C’est quoi un champ parfait?

Et si la perfection n’était pas celle que je pense

Nous voilà en plein milieu de notre champ de soya IP. J’avais plutôt l’impression qu’il n’y en avait que quelques-uns. Euh non! C’est plus dense qu’on croyait. Donc, faut s’y mettre à trois pour les arracher pour être bien certain que notre soya IP ne contiendra aucun maïs. Bizarre des maïs volontaires sur une terre et aucun dans l’autre bloc. Immédiatement, je suspecte que dans ma quête de réduction des pesticides j’aurais sauté un produit qui, au final, aurait débarrassé le maïs du champ. En fait, le plant indésirable dans une culture devient automatiquement un intrus qu’on ne souhaite pas avoir si on veut obtenir nos primes IP. Un blé peut devenir un intrus dans un champ de culture sans gluten par exemple.

J’essaie de prendre mon champ en photo et je me surprends à essayer de prendre un cliché sans maïs ou sans présence des quelques choux gras qui ont poussé ici et là. Je veux une belle photo! Une photo comme on m’a appris à l’école. Comme celle qu’on partage un peu partout sur les médias sociaux. Yes! tous en quête de réduction de pesticide et on montre nos champs les plus parfaits, sans aucun intrus jusqu’au boisé derrière. Une vraie belle photo :-) J’avoue que j’ai encore ce réflexe. J’aimerais réduire mes pesticides et bien réussir mes contrôles.

En fait, c’est quoi un champ parfait? Un champ « botoxé » ou un champ qui démontre fièrement son vécu, son origine, son territoire. J’aime bien l’idée d’y gérer l’équilibre tout en misant sur le résultat final. Un peu plus difficile d’obtenir la perfection. Et si la perfection n’était pas celle que je pense. Je me questionne, j’évalue mes options, j’observe mes résultats et je vous partage une photo parfaite (voir ci-dessous) et une un peu moins parfaite (voir ci-dessus) selon nos standards. Une belle façon d’illustrer les défis qu’on relève dans notre quête de réduction de nos pesticides. Des volontaires?

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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