Prudence gang

Restons prudent même si le temps presse. L’imprévu se passe tellement vite

Mercredi dernier ça sentait le printemps. Excité d’avoir réussi à semer notre trèfle en VTT, j’étais en mode survolté. Je ne sais pas si c’est mon injection de cortisone qui commence à faire effet ou si ce n’est pas plutôt l’adrénaline du printemps qui me fait oublier mes douleurs aux dos. Mise à  part quelques courbatures et précautions je commence à me sentir de mieux en mieux.

Je me lance sur le ménage de l’entrepôt de semence. Euh…c’est un peu le bordel. Balayage et un peu de ménage à faire. J’ai une « probox » de vieilles criblures à vider dans la petite remorque, question de faire de la place. Je lève les fourches au-dessus du petit dompeur et je m’organise pour qu’elles se vident. De la criblure légère ça ne coule pas trop bien. Je monte dans la boîte pour ramoner la sortie afin d’accélérer le processus. Pendant que la boîte se vide je dois la secouer. Alors que je m’apprête à sortir de la boîte je m’aperçois qu’elle vient vers moi en me disant que la planche va arrêter la course. « Woups, cibole »! Elle avance encore vers moi. J’essaie de penser vite. Je me lance six pieds plus bas et je m’écrase directement sur le sol. Le temps que je reprenne mes esprits je pense à la boîte…juste le temps de faire un demi…peut-être un tour sur moi-même pour m’éloigner, BANG!!! AYOoooooYE!!!  Plus d’air…une éternité pour moi. Ça ma paru 30 secondes. Le souffle court,  je me tords de douleur, j’ai l’impression que je suis cassé en deux. Je respirais à peine que j’ai trouvé la force de sortir une série de jurons tout en me disant : maudit niaiseux. J’avais mon casque, mes lunettes de sécurité, mais je n’ai pas agi de façon sécuritaire. J’avais seulement à attacher la « !!!!&&&&&& » de boîte. Six pieds y a rien là! Mais une boîte qui tombe de six pieds directement sur moi, ça cogne! Je bouge mes mains et mes pieds et je reprends mes esprits. Je me relève lentement. Je suis courbaturé, mais je suis ok. Quelques heures plus tard, j’ai de la difficulté à bouger et je manque d’air. Je me dirige à l’urgence. Résultat : cinq côtes de fracturées avec un léger pneumothorax. J’ai l’air brillant :-(.

Je me considère chanceux dans ma maladresse. Rien au dos. Je suis maintenant confiné aux travaux légers pour quelques semaines. À l’avenir, je ne peux compter sur la chance. Je dois agir pour ma sécurité. Alors ne faites pas comme moi : prudence  gang! Restons prudent même si le temps presse. L’imprévu se passe tellement vite.

 

 

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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