Respecter notre plafond salarial

Bien sûr ça ne nous met pas à l’abri des imprévus, mais ça nous assure une certaine stabilité

Je n’oublie pas le travail de nos vers de terre qui font leur boulot en silence en autant que je leur donne de l’espace et de la nourriture.

Combien de fois on entend dire que c’est difficile de gagner la coupe Stanley. On nous explique régulièrement qu’aujourd’hui on ne peut plus dépenser comme on veut. On doit gérer notre masse salariale. Ben oui, ça veut dire que Marc Bergevin doit respecter un budget.

Fini le temps où l’émotion et la profondeur du portefeuille du propriétaire pouvait lui permettre d’acheter la victoire. On a fait un peu la même chose avec notre poste de machineries et d’équipements. On a établi un certain budget dans lequel on s’est donné un plafond salarial annuel. Plafond qu’on dépassait largement au début et qui a graduellement fondu au fil des vingt dernières années. Ça nous donne l’avantage d’avoir un meilleur contrôle sur ce poste névralgique de la ferme. Et ça nous permet de planifier nos remplacements au fil du temps. Bien sûr ça ne nous met pas à l’abri des imprévus, mais ça nous assure une certaine stabilité.

L’intégration graduelle du semis direct sur la ferme est en partie responsable de ces résultats. Ça nous a permis d’augmenter nos rendements de 12% tout en réduisant notre coût de production.  Et voilà qu’on décide de se rincer l’œil côté tracteur. Même puissance, pneus plus grands, suspension, tant qu’à y être un relevage avant. Quand le représentant nous a dit le prix : Quoi? 270 000$!!! La langue me tombe à terre. On parle d’un tracteur de 160 HP. Je n’ose m’imaginer combien pour un 300 HP.

Je réalise à quel point la technique du semis direct peut nous apporter des avantages. Je pitonne vite… Bon, mettons que j’y vais en usagé 150 000$ financé sur 10 ans à 4% ça donne 17 000$ par année pour effectuer les même tâches qu’aujourd’hui.  J’imagine l’impact si nous étions en mode de travail conventionnel. Ce même tracteur ferait 500 heures de plus par année ce qui représente 12 000$ annuellement pour s’asseoir dedans. Ajoutons 10 000$ pour combler le poste amortissement assurance. Ajoutons 30$/ha pour l’équipement que ce beau tracteur va trainer, ça donne un autre 11 000$ sans oublier le carburant supplémentaire : 12 500$ Non, non, ça ne se peut pas! Je me trompe sûrement…

Je repitonne : 17 000 + 12 000 + 10 000 + 11 000 + 12 500 = 62 500 $.  Bon, ok. Enlève l’amortissement pis je me dis que les paiements ne sont que sur les dix premières années.  À ce prix-là, notre tracteur prend de la valeur à nos yeux. Ce n’est certainement pas la même machine, mais il fait le travail. Je n’oublie pas le travail de nos vers de terre qui font leur boulot en silence en autant que je leur donne de l’espace et de la nourriture. Quant au tracteur ce n’est qu’un accessoire sur lequel on peut investir sur de meilleurs pneus, un siège plus performant tant qu’à y être. Mal au dos…au pire je vais rouler 1 km/heure moins vite.

Le plus excitant c’est qu’au rythme où on l’utilise on pourrait terminer notre carrière avec. Je fais la projection sur nos dix prochaines années… Wow! Ça va me permettre de m’acheter des billets de saison pour aller voir nos Canadiens! :-)

à propos de l'auteur

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.

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