Une demande d’autorisation de recours collectif est déposée contre certains acteurs de l’industrie sylvicole

Montréal (Québec), 6 octobre 2005 – Le Regroupement des travailleuses et des travailleurs sylvicoles du Québec dépose aujourd’hui une requête en autorisation de recours collectif en raison des nombreuses contraventions aux lois du travail dont sont victimes les travailleurs sylvicoles au Québec.

Les contraventions invoquées par le Regroupement et ses procureursSylvestre, Fafard, Painchaud touchent principalement le non-paiement dusalaire minimum, la surfacturation de frais de déplacement et de pension ainsique l’omission des employeurs de fournir gratuitement aux travailleurssylvicoles les équipements individuels de sécurité.

Les conditions de travail de ces travailleurs, déjà difficiles en raisonde la nature même de ce type d’emploi (travail saisonnier dans des régionsisolées, physiquement très exigeant, métier peu valorisé, etc.), deviennentinacceptables lorsque les normes légales minimales ne sont pas respectées.

En effet, les travailleurs sylvicoles sont généralement payés aurendement et leurs employeurs exigent qu’ils assument eux-mêmes toutes lesdépenses reliées à leur emploi, notamment pour l’achat de leurs vêtements etéquipements de travail.

Par conséquent, au cours de leurs premières semaines de travail, unnombre important de travailleurs sylvicoles reçoivent une paye nette minime,voire négative, une fois déduites les dépenses reliées à leur emploi. Desurcroît, plusieurs heures de travail ne leur sont ni reconnues ni payées. Acela s’ajoute une surfacturation illégale de frais de déplacement et depension.

Egalement, les travailleurs sylvicoles doivent débourser des sommesimportantes afin de se munir des équipements de protection individuels visantà assurer leur sécurité. Ceux qui n’en ont pas les moyens exercent leur métierdans des conditions non sécuritaires en raison du défaut de leur employeur deleur fournir gratuitement, tel que le prévoit la loi, les équipements desécurité requis.

Selon Me Jean-Pierre Fafard : « ces contraventions systématiques etgénéralisées aux lois du travail portent atteinte au droit de tout travailleurà des conditions de travail justes et raisonnables et qui respectent sa santé,sa sécurité et son intégrité physique ».

Le recours collectif proposé concerne actuellement les débroussailleurset vise une entreprise sylvicole, Outland Reforestation (La forêt de demain),et quatre compagnies forestières, Abitibi-Consolidated, Tembec industries,Domtar inc. et Norbord inc. Par ailleurs, selon M. Jean-Baptiste Mailloux,président du Regroupement, « les conditions de travail des débroussailleurs etautres travailleurs sylvicoles sont similaires dans toute l’industriequébécoise ».

La procédure en recours collectif réclame le paiement du salaire minimumà tous les membres du groupe, ainsi que le remboursement des équipementsindividuels de sécurité et des divers frais facturés illégalement auxtravailleurs. Des dommages exemplaires sont également demandés.

Près de 1 800 débroussailleurs seraient visés par le recours collectif etles réclamations pourraient atteindre la somme de 3 750 000,00 $, dont environ900 000,00 $ de dommages exemplaires.

Tous les travailleurs sylvicoles sont invités à communiquer avec leRegroupement des travailleuses et des travailleurs sylvicoles du Québec parcourriel à [email protected] ou à l’un des numéros suivants : (819) 762-3016ou, sans frais, 1-888-762-3016.

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