Notre bulletin agroenvironnemental

Dans les 15 dernières années notre ferme a réussi à nourrir 57% plus de citoyens annuellement

Déjà plusieurs années qu’on travaille à l’amélioration de notre équilibre environnemental à la ferme. Je me rappelle encore mon expérience dans un club environnemental local en 2006. Après avoir mis sur la table notre utilisation globale de toutes les sources d’énergie sur la ferme, comparée à toute notre production vendue, nous réalisions à l’époque que notre ferme était énergivore.

Après avoir analysé et discuté de plusieurs pistes de solutions, le service d’accompagnement s’est éteint faute de budget. Mais le raisonnement, le thinking, est resté ancré dans nos têtes comme si on nous l’avait tatoué. Chaque fois qu’on planifiait de nouvelles orientations on prenait régulièrement en considération les avantages et les inconvénients environnementaux. Rien de parfait, mais une orientation qui nous a guidés en permanence au cours des dernières années. On a donc continué la réduction du travail du sol, amélioré les caractéristiques agronomiques de celui-ci, pratiqué des rotations stratégiques qui nous on conduit dans un système complexe des cultures. On s’est affairé à couvrir nos sols le plus longtemps possible et ainsi rendre disponible de la nourriture à nos vers de terre et autres organismes dans notre sol. On a choisi de nouvelles cultures plus courtes et moins énergivores. Luttes intégrée, amélioration de notre dépistage au champ, suivi d’interventions phytosanitaires chirurgicales nous ont permis d’être plus efficace.

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Voilà que cet été j’ai eu la chance de me faire offrir la possibilité de mesurer nos performances environnementales des dernières années. On a finalement reçu notre bulletin!

  • En fait, dans les 15 dernières années notre ferme a réussi à nourrir 57% plus de citoyens annuellement, soit 15 000 personnes! 7,5 fois ma petite municipalité ou 42% de la ville la plus proche, soit Sorel-Tracy.
  • Nos pratiques de conservation des sols nous ont permis d’augmenter notre % de matière organique. Donc, on a annulé les émissions de GES de 3000 voitures qui roulent 20 000 km annuellement.
  • Nous avons réduit de 32% nos émissions de GES. Pratiquement l’équivalent des cibles gouvernementales visées pour les prochaines années.
  • Nos sols sont couverts à 90%, dont 65% de couvert vivant.

Wow, tout un bulletin! En cette année plus difficile ça aide à guérir les blessures. Ça fait vraiment du bien. Une belle réussite pour notre ferme et sûrement pour plusieurs autres que je connais et qui passent sous le radar.

Notre matière la moins bonne dans notre bulletin c’est la quantité de travail par rapport au revenu. Eh oui, faire plus de dépistage, intervenir de façon chirurgicale, complexifié notre système de culture, ça prend du temps, beaucoup d’adaptation et d’ajustements. Présentement, je dois trouver ma rentabilité dans mon système de gestion interne parce qu’au final tous les efforts environnementaux qu’on fait sur la ferme ne se récupèrent pas sur le prix vendant. Certains s’énervent sur la hausse prochaine du panier d’épicerie alors que moi je sais très bien que je ne recevrai rien en retour. Je prends ça comme un défi personnel.

Et ceux qui parfois nous critique du haut de leur chaire en proposant des modèles uniques qui parlent d’absence d’agriculture locale, au détriment de l’exportation, en prenant bien soins d’ajouter des termes assassins comme «industrielle», «sol stérile», «monoculture», peuvent aller se rhabiller! Les champs changent et pour le constater il est préférable de quitter son bureau, oublier les statistiques globales et prendre le temps d’aller sur le terrain avec les agriculteurs qui y travaillent chaque jour.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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