Aux grands maux les grands moyens!

Les récolteuses ont laissé quelques traces en cette année de sécheresse

Dès que la récolte de pois verts est terminée on s’affaire à faire le ménage du champ et prendre le temps de bien diagnostiquer les problèmes à corriger juste avant d’entreprendre les semis du blé d’hiver qui arriveront très rapidement.

Les récolteuses ont laissé quelques traces en cette année de sécheresse. Faut au minimum régler les imperfections du terrain et pourquoi pas tant qu’à y être en profiter pour détasser le sol. On a toujours cette impression qu’il faut sortir l’artillerie lourde pour tout remettre en place. Passage de sous-soleuse, ou un bon coup de chisel en profondeur suivi de un ou des passages de vibroculteur ou de déchaumeuse pour tout uniformiser la surface. Attends une minute! Faut prendre le temps de faire un diagnostique avant de sortir toute la vaisselle! Aux grands maux on sort les grands moyens! Je sors le GROS kit. Ça n’exige que très peu de puissance, ne gronde pas, pas besoin de carburant, pas d’usure de pièces. Rien de spectaculaire. Vous connaissez? C’est le beau kit qu’on reçoit quand on participe à une clinique Santé des sols. « Creuser un peu … et apprendre beaucoup ».

Mon sac à outil : une pelle, un ruban à mesurer, un bon couteau, mon cellulaire. Un peu d’huile de bras et je creuse à quelques endroits stratégiques dans le champ. Bizarre. Il m’arrive d’avoir le sentiment de perdre mon temps. En plein milieu du champ à quatre pattes à creuser, regarder, sentir tout en installant mes cylindres de plastiques à différents niveaux question de vérifier la vitesse d’infiltration de l’eau.

Vitesse infiltration de l’eau. Chronomètre en main on note le temps d’écoulement du cylindre.
photo: Paul Caplette

Quand je verse lentement mon petit quatre litres d’eau dans les cylindres j’ai l’air du petit gars qui fait des biscuits de terre. :-) Ça me permet de comparer à quelle vitesse l’eau se déplace dans le sol en fonction des zones représentant différentes densités.

Zone plus dense.
photo: Paul Caplette

Je sens pourtant une zone un peu plus compacte, mais elle se brise facilement. J’y aperçois des racines et l’eau s’infiltre très bien. Je localise le site sur mon GPS pour y revenir avec mon agronome, question de valider mes observations. Résultat : nul besoin de passer la sous-soleuse. On passe le chisel en angle de 15 degrés seulement dans le secteur ou on suspecte un certain tassement dans la zone 12-20 cm. Ça représente plus ou moins 50 % de la surface totale. Si on exécute bien notre séquence de culture on devrait être capable de bien réussir à maintenir un bon taux de performance sans travail primaire de sol pour plusieurs années. Nos vivaces sont contrôlées, nos analyses de sols complétées. C’est le temps de semer notre clôture à neige végétale de lin.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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