Les bases du maïs parlent

Depuis quelque temps, les prix de nos grains s’effritent sur le CME. Qu’on soit d’accord ou non avec les perspectives du USDA et des divers analystes du marché des grains, au final, le marché transige avec ce qu’il a sous la main.

Avec le temps, j’ai compris qu’il ne fallait jamais s’obstiner avec lui. S’il décide de descendre ou de monter, il va y aller. Quelques fois, ça nous semble illogique, mais le résultat à court terme sera le même. Pendant que le marché s’écrase, je suis content des objectifs que j’ai atteints. Un peu déçu, par contre, pour les autres qui me semblaient à portée de main et qui sont bien loin aujourd’hui.

Je cherche de nouvelles opportunités en observant surtout le comportement de la base. Pas seulement son niveau, surtout de quelle façon elle progresse dans le temps. Présentement, pour des livraisons immédiates de septembre jusqu’à la mi-octobre, la base a pratiquement tout repris ce que le CME a perdu. Elle est d’environ 0,45 $ canadien supérieur aux bases pleine récolte jusqu’au milieu octobre. J’imagine que le marché commence à sentir qu’il n’y aura pas beaucoup de maïs qui va se récolter en octobre cette année.

Je crois que la qualité en poids spécifique ne sera pas uniforme non plus, donc je pourrai sûrement capitaliser sur des bases vitaminées si je peux garantir du maïs no 2. Considérant que du maïs no 2 américain coûte un bon 0,40 $ canadien/boisseau de plus, et ce, même avec notre dollar à 0,80 $. J’obtiens 0,28 $ du boisseau de plus si je fais des ventes en décembre, comparativement à des livraisons en pleine récolte, et 0,15 $ de plus si je fais des livraisons en janvier, février et mars 2018.

Ça rentabilise mes cellules d’entreposage. Rien ne me garantit que ces bases seront les meilleures de la saison, mais de suivre leur évolution et de les comparer entre elles, ça guide ma stratégie d’écoulement en fonction des besoins de mes clients. Les bases me parlent, à moi de les écouter!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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