Notre mont Bellevue

C’est une butte revégétalisée avec des arbustes à fruits et à fleurs autour du bassin sédimentaire

Notre mont Bellevue

On arrive à notre troisième phase de travaux autour du mont Bellevue. Semis d’un pré fleuri, en plus d’un chantier de plantation d’arbres et d’arbustes sur notre ilôt biodiversité. À première vue, on a des chantiers plus importants à compéter idéalement avant la pluie. Épandre des fumiers sur les couverts végétaux, récolter de nos pois fourragés en plus de semer un autre bloc de blé d’hiver. Quand même bizarre qu’en pleine année de sècheresse, on se retrouve avec une foule de travaux qu’on veut faire avant la pluie. Fait trois ans qu’on travaille autour du mont Bellevue et qu’on s’y prépare. Bein, c’est le temps!  

On l’appelle le mont Bellevue à la blague. En fait, c’est plutôt une butte revégétalisée qui sera entourée d’arbustes à fruits et à fleurs tout autour de notre bassin sédimentaire. Une nouvelle vocation sur ce 0,7 ha. Plus jeune, c’était la petite pointe dans lequel mon père envoyait ses vaches à l’occasion. Mon frère et moi avions la tâche de les surveiller pour ne pas qu’elles traversent sur le terrain du voisin. Parlez-moi d’une job plate. Servir de piquet de clôture vivant avec un tuyau de plastique d’un mètre. Je n’ai pas de bon souvenir de ce petit coin de terrain qui avec le temps est devenu notre trou. Le genre de trou sans fond qui se gruge tout le temps et dans lequel tu te débarrasses des souches d’arbres et des cailloux ramassés dans les champs.

Si on exclut le trou, on avait la possibilité de chatouiller le zonage agricole dans le but d’installer un beau terrain. En plein sur le coin d’un petit rang de campagne, ça vaut plusieurs milliers de dollars. On a plutôt choisi de bonifier l’utilisation du terrain en transformant le trou en bassin sédimentaires qui aurait comme fonction d’éliminer l’érosion du fameux trou en plus de capter les sédiments. Et on ajoute des fonctions de biodiversité et pourquoi pas une plage à tortues, des nichoirs à hirondelles et un beau pré fleuri laissant place aux oiseaux nicheurs. Une fois rendu-là, on pourrait mettre ça beau. Une belle carte de visite tout juste devant la ferme. Une belle butte avec le surplus de terre, ça serait beau aussi! On pourra monter dessus et ça servira d’observatoire pour mieux observer nos visiteurs du bassin. Tant qu’à y être, ça va faire un bel endroit pour faire glisser nos petits enfants.

Observer Léo faire des pas de géant et arriver en haut du mont Bellevue comme s’il venait de monter le mont Everest. Ça n’a pas de prix!

Je capote sur ce petit bout de terrain. Merci à tous ceux qui nous ont accompagné dans ce projet. Gens de conseil, de création, de partage d’idée, d’aide financière, de travail sur le terrain, de bénévolat pour certain et des gens qui nous disent que notre trou commence à avoir de la gueule! On a mis beaucoup d’huile de bras, du temps et quelques sous dans l’aventure. Tout un changement de vocation : partir d’un trou qu’on déteste au mont Bellevue qu’on aime déjà. Le travail est loin d’être terminé. Mais observer Léo tout petit faire des pas de géant et arriver en haut du mont Bellevue comme s’il venait de monter le mont Everest. Ça n’a pas de prix! Toujours plus loin! Profession agriculteur

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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