Penser vert

On dirait qu’on se prépare à semer du maïs dans des champs de foin tellement c’est vert partout

Avec la survie exceptionnelle de nos champs de blé d’hiver plus les reprises de nos couverts végétaux on se retrouve avec 65% de nos surfaces protégées par un couvert vivant.

On dirait qu’on se prépare à semer du maïs dans des champs de foin tellement c’est vert partout. On a même certains secteurs où on pourrait carrément garder le blé jusqu’à la récolte tellement le couvert est dense. En fait, 100% de notre maïs arrive sur un retour de blé d’hiver dans lequel on avait intégré un sous couvert de trèfle sur lequel on a ajouté des pois fourragers semés à la dérobée.  

La reprise du trèfle semé en 2020 est excellente. photo: Paul Caplette

Selon nos statistiques des dernières années, on peut se permettre d’atteindre de hauts niveaux de rendement pour notre maïs tout en se permettant d’utiliser 60% à 80% moins d’azote minéral. N’oublions pas que chaque unité de N que mon sol me donne représente 1,5 unité carbone comparé a 7,5 unités quand c’est remplacé par du N minéral. Certains diront que c’est une erreur de penser réussir d’excellents rendements avec rien. En fait, c’est tout le contraire, on obtient de hauts rendements avec tout! Une stratégie bien planifiée, un précédent de blé d’hiver qui nous assure un sol aéré rempli de racines et de micro-organismes et des résidus d’azote que le trèfle a pompé gratuitement dans l’air pour nous le redonner cette année.

Reprise de la vesce velue et du blé d'hiver semés en juin 2020. photo: Paul Caplette

Pourquoi les céréales d’hiver? La littérature parle de 1000-1500 kg/ ha d’amélioration de rendement du maïs derrière une céréale d’hiver. Parce qu’en plus de nous donner une rotation efficace  ça produit de la glomaline, qui elle a la propriété de rendre les éléments plus disponibles aux racines de notre culture. En fait, pour réussir faut penser vert et s’assurer de bien gérer le trafic.

L’an dernier j’ai reçu une leçon d’humilité en ayant laissé trop longtemps le couvert en place tellement il était beau. En temps normal ça ne cause pas de problème, mais pendant une période de sécheresse on réalise rapidement que la plante déjà en place depuis six mois va prendre la priorité sur la disponibilité de l’eau.   J’ai une crainte ou un bizarre de sentiment cette année, comme si le spectre d’un autre été sec se pointe à l’horizon. Donc, immédiatement après la supposée pluie qui s’éloigne de nous depuis une dizaine de jours,  on va bruler le couvert pour faire place au semis 2021 accompagné d’un nouveau semi de couvert en intercalaire. C’est simple, faut penser vert :-) Profession Agriculteur!

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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