Un collectif anti-OGM passe à l’action en Haute-Garonne

Menville (France), 25 juillet 2004 – Un millier de membres du collectif « des faucheurs volontaires », avec leur tête José Bové, Noël Mamère, Gilles Lemaire et d’autres élus, ont arraché à Menville, à l’ouest de Toulouse, un champ de maïs OGM en qualifiant leur action d’« acte de désobéissance civile ».

Partis de Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne), où ils s’étaient rassemblés samedi pour une journée de débats, les opposants aux OGM, 500 selon les gendarmes et 1500 selon les organisateurs, ont rallié en convoi une parcelle située à une vingtaine de kilomètres en Haute-Garonne.

« La désobéissance civile est aujourd’hui en action », a déclaré José Bové avant que les membres du collectif, dont beaucoup portaient un T-Shirt indiquant « faucheur volontaire », ne fondent en groupe sur un petit champ -moins d’un hectare- et arrachent tous les pieds à la main.

En première ligne aux côtés de José Bové figuraient plusieurs élus, principalement Verts, dont le député-maire de Bègles Noël Mamère, le député européen Gérard Onesta, le secrétaire national des Verts Gilles Lemaire, des conseillers régionaux (Aquitaine, Ile de France notamment) et les conseillers municipaux toulousains Pierre Labeyrie et François Simon.

L’arrachage du maïs, cultivé pour le compte de la société Pioneer dans le cadre d’essais, s’est déroulé sans incident mais sous l’oeil attentif des gendarmes. Ces derniers avaient pris soin de rappeler aux « faucheurs volontaires » que les destructions pourraient être suivies de poursuites judiciaires.

« Nous avons pour ordre de constater les dégradations mais de ne pas intervenir par le force », a indiqué le lieutenant-colonel Jacques Andral, du groupement de gendarmerie de Haute-Garonne.

Cette « journée du fauchage » visait à alerter l’opinion publique sur les dangers potentiels des OGM et à appeler les politiques à stopper les expérimentations en plein champ.

« Notre but était de réaliser un acte fort, non-violent, en public et en plein jour, nous l’avons fait », a déclaré Christine Thélen, l’une des porte-parole du collectif des faucheurs. « Face à la surdité des politiques, c’est ce qu’il nous reste pour nous faire entendre (…) nous agissons pour qu’il puisse exister une agriculture paysanne et pas seulement une industrie agricole aux mains des multinationales », a-t-elle ajouté.

« C’est une action légitime, car nous refusons que la loi serve des intérêts privés », a estimé Noël Mamère en faisant référence aux sociétés qui développent les semences OGM.

Sur place, les gendarmes ont pris de nombreux clichés et relevé des immatriculations parmi les centaines de véhicules des « faucheurs ».

« Nous sommes prêts à subir les conséquences de nos actes, nous le ferons de manière individuelle et collective », a lancé José Bové à l’issue de l’arrachage.

« Pour aujourd’hui, cela suffit », a poursuivi l’ancien porte-parole de la Confédération paysanne. « Mais dans les semaines à venir, il y aura d’autres champs d’essais OGM qui seront détruits », a-t-il prévenu.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Confédération paysanne
http://www.confederationpaysanne.fr/

Commentaires