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Un quasi-record de blé sur une terre de sable!

J’ai l’impression que moins on travaille la terre de M. St-Pierre, mieux elle se porte.

Vous vous souvenez du beau champ de trèfle qu’on a laissé sur le champ l’automne dernier? M. St-Pierre était bien inquiet. Hey mon p’tit Caplette! Comment tu vas faire pour semer dans ce champ de foin là? Ouin, plusieurs nous appellent encore comme ça à Saint-Robert. On a commencé tellement jeune que le nom nous est resté, même avec les cheveux pas mal plus gris ;-).

Pour vous donner une idée, c’est du sable Fleury pas trop profond qu’on retrouve sur la terre de M. St-Pierre. Pas très riche en éléments de base. Le genre de terre qui s’envolait au vent à l’époque où on était en mode conventionnel. Plus de charrue depuis près de 18 ans, quelques travaux de surface à l’occasion, rotation stratégique, couvert végétal à répétition, chaulage équilibré… Résultat : la qualité du sol n’a cessé de s’améliorer. Les rendements aussi. J’ai l’impression que moins on la travaille, mieux elle se porte.

En 2016, on y a obtenu notre record personnel de rendement en pois de conserverie. En 2017, on y a pratiquement battu notre record en blé d’automne. Un quasi-record de blé sur une terre de sable! Qui a dit que du blé sur sol léger ça ne valait pas cher? J’avoue que le tapis dense de trèfle à l’automne 2017 m’inquiétait un peu. On a monté un bon plan de match et on voulait surtout valider ce que le retour de trèfle pouvait bien nous donner. Sur l’analyse de la matière sèche à l’automne, ça nous donnait un apport théorique de 55 unités de N. En juin, juste avant d’appliquer notre azote, nos analyses de N dans le sol nous donnaient 46 ppm. Avec de tels résultats, aucune application supplémentaire ne serait nécessaire.

Notre quatrième année d’évaluation derrière le trèfle et à chaque fois on a l’impression de s’être trompé de calcul. Tout d’un coup qu’on se plante! On espère ne pas avoir à se poser la question : « Et si j’en avais appliqué un peu plus? ». Pas compliqué, on fait des bandes-tests allant jusqu’à 250 N au total. À la récolte, les résultats sont surprenants. Même rendement avec aucun ajout d’azote, versus 250 N au total. Avec nos quatre années de données, on pourra enfin faire plus que des bandes-tests en 2019.

Hey! Produire 12-13-14 tonnes de maïs à l’hectare avec 50% moins d’azote minéral! Je me sens de moins en moins inconfortable. Je n’ai plus l’impression de prendre des risques. La terre de M. St-Pierre est en bon équilibre physique et mental. Elle est tout simplement vitaminée! On réalise que les possibilités sont immenses. Raison de plus pour bien orchestrer notre système de culture.

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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