partir du module Publications de notre site Web.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Statistiques Canada
http://www.statcan.ca/

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