Ligne de temps

Construire son prix de vente

Depuis le 10 janvier, le CME fait une lente remontée alors que la base canadienne locale avait plutôt tendance à tout amortir. Résultat pour le commun des mortels : il ne se passait rien sur le marché. J’ai beau le constater, maugréer en voyant les bases s’effriter, je dois trouver une façon d’améliorer mes chances d’atteindre mes objectifs de prix de vente.

En observant le graphique du dollar canadien, je pouvais facilement constater qu’on se situait dans le haut de son corridor des derniers mois. Considérant que tout ce qui monte finit par redescendre, pourquoi ne pas faire mes bases en dollars US? Hiiii, je me sens un peu frileux. L’an dernier, j’ai réussi plusieurs belles transformations, mais disons que mon dernier bloc raté traîne encore. Conclure la transaction aujourd’hui, ça me donnerait ma pire vente de mon plan 2017. Mais la performance d’un plan de commercialisation s’évalue sur l’ensemble de l’œuvre et non pas sur ses extrêmes.

Je fonce en doublant mes stratégies pour répartir le risque. Un peu de base en dollars canadiens et un peu de base en dollars US. Je vais plus loin dans le but de capturer les écarts de prix pour la nouvelle récolte. Je place mes pions en vendant des bases US pour du maïs livrable en mai, juin et juillet 2019. Comme ça, si le CME monte, je pourrai capitaliser. Je me prépare. J’établis des scénarios. Je discute avec les gens qui font partie de mon groupe d’échange et j’écris mes objectifs pour être prêt.

Janvier… Début février… C’est long … et tout d’un coup, le dollar dégringole. Plus de 0,04$ de baisse depuis le 2 février. Un gain de 0,25$ du boisseau avec la transformation seulement. Et si j’additionne les hausses du CME, j’obtiens d’excellents niveaux de vente. Je dois éviter l’émotivité, ne pas attendre encore un peu « tout din coup ». Non, non! Hey, allume mon Polo « pèse sul piton »! Ok, je m’installe au bureau et je confirme mes niveaux de vente. Aujourd’hui, on ne peut plus attendre que notre prix de vente nous arrive tout cuit dans le bec. Je dois le construire en utilisant différents leviers. Comme aux échecs, je me dois d’avoir un coup d’avance sur le marché.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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